Le président Bachar el-Assad s'est officiellement déclaré candidat à la présidentielle syrienne du 3 juin. AFP PHOTO / HO / SYRIAN PRESIDENCY FACEBOOK PAGE
Le président syrien Bachar el-Assad, au pouvoir depuis 2000, a annoncé lundi sa candidature à la présidentielle prévue le 3 juin, a annoncé le président du Parlement. "Moi, le citoyen Bachar Hafez el-Assad souhaite me porter candidat au poste de président de la République syrienne", a-t-il indiqué dans une lettre lue par le président du Parlement Mohammad al-Lahham.
En janvier, M. Assad, 48 ans, avait affirmé à l'AFP en janvier qu'il y avait "de fortes chances" qu'il se représente.
"Je demande à l'ensemble des citoyens syriens de s'abstenir de tirer en l'air en signe de joie, quelle que soit l'occasion, d'autant plus que la Syrie va connaître les premières élections de son histoire moderne", a affirmé le président Assad, cité par la présidence. "Ceux qui souhaitent exprimer leur joie et leur soutien à tout candidat à la présidentielle doivent se comporter avec un sens de la responsabilité nationale et en se rendant aux urnes à la date fixée", a-t-il ajouté.
Avec cette annonce, attendue, le nombre de candidats à la magistrature suprême s'élève désormais à sept, pour une élection qui sera organisée dans les zones contrôlées par le régime, dans un pays ravagé par une guerre ayant fait plus de 150.000 morts en trois ans et déplacé de leur foyer plus de neuf millions de Syriens. Un scrutin qualifié par l'opposition en exil et l'Occident de "parodie de la démocratie".
Dimanche, le Parlement syrien a annoncé quatre candidats, dont une femme, pour la présidentielle.
Lors d'une séance retransmise en direct par la télévision d'Etat, le président du Parlement, Mohammad al-Lahham, a annoncé la candidature de Sawsan Haddad, de Samir Maala, de Mohammad Firas Rajjouh et de Abdel-Salam Salamé, "au poste de président de la République arabe syrienne", alors que le délai pour le dépôt des candidatures expire jeudi.
Mme Haddad, née en 1963, ingénieur mécanique, est originaire de Lattaquié (nord-ouest), alors que Samir Maala, professeur de droit international est né en 1961 à Qouneitra, dans le sud du pays.
Mohammad Firas Rajjouh est né en 1966 à Damas et Abdel-Salam Salamé, originaire de Homs (centre), est né en 1971. La plupart des candidats sont peu connus du public.
Auparavant, Hassan Abdallah al-Nouri, homme d'affaires et membre de l'opposition tolérée par le régime et le député ex-communiste Maher al-Hajjar, avaient présenté ces derniers jours leur candidature.
Si M. Hajjar est originaire d'Alep, l'ex-capitale économique du pays ravagée par la guerre, M. Nouri, est né à Damas en 1960.
Ex-député, ex-secrétaire d'État pour le Développement administratif, Hassan Abdallah al-Nouri est marié et père de cinq enfants. Il est chef de "l'initiative nationale pour la volonté et le changement", une des formations de l'opposition de l'intérieur tolérée par le régime qui ont vu le jour avec le début de la révolte contre le régime en mars 2003.
Selon la télévision d'État syrienne, M. Nouri est diplômé en gestion de l'Université de Damas, d'un magistère de l'Université de Wisconsin aux États-Unis et d'un doctorat en gestion et en développement de ressources humaines de l'Université John F. Kennedy en Californie.
La nouvelle Constitution approuvée en 2012 donne pour la première fois la possibilité à plusieurs candidats de se présenter à la présidentielle. Mais le futur président doit avoir vécu en Syrie de manière continue ces 10 dernières années, ce qui exclut de facto les opposants en exil. Tout candidat doit, en outre, obtenir le soutien d'au moins 35 des 250 députés au Parlement acquis au régime. Comme 160 sont membres du parti Baas au pouvoir depuis un demi-siècle et devront sans surprise offrir leur parrainage à M. Assad, les autres candidats devront s'assurer le soutien de 35 députés parmi les 90 restants.
Jusqu'à présent, Bachar el-Assad -candidat unique comme son père Hafez précédemment- avait été choisi par référendum.
Le régime veut donner toutes les apparences d'une élection présidentielle "libre et transparente". "La présidence syrienne (...) garde la même distance vis-à-vis de tous les candidats pour que les Syriens choisissent leur candidat et leur président de manière libre et transparente", avait indiqué un communiqué samedi. Ainsi, chose inédite, lors de l'annonce de la candidature de M. Assad, les députés ne se sont pas levés, comme à l'accoutumée, pour applaudir et scander des slogans en sa faveur.
L'opposition et les militants ont, de leur côté, fustigé les préparatifs pour cette élection qu'ils ont qualifiée de "mise en scène" sur les réseaux sociaux. "Cette mascarade d'élection est une petite partie de la grande injustice faite aux Syriens, alors que le monde (...) regarde les bras croisés", a affirmé à l'AFP Mohammad, un militant dans le sud de Damas.
L'ONU avait vivement critiqué la décision de Damas de tenir la présidentielle. Selon le porte-parole de l'ONU Stéphane Dujarric, "une telle élection est incompatible avec l'esprit et la lettre du communiqué de Genève" sur une transition démocratique en Syrie. C'est sur ce communiqué que se sont fondées les négociations dites de Genève entre pouvoir et opposition, aujourd'hui au point mort.
Le droit de vote des réfugiés réduit
Parallèlement, les autorités syriennes ont réduit le droit de vote des réfugiés syriens à ceux qui ont franchi légalement la frontière pour se rendre dans un pays voisin, a affirmé le président de la Commission électorale.
Cité lundi par la quotidien al-Watan, proche du régime, Hicham Chaar a affirmé "les Syriens ayant quitté la Syrie d'une manière illégale n'ont pas le droit de voter dans les pays hôtes". Mais "la loi électorale autorise aux Syriens résidant à l'étranger de voter, si leur séjour est légal", a-t-il ajouté.
Ainsi sur plus d'un million de réfugiés, près de 88% sont entrés légalement par Masnaa, le poste-frontière avec le Liban et peuvent donc participer au vote, selon les organisations humanitaires. Si c'est également le cas en Jordanie, cela exclut de fait la grande majorité de ceux qui se trouvent en Turquie et en Irak.
Selon M. Chaar, "le territoire syrien est ouvert à tout citoyen syrien désirant exercer son droit au vote, notamment ceux qui séjournent dans les pays voisins".
La Commission électorale trouvera les "solutions adéquates" pour les citoyens qui résident dans les régions touchées par la violence.
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En janvier, M. Assad, 48 ans, avait affirmé à l'AFP en janvier qu'il y avait "de fortes chances" qu'il se représente.
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Quel suspense! J aime bien il se déclare candidat!!! et les autres candidats ils sont quoi?? des figurants pour que la comédie dramatique puisse se jouer!
15 h 26, le 30 avril 2014