Liban

Selon l’ONU, dans certaines localités, les réfugiés syriens sont aussi nombreux que les habitants

L'Office de coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA) a publié hier, pour la première fois, un rapport sur la situation des réfugiés syriens et des communautés hôtes au Liban.
Le texte souligne qu'au Liban, cinq groupes sociaux ont besoin d'aide suite à la crise en Syrie : les réfugiés syriens (1 019 522 personnes), les réfugiés palestiniens des camps de Syrie (52 997 personnes), les réfugiés palestiniens qui se trouvaient au Liban avant le début de la crise syrienne (270 000 personnes), les Libanais qui vivaient en Syrie et qui sont partis avec le début de la crise pour rentrer dans leur pays (17 510 personnes) et les Libanais faisant partie des communautés hôtes (1 500 000 personnes).
Le nombre des réfugiés syriens, qui va en augmentant, pèse de plus en plus sur les communautés hôtes qui sont, à la base, pauvres.
La dernière étude, effectuée au Liban sur la situation socioéconomique des habitants, date de 2008. Elle stipule que 28 % des Libanais vivent au-dessous du seuil de pauvreté, soit à moins de quatre dollars par jour. La plupart d'entre eux habitent l'est et le nord du pays. Ce sont ces zones qui accueillent le plus de réfugiés. Selon des études effectuées par les Nation unies en 2013, deux tiers des habitants qui vivent au-dessous du seuil de pauvreté côtoient actuellement 80 % des réfugiés syriens et cela dans 242 localités et villages.
L'arrivée des réfugiés syriens au Liban a augmenté les faiblesses socioéconomiques des réfugiés certes, mais aussi celles des communautés hôtes. Les loyers et les prix des produits de première nécessité ont ainsi augmenté, la concurrence sur le plan du travail a mené à une baisse des salaires spécialement auprès des ouvriers non qualifiés. Tous ces facteurs ont mené aussi à une pression sur l'infrastructure et les services publics, notamment l'éducation, la santé, l'électricité, l'eau et la collecte des déchets. Une certaine tension entre les collectivités et les réfugiés syriens a également été enregistrée.
Le nombre de réfugiés syriens a augmenté le nombre de la population libanaise de 25 %. Dans nombre de municipalités, le nombre de réfugiés syriens équivaut à celui des Libanais, ce qui a augmenté de 100 % le nombre d'habitants de certaines localités.
Le texte met l'accent sur le manque de financement pour assurer les besoins des réfugiés et des communautés hôtes. Les réfugiés syriens s'adaptent de moins en moins à la vie au Liban, et cela notamment à cause de leur mauvaise situation économique et aussi parce que leur espoir de rentrer chez eux s'amoindrit de jour en jour. C'est le logement qui constitue pour eux la plus grande insécurité. Ainsi, 57 % d'entre eux louent de petits appartements qu'ils partagent avec d'autres familles, et 41 % habitent des camps champignon, des parkings et des bâtiments non achevés.
Il convient également de souligner que les réfugiés syriens paient des frais de carte de séjour au gouvernement libanais. Il s'agit de 200 dollars par personne, par an, pour chaque ressortissant syrien âgé de plus de 15 ans. Des négociations sont actuellement en cours avec le gouvernement pour annuler ces frais.
L'OCHA devrait publier ce compte rendu toutes les six semaines.
Pat. K.

 


L'Office de coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA) a publié hier, pour la première fois, un rapport sur la situation des réfugiés syriens et des communautés hôtes au Liban.
Le texte souligne qu'au Liban, cinq groupes sociaux ont besoin d'aide suite à la crise en Syrie : les réfugiés syriens (1 019 522 personnes), les réfugiés palestiniens des camps...

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