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Économie - Liban - Grille Des Salaires

La grogne sociale ne faiblit pas

La rue, la rue et encore la rue. Depuis le début de la semaine, les travailleurs de nombreux secteurs ont observé une grève et manifesté pour réclamer une amélioration de leur niveau de vie, mais aussi et surtout pour exiger l'adoption de la grille des salaires.

Le rassemblement de la CGTL, place Riad el-Solh, a bénéficié de la participation de certains députés du bloc Berry. Photo Ibrahim Tawil

La semaine de grogne sociale qui avait débuté lundi avec la grève des transporteurs routiers et qui s'était poursuivie mardi avec la manifestation du Comité de coordination syndicale (CCS) prenait fin hier avec la grève générale lancée par la Confédération générale des travailleurs du Liban (CGTL), à la veille de la fête du Travail. Alors que les députés arrivaient au Parlement place de l'Étoile pour le deuxième tour de la présidentielle, des milliers de personnes se sont rassemblées à quelques centaines de mètres de là, place Riad el-Solh, répondant à l'appel du président de la CGTL, Ghassan Ghosn.


Parallèlement, l'aéroport de Beyrouth a suspendu son activité entre 11 heures et 13 heures, le port de Beyrouth a fermé ses portes, ainsi que tous les bureaux de la Caisse nationale de Sécurité sociale (CNSS). Les employés d'Électricité du Liban (EDL), de l'Office des eaux, de la Régie libanaise des tabacs et tombacs, d'Ogero, des municipalités, du secteur de la santé et des usines commerciales et agricoles ont également respecté la grève. Il en a été de même pour les syndiqués du Liban-Sud, du Liban-Nord et ceux du mohafazat de Beyrouth ainsi que pour les employés des bureaux d'apprentissage du code de la route.
Qualifiée « de mise en garde », cette grève générale concerne l'ensemble du territoire libanais et s'inscrit dans le cadre du mouvement social de protestation pour l'approbation de la nouvelle grille des salaires pour le secteur public. Une grille dont les organismes économiques estiment que le financement, en l'état, aura des « conséquences dramatiques » sur l'économie du Liban.

 

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Lors du rassemblement place Riad el-Solh, le président de la CGTL a appelé, une nouvelle fois, à l'adoption rapide de la grille des salaires et mis en garde contre toute nouvelle augmentation des taxes, notamment la TVA. « Cette grille doit être adoptée, cette pièce de théâtre ridicule doit cesser. Les droits des fonctionnaires doivent être assurés, il faut arrêter d'augmenter les taxes. Nous disons aux députés, prenez garde d'augmenter les taxes », a déclaré M. Ghosn.
Il a également protesté contre la loi sur la libéralisation des anciens loyers, « qui profitera aux propriétaires et aux entrepreneurs immobiliers, au détriment de dizaines de milliers de familles qui seront obligées de quitter la capitale, et des quartiers entiers seront détruits pour être remplacés par des centres commerciaux ». M. Ghosn a appelé le chef de l'État, Michel Sleiman, à s'abstenir de signer la loi. Un accent particulier a en outre été mis sur « la nécessité de réformer le système de Sécurité sociale et de l'étendre aux retraités ». Enfin, la CGTL a appelé l'État à « corriger systématiquement les salaires selon l'indice de cherté de vie et les chiffres de l'inflation ».

 

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Par contre, plusieurs voix se sont élevées pour se distancier de l'appel de la CGTL, notamment les banques qui ont maintenu une activité normale, l'Association des commerçants de Beyrouth (ACB) qui a publié un communiqué évoquant sa distanciation totale à l'égard des grévistes, « qui ne font que paralyser davantage l'activité économique et mettent à mal les efforts entrepris depuis des mois pour renouer avec la croissance ». Notons également que le CCS n'a pas appelé à rejoindre la journée de grève de la CGTL, et que les écoles ont ouvert leurs portes normalement.


Tous les regards seront aujourd'hui tournés vers le Parlement, qui s'était donné deux semaines – déjà arrivées à expiration – pour examiner les moyens de financement de la grille des salaires. La grogne sociale n'est pas près de s'éteindre de sitôt.

 

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Parallèlement, l'aéroport de Beyrouth a suspendu son activité entre 11 heures et 13 heures, le port de Beyrouth a fermé ses portes, ainsi que tous les bureaux de la Caisse nationale de Sécurité sociale...
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