L'armée libanaise s'est déployée, dimanche matin, dans la zone de la Cité sportive à Beyrouth, où des affrontements armés ont opposé deux groupes sunnites pro et anti-syriens. AFP PHOTO/ANWAR AMRO
L'armée libanaise s'est déployée, dimanche matin, dans la zone de la Cité sportive à Beyrouth, où des affrontements armés à la mitrailleuse et au lance-roquettes avaient éclaté à l'aube entre des miliciens de la région et des membres du Courant arabe de Chaker el-Berjaoui (sunnite proche du 8 Mars). Selon l'Agence nationale d'information (ANI, officielle), ce sont des miliciens salafistes qui étaient impliqués dans les accrochages avec le groupe de Berjaoui. Mais selon les habitants de la région cités par l'AFP, il s'agit de petits groupes armés sunnites libanais et palestiniens très hostiles au Hezbollah.
Avec le déploiement de la troupe, un calme précaire est revenu dans cette région, après plusieurs heures de tirs et d'explosions. Dans un communique publié en milieu de journée, l’armée assure avoir rétabli le calme après avoir encercle la région. Selon le texte, la troupe y effectue des perquisitions afin d’arrêter les personnes impliquées dans les combats et les traduire en justice.
Une source au sein des services de sécurité a indiqué à l'AFP qu'une personne a été tuée et 13 autres ont été blessées lors de ces affrontements qui ont duré de 03h00 (01h00 GMT) à 08h30 (06h30 GMT). Un militant pro-syrien a affirmé sur sa page Facebook que la victime était membre du groupe de Chaker el-Barjaoui.
Interrogé par la chaîne de télévision al-Jadeed, Chaker el-Berjaoui a souligné que ses partisans étaient régulièrement "harcelés" à Tarik Jdidé et a appelé l'armée à intervenir. Il a accusé le Courant du futur d'être à l'origine de cette éruption de violences. Interrogé par la MTV, un porte-parole du Courant du futur a toutefois démenti la présence de salafistes dans la région des affrontements. Le député Ammar Houri (bloc du Futur) a de son côté assuré que les partisans du Futur n'étaient pas impliqués dans les affrontements de dimanche, précisant que les accrochages ont opposé le groupe de Berjaoui à "des habitants de la région qui ont réagi aux exactions des miliciens de Berjaoui".
En mai 2012, des accrochages avaient déjà eu lieu à Tarik Jdidé, un quartier de Beyrouth, entre des habitants du quartier, sympathisants du courant du Futur, et des membres du Courant arabe, pro-Assad. Ces heurts faisaient suite à la mort d'un cheikh sunnite, Ahmad Abdelwahed, un opposant au régime syrien, et d'un autre cheikh l'accompagnant, tués par des tirs de l'armée dans le nord du Liban.
Chaker el-Berjaoui a eu un parcours chaotique. D'abord militant sous la couleur de l'OLP, il s'était ensuite rendu en Irak pour combattre avec les troupes de Saddam Hussein contre l'Iran, puis il était rentré au Liban où il a fait figure d'opposant à la présence syrienne avant d'être arrêté et jeté en prison à Damas. A sa sortie, il avait changé son fusil d'épaule pour se faire le chantre du régime syrien.
Les heurts près de la Cité sportive sont intervenus alors que les affrontements confessionnels ensanglantent la ville de Tripoli, au Liban-Nord. Depuis le 13 mars, les combats entre les deux quartiers rivaux de Jabal Mohsen (alaouite) et Bab el-Tebbané (sunnite) ont fait 27 morts et 175 blessés, selon l'ANI. Parmi les blessés figurent 14 soldats de l'armée libanaise.
(Lire aussi : Les sunnites ultras de Tripoli appellent au jihad contre l'armée libanaise)
Ces combats, qui se produisent régulièrement depuis des années se sont intensifiés sur fond de guerre en Syrie, la majorité des sunnites libanais soutenant leurs coreligionnaires qui luttent contre le régime de Bachar el-Assad. Depuis 2008, les affrontements entre les deux quartiers ennemis séparés par une rue qui, ironie du sort, s'appelle la rue de Syrie, ont fait plus de 200 morts et 3.000 blessés. Chaque "round" se termine par un consensus pour le déploiement de l'armée libanaise, les armes disparaissent, puis réapparaissent dès le premier coup de feu.
Lire aussi
Sleiman appelle l'armée à frapper d'une main de fer ceux qui la prennent pour cible
Avec le déploiement de la troupe, un calme précaire est revenu dans cette région, après plusieurs heures de tirs et d'explosions. Dans un communique publié en milieu de journée, l’armée assure avoir...


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine
L'INTER-SUNNITE A COMMENCÉ.ILS DOIVENT SE DÉFAIRE DES EXTRÉMISTES.
10 h 41, le 23 mars 2014