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Porochenko, le roi du chocolat qui promet de pacifier l'Ukraine

Portrait

Le milliardaire, qui "connaît bien Poutine", s'estime capable de trouver un compromis avec lui.

OLJ/AFP
26/05/2014

Milliardaire ayant fait fortune dans le chocolat, soutien des contestataires du Maïdan, Petro Porochenko, donné vainqueur de la présidentielle ukrainienne, s'engage à pacifier en trois mois l'Est en pleine insurrection et à normaliser les relations avec Vladimir Poutine qu'il connaît bien.


Cet homme imposant, âgé de 48 ans, est le seul oligarque à avoir ouvertement mis ses ressources financières et médiatiques au service du Maïdan, haut lieu de la contestation pro-européenne qui a abouti à la destitution en février du président prorusse Viktor Ianoukovitch après un bain de sang à Kiev.
Petro Porochenko a rarement pris la parole depuis le podium du Maïdan, mais c'est lui qui escalada un bulldozer pour calmer les "têtes brûlées" déterminées à forcer les cordons de police antiémeute devant le siège de la présidence le 1er décembre sous les huées des radicaux qui lui jetèrent du chocolat et des pièces de monnaie.


En mars, il était allé en Crimée occupée par les forces russes peu avant son rattachement à la Russie où il avait été violemment pris à partie par des prorusses qui avaient menacé de le tuer.
Sa popularité était alors montée en flèche faisant de lui un favori incontestable de la course avec une trentaine de points d'avance face à sa principale rivale, égérie de la révolution orange de 2004, Ioulia Timochenko.


"Pendant la révolution et la guerre, un électeur moyen veut un candidat qui le protégerait comme un père. Et Porochenko s'est illustré comme un homme responsable et protecteur", résume Volodymyr Gorbatch, expert de l'institut euratlantique. "Il s'est retrouvé au bon moment au bon endroit", ajoute-t-il sans exclure une chute de sa popularité aussi rapide que son ascension.

 

Passé de transfuge

Spécialiste des relations économiques internationales, parlant couramment l'anglais, il promet de gérer l'Ukraine comme sa très prospère entreprise de fabrication de chocolats Roshen. Et il est loin d'être un novice en politique.
Il a été ministre de l'Economie du président déchu Viktor Ianoukovitch et l'un des fondateurs de son parti. Il a aussi été ministre des Affaires étrangères et puissant chef du conseil de sécurité nationale sous la présidence du pro-occidental Viktor Iouchtchenko, dont il est proche.


M. Porochenko n'aime pas être interrogé sur son passé de transfuge jugeant que cela n'a "aucun rapport avec la présidentielle".
Ses détracteurs lui reprochent aussi de ne pas avoir d'équipe, pas de parti, et d'avoir mélangé les genres, entre politique et intérêts commerciaux, lorsqu'il était au pouvoir.
"C'est un oligarque, ce sera la même chose que Ianoukovitch", déplorait dimanche une électrice, Raïssa Podlesniouk, dégoûtée après la récente rencontre de M. Porochenko avec l'oligarque Dmytro Firtach. Celui-ci est assigné à résidence à Vienne dans l'attente de la décision judiciaire sur la demande américaine d'extradition dans une affaire de corruption liés à l'exploitation d'une mine de titane en Inde.


Mais beaucoup croient Porochenko capable de relancer une économie en chute libre et d'unir un pays fissuré grâce à son expérience gouvernementale passée et sa connaissance des affaires.

 

'Je connais bien Poutine'
Pendant sa campagne sans éclat, M. Porochenko s'est engagé à rétablir l'ordre dans l'Est en proie à une insurrection armée prorusse et à normaliser en trois mois les relations avec la Russie.
"Je connais bien Poutine, c'est un négociateur fort et difficile", a déclaré M. Porochenko à l'AFP tout en estimant qu'il serait capable de trouver un compromis avec lui. A l'exception de deux dossiers: le statut de la Crimée ""qui est et restera ukrainienne" et "l'orientation pro-européenne de l'Ukraine".


Contrairement à la plupart des oligarques ukrainiens, qui se sont enrichis rapidement dans les années chaotiques post-soviétiques, Porochenko ne doit sa fortune qu'à lui-même.
Originaire de Bolgrad (sud), il a commencé en vendant des fèves de cacao, puis en achetant plusieurs usines de confiserie, qu'il a réunies ensuite dans une entreprise géante Roshen, ce qui lui vaut souvent le surnom de "roi du chocolat". Celle-ci produit chaque année 450.000 tonnes de confiseries, selon son site internet.
Il possède aussi une société qui fabrique des voitures et des autobus, un chantier naval et Kanal 5, une chaîne de télévision fer de lance de la contestation contre Viktor Ianoukovitch.
La fortune de M. Porochenko, estimée à 1,6 milliard de dollars par le magazine Forbes, a déjà pâti de la crise avec la Russie, qui a interdit les importations de ses chocolats en pleine négociation entre l'Ukraine et l'Union européenne.


Il est marié à Marina depuis 30 ans, une cardiologue svelte et élégante, mère de leurs quatre enfants, qui l'a suivi à l'américaine pendant ses meetings électoraux en province.

 

 

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