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Moyen Orient et Monde - Anniversaire

Appels à mettre fin au carnage alors que la Syrie est entrée dans sa quatrième année de conflit

Plusieurs milliers de personnes dans les rues en Europe et à Washington en soutien à la population.

Un millier de personnes, agitant des drapeaux de l’opposition syrienne, se sont rassemblées devant la Maison-Blanche, samedi. Mike Theiler/Reuters

Agences de l'ONU et ONG ont lancé un cri d'alarme face au conflit dévastateur en Syrie, entré samedi dans sa quatrième année, avec 146 000 morts, le plus grand nombre de déplacés au monde et une crise sans issue en vue.


Trois ans de combats et bombardements ont contraint plus de neuf millions de personnes à la fuite et détruit le pays, plongé dans une crise humanitaire majeure dans laquelle les enfants sont en première ligne. Une génération de Syriens risque d'être « perdue à jamais », la guerre civile ayant privé les enfants de soins, d'éducation et de sécurité, ont averti l'ONU et les ONG dans un communiqué.


Selon l'Unicef, le HCR et trois ONG, 5,5 millions d'enfants subissent « l'effet dévastateur » du conflit. Les organisations ont notamment réclamé l'application d'une résolution votée par le Conseil de sécurité de l'ONU en février qui appelle les parties en conflit à autoriser un accès de l'aide humanitaire à tout le pays.
Dans un appel lancé à l'initiative de l'Unrwa, ils attirent particulièrement l'attention sur le sort de 20 000 habitants du camp palestinien de Yarmouk, à Damas, assiégé par l'armée, et où 128 personnes sont mortes de faim depuis l'été dernier, selon Amnesty International.

 

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Le soulèvement en Syrie est né quelques semaines après le renversement des dictateurs tunisiens et égyptiens, par des rassemblements pacifiques les 15 et 16 mars 2011 pour protester contre l'arrestation de jeunes accusés d'avoir tagué des graffitis antirégime. Face à l'impitoyable répression, il s'est militarisé jusqu'à devenir une guerre totale.
Le régime a repris ces derniers mois du terrain, profitant d'une opposition divisée et d'une rébellion gangrénée par des groupes jihadistes. Fort notamment de ses derniers succès sur le terrain, le président Bachar el-Assad n'est aucunement prêt à lâcher le pouvoir.

 

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« Barbarie inouïe »
Mais aucun des protagonistes – ni Damas soutenu par la Russie et l'Iran, ni l'opposition appuyée par Riyad et Doha – ne semble avoir les moyens de l'emporter militairement. « En dépit de sa barbarie inouïe et malgré son immense supériorité militaire, une chose est certaine : Bachar el-Assad n'a pas réussi à écraser la révolution. Il n'y parviendra jamais », a déclaré le chef de l'opposition, Ahmad Jarba, dans un message publié par le quotidien français Le Monde. « Le moment est venu pour le monde libre d'aider les Syriens à sortir de leur isolement. Il doit leur donner les moyens de se battre contre Bachar el-Assad et les jihadistes qu'il a tout fait pour attirer », a-t-il ajouté, en référence aux armes que ne cesse de réclamer l'opposition aux Occidentaux. « Nos combattants ne font pas uniquement face aux forces du régime et leurs bandes alliées, mais ils affrontent également des mercenaires terroristes, particulièrement ceux de Daech (l'État islamique en Irak et au levant – EIIL) qui servent le régime », a ensuite déclaré M. Jarba, dans un discours à Istanbul, siège de la Coalition.

 

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Impasse totale
Sur le front diplomatique, l'impasse semble aussi totale. L'échec des négociations de Genève en janvier et février, qui ont pour la première fois mis face à face des représentants du régime et de l'opposition, a sonné le glas des espoirs diplomatiques, malgré les dénégations des chancelleries occidentales.
Sur un autre plan, plusieurs milliers de personnes ont manifesté samedi dans plusieurs capitales en Europe et à Washington pour exprimer leur soutien aux Syriens.

 

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À Londres, ils étaient un millier à défiler sous le soleil jusqu'à Downing Street, brandissant des drapeaux syriens et dénonçant l'inertie de la communauté internationale. Il s'agissait essentiellement de membres de la communauté syrienne qui portaient des banderoles sur lesquelles on pouvait lire « Où est votre humanité ? », « Gazés à mort, morts de faim, morts de froid... Vous regardez » ou encore « Votre silence nous tue ».
À Rome, environ 3 000 Syriens soutenant l'opposition démocratique ont manifesté pour protester contre le régime de Bachar el-Assad et pour demander à l'Italie et à l'Europe d'accueillir des réfugiés syriens.
À Paris, des centaines de personnes, dont de nombreux Syriens, se sont rassemblées en fin d'après-midi sur la place du Trocadéro à l'appel d'ONG. Un message « Avec les Syriens » a été projeté sur la tour Eiffel. Certains scandaient avec force « Liberté, démocratie, en Syrie » ou « Halte, halte, halte ! Halte aux massacres en Syrie ! ».

 

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À Washington, un millier de personnes, agitant des drapeaux de l'opposition syrienne et scandant « Révolution, révolution » « À bas Assad » et « Libérez, libérez la Syrie », se sont rassemblées devant la Maison-Blanche, selon les organisateurs. Des militants ont lu à voix haute les noms des plus de 100 000 morts en trois ans de conflit.
Dans une vingtaine de pays dans le monde, des monuments ont été illuminés d'un message de soutien au peuple syrien samedi soir.
Enfin, une trentaine d'artistes, britanniques pour la plupart, dont Ken Loach, Hugh Grant et Sting, ont également exhorté l'ONU à agir pour les civils.

 

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