Les insurgés prorusses continuent d’étendre leur contrôle dans l’Est, comme ici, dans la région de Lougansk. Alexander Khudoteply / AFP
À dix jours d'un scrutin présidentiel crucial pour l'avenir de l'Ukraine en proie à une insurrection prorusse dans l'Est, les autorités de Kiev, soutenues par les Occidentaux, peinent à régler la crise politique qui a mis à mal l'unité du pays.
La veille, les autorités ukrainiennes se sont frottées au difficile exercice de la « table ronde » visant à discuter de l'unité du pays. Mais aucun séparatiste des régions de Donetsk et Lougansk qui ont voté dimanche leur indépendance n'était présent, malgré les appels répétés de Moscou. Dans un rapport, le groupe de réflexion International Crisis Group (ICG) a d'ailleurs sévèrement critiqué les autorités ukrainiennes pour leur « incapacité à maintenir l'ordre dans le Sud-Est, où les séparatistes, soutenus et encouragés par Moscou, menacent la viabilité et l'unité de l'Ukraine ». « Kiev et les candidats à la présidentielle devraient s'adresser au Sud-Est, expliquer leurs projets pour la gouvernance locale et les droits des minorités, et dire que l'Ukraine doit être un pont entre la Russie et l'Europe et pas un terrain d'affrontement géopolitique », estime l'International Crisis Group. Le « think tank » déplore par ailleurs la « faiblesse » du message adressé aux Ukrainiens. « Kiev doit parler d'urgence à son propre peuple », martèle le rapport.
Slaviansk
Sur le terrain, des combats entre rebelles prorusses et soldats ukrainiens se déroulent presque chaque nuit dans la zone de Slaviansk, bastion des insurgés. L'armée ukrainienne a annoncé hier avoir « neutralisé » une « bande armée » d'insurgés près du village de Starovarvarivka. Selon le ministère de la Défense, trois insurgés ont été capturés et un lance-roquettes confisqué. Le groupe d'insurgés était soupçonné par Kiev d'être à l'origine de l'attaque meurtrière de mardi contre des parachutistes ukrainiens. En outre, les insurgés prorusses continuent d'étendre leur contrôle, comme à Antratsyt, dans la région de Lougansk, où une mairie de quartier est tombée hier aux mains de dizaines d'insurgés armés, selon un journaliste de l'AFP sur place.
Sur la scène internationale, les Américains ont menacé hier de « saigner » l'économie russe déjà mal en point à coups de nouvelles sanctions si la Russie cherchait à empêcher la tenue en Ukraine du scrutin présidentiel du 25 mai crucial pour l'avenir du pays. Le but des premières séries de sanctions économiques prises par Washington et Bruxelles contre Moscou visait « à faire usage du scalpel plutôt que du marteau », a déclaré un responsable sous couvert d'anonymat. Mais « nous pouvons faire beaucoup de choses pour créer ce saignement », a-t-il ajouté après une rencontre à Londres entre le secrétaire d'État américain John Kerry et ses homologues britannique, français, allemand et italien. « Si la Russie ou ceux qui agissent pour son compte perturbent les élections, les États-Unis et les pays de l'Union européenne ici présents imposeront des sanctions économiques ciblées sur certains secteurs », a confirmé le secrétaire d'État John Kerry à Londres. Dans ce contexte, et selon un sondage, un tiers seulement des électeurs de l'Est russophone se disent prêts à aller voter le 25 mai.
Gaz russe
Concernant le gaz russe, le président russe Vladimir Poutine a déclaré hier que la Russie n'avait reçu aucune « proposition concrète » de l'Union européenne concernant les paiements de l'Ukraine pour les livraisons de gaz russe, appelant l'UE à une implication « plus active ». Le président russe, assurant « rester ouvert » sur la question, a souligné que l'Ukraine devra payer à l'avance pour ses livraisons de gaz à partir du mois de juin. « Une décision contrainte », selon M. Poutine, en raison des 3,5 milliards de dollars d'impayés en dette gazière que cumule Kiev envers la Russie, du fait de ses difficultés financières. Toutefois, l'UE, dont la porte-parole a affirmé hier qu'elle allait répondre de « façon commune » aux demandes russes, a jugé les critiques de M. Poutine « infondées »
Lire aussi
La « République de Donetsk » se proclame État souverain
La crise ukrainienne a plongé la Russie en récession, selon le FMI
Ukraine : les séparatistes lorgnent vers Moscou, tentatives de médiation de l'UE


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine
Vous chantiez a kiev , eh bien dansez maintenant a Lougansk ....
14 h 49, le 16 mai 2014