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Diaspora

« Habeas Corpus » pour une suicidée (*)

Ton corps est comme un léopard qui agonise
Une maison qui accourt dans les rêves au rendez-vous des
vents
Un langage d'enfants à l'heure libre des écoles.
Alors, quand une fille comme toi descend quatorze étages dans le vide,
Quand elle perd ses formes et ses vêtements;
Les badauds s'attroupent et commentent :
« Comment est-ce possible ? » « Comment a-t-elle pu ? »
« Une femme aussi belle ».
Car ils ne savent pas qu'une femme qui se suicide
En se pendant au crépuscule
Peut être belle encore.
Ton cœur vaincu par le dégoût ne leur suggère aucun baiser.
Tu as cessé d'être un sujet dans leurs histoires,
Tu es le pire désormais, le cas pénible, lamentable,
Un repos de fleurs et de terres te couvre d'oubli,
Comme s'il était interdit au papillon d'achever son vol.
Voici venir une rencontre de coupables,
Nous aurons fait notre possible, toi en te suicidant,
et nous en enterrant avec des pierres les gens sains,
Les parfaits, ceux qui ne perdent jamais la raison
et qui sourient de la caverne de leur monde
Avec le miroir de leur vie.

(*) Poème paru dans le recueil « Gestion du jour qui naît » (1973), repris dans « Poètes de la République dominicaine, textes choisis », présentés et traduits de l'espagnol par Claude Couffon dans une édition bilingue.

Ton corps est comme un léopard qui agoniseUne maison qui accourt dans les rêves au rendez-vous desventsUn langage d'enfants à l'heure libre des écoles.Alors, quand une fille comme toi descend quatorze étages dans le vide,Quand elle perd ses formes et ses vêtements;Les badauds s'attroupent et commentent :« Comment est-ce possible ? » « Comment a-t-elle pu ? »« Une femme aussi belle ».Car ils ne savent pas qu'une femme qui se suicideEn se pendant au crépusculePeut être belle encore.Ton cœur vaincu par le dégoût ne leur suggère aucun baiser.Tu as cessé d'être un sujet dans leurs histoires,Tu es le pire désormais, le cas pénible, lamentable,Un repos de fleurs et de terres te couvre d'oubli,Comme s'il était interdit au papillon d'achever son vol.Voici venir une rencontre de coupables,Nous aurons fait notre...