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Tout beau tout neuf, le jardin de Sanayeh rouvre ses portes

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26/05/2014

Un an déjà que les résidents du quartier beyrouthin de Zarif, et les autres aussi d'ailleurs, étaient privés de leur petit poumon vert. Caché derrière des bâches, le jardin de Sanayeh (officiellement jardin René Moawad, du nom de l'ancien président assassiné en 1989) subissait un lifting. L'opération est aujourd'hui terminée et dimanche 1er juin, le jardin public le plus vieux de Beyrouth ouvrira de nouveau enfin ses grilles au public.

Fréquenté mais délabré faute d'entretien depuis plusieurs années, le jardin a fait l'objet d'une réhabilitation qui s'inscrit dans un plan plus large de la Municipalité de Beyrouth, « Beyrouth bitjannen », qui prévoit « l'accroissement des espaces verts, une nouvelle vision pour les grands jardins à Beyrouth et la réhabilitation des jardins existants ».

 

(lire aussi : La municipalité se veut « à l'écoute du secteur privé et de la société civile » )

 

Pour rénover le jardin de Sanayeh (et d'autres jardins de la capitale), la municipalité de Beyrouth a choisi de faire appel au secteur privé. L'exécution de la rénovation a été confiée à la fondation Azadéa, de la compagnie éponyme, qui gère à travers le Moyen-Orient, l'Asie et l'Afrique du Nord plus de 50 franchises internationales (Zara, Gap, Decathlon, la boulangerie Paul ou encore Virgin Megastore). Pour Sanayeh, la fondation a déboursé 2,5 millions de dollars, elle prend également en charge l'entretien sur les 10 prochaines années, pour un coût de 2 millions de dollars.

 

 

Zeina Majdalani Khabbaz et son cabinet d'architecture paysagère ZMK ont dessiné les nouveaux plans du jardin. « La municipalité de Beyrouth m'a approchée il y a deux ans pour savoir si je serais intéressée par la réhabilitation d'un jardin, se souvient la paysagiste. Ils m'ont proposé Sanayeh, Sioufi ou Saint Nicolas. Mes racines sont à Sanayeh, c'est dans ce parc que je jouais, petite. De plus, ma grand-mère me racontait que son père, Gergeh Maamari, avait donné le terrain aux Turcs car il faisait affaire avec eux. Je l'ai donc choisi. Et parce que Beyrouth m'a tout offert, j'ai décidé d'offrir à la ville le concept, l'étude et la supervision (pour un coût de 300.000$). »

C'est guidée par l'histoire du lieu -le jardin a été créé sur des dunes de sables en 1907 par Khalil Bacha, général dans l'armée ottomane-, que Zeina Majdalani a donné un nouveau souffle au jardin. Le carré de 20.000 m2 a gardé ses lignes historiques. Son mur d'enceinte original a lui aussi été conservé. Réhabilitée, la fontaine de 30 mètres de diamètre trône toujours en son centre. Ses grands arbres, plantés anarchiquement pendant la guerre, ont aussi été conservés, « par respect pour la nature. » « La symétrie originale du jardin en a été bousculée, mais pour la rétablir, nous avons planté des cyprès en forme de colonne le long des allées », précise la paysagiste.

 

Pendant la guerre de juillet 2006, le jardin de Sanayeh a servi de refuge aux habitants du Liban-Sud qui fuyaient les bombardements israéliens. Photo Anne Ilcinkas

 

« Mais si le jardin a un caractère historique, les résidents de Beyrouth doivent pouvoir en profiter, souligne Zeina Majdalani, il faut donc mettre en place des aménagements. »

Des sanitaires ont donc été installés pour remplacer les anciens qui étaient souterrains, trois nouvelles aires de jeux occupent désormais les coins du jardin, une pour chaque catégorie d'âge. Les allées, qui faisaient 9 mètres de largeur, « des autoroutes » glisse Zeina Majdalani, ont été réduites à 6 mètres augmentant ainsi la surface de verdure. Recouvertes d'asphalte, les allées sont désormais couvertes de pierres anciennes. De la pelouse recouvre les parterres. Deux voies, l'une cyclable, l'autre pour courir, font le tour du jardin (600 mètres). Un mur de célébrités, où les noms des personnalités ayant marqué l'histoire du Liban sont gravés, et un amphithéâtre, « pour ajouter un espace culturel », sont aussi sortis de terre.

Aux habitants désormais de se réapproprier le jardin, qui devrait rester ouvert à tous 12 heures par jour. Zeina Majdalani espère, elle, « avoir fait quelque chose de bien pour les Beyrouthins. »

 

Le 7 avril 1983, Ibrahim Tarraf, condamné pour un double meurtre particulièrement atroce, est pendu à l'aube dans le jardin de Sanayeh. Ce drame inspirera Roger Assaf en 1997 pour sa pièce intitulée «Le jardin de Sanayeh». Photo d'archive Sami Ayad / L'Orient-Le Jour.

 

 

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