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À La Une - Liban

Le Palais de Baabda dans la ligne de mire du Hezbollah

Le parti chiite affirme que la présidence libanaise doit être placée en "soins intensifs".

Le chef de l'Etat libanais Michel Sleiman. Photo d'archives AFP

Le Hebzollah a sévèrement critiqué samedi le chef de l’État libanais Michel Sleiman, affirmant que la présidence devrait être placée en "soins intensifs". Dans un communiqué diffusé en soirée, le parti chiite s'est attaqué au discours prononcé la veille par le président, dans lequel il remettait en cause la fameuse formule "armée-peuple-résistance".

"Avec tout le respect que nous portons pour le poste de la présidence de la République, nous pensons que le Palais de Baabda doit être placé en soins intensifs, surtout qu'il nous paraît désormais évident que son occupant actuel ne sait pas faire la différence entre le bois et l'or", accuse le Hezbollah dans son texte.

La réponse du chef de l'Etat n'a pas tardé, affirmant que "le palais de Baabda est tenu de reconnaître les décisions qui ont fait l'objet de l'unanimité des parties, dont la Déclaration de Baabda".

(Eclairage : Les menaces du Hezbollah « déroutent les Israéliens »...)

L'attaque verbale lancée par le Hezbollah a provoqué l'indignation de plusieurs responsables libanais, dont le ministre des Télécommunications, Boutros Harb, qui a qualifié le communiqué du parti chiite de "honteux". Selon le ministre, il est inacceptable de parler du président comme étant "l'occupant du Palais de Baabda". "Michel Sleiman est le président de la République libanaise et il est inadmissible de s'adresser à lui de cette manière humiliante et honteuse", a dit M. Harb. "Ce communiqué montre clairement la logique du Hezbollah qui rejette ceux qui s'opposent à ses idées, ce qui implique un rejet de l'esprit démocratique chez ce parti".

Le ministre libanais de la Justice, Achraf Rifi, a, de son côté, affirmé avoir contacté M. Sleiman et l'avoir félicité pour ses positions exprimées la veille dans son discours.

Le parti Kataëb de l'ancien président Amine Gemayel a, quant à lui, affirmé que "ceux qui refusent de mettre la résistance à la disposition de l’État refusent même le concept de l’État". "Nous saluons les positions nationales et courageuses du président qui visent à préserver la souveraineté du Liban face aux menaces étrangères", indique encore le parti dans un communiqué. "Toute atteinte contre la présidence est considérée comme une atteinte contre l'honneur et la dignité des Libanais", poursuit le parti.

Plus tôt dans la journée, le secrétaire général adjoint du Hezbollah, cheikh Naïm Kassem, avait affirmé  que le mouvement de résistance faisait aujourd'hui face à l'un des plus grands défis dans la région. "Un complot international dirigé par les Israéliens vise la région, et le Hezbollah est prêt à l'affronter", avait affirmé le responsable chiite.

"Nous sommes en confrontation avec Israël et nous resterons toujours mobilisés face à notre ennemi. Sans la mobilisation du Hezbollah et sans les victoires réalisées (par le parti chiite) depuis le retrait israélien en 2000, le Liban n'existerait pas. Le Liban doit sa force et sa présence à la résistance. Le Liban n'a aucune valeur sans le mouvement de résistance, il n'existerait pas sans la résistance", avait ajouté Naïm Kassem.

Pour ce qui concerne le gouvernement, le numéro deux du Hezbollah a affirmé que son parti a fait beaucoup de concessions pour la formation du cabinet du Premier ministre Tammam Salam. "Nous avons facilité cette formation et nous avons prouvé que nous considérons l'intérêt national comme étant une priorité", a dit Naïm Kassem. "Mais ceci ne veut pas dire que nous sommes prêts à renoncer à nos principes de base", a-t-il ajouté.

Évoquant la déclaration ministérielle, le responsable chiite a souligné l'importance de ce document qui, selon lui, "doit refléter la politique du nouveau gouvernement". "La mention de la résistance dans la déclaration ministérielle constitue une force pour le Liban qui est en confrontation avec Israël, a-t-il assuré. La résistance représente l'une des composantes essentielles de la déclaration".


(Lire aussi : La déclaration ministérielle rattrappée par la guerre en Syrie)

La commission chargée de la rédaction de la déclaration ministérielle s'est réunie vendredi pour la septième fois, sans parvenir à un accord final. Les ministres formant la commission chargée de rédiger le document tentent de s'entendre sur deux clauses, à savoir la formule "armée-peuple-résistance" et la déclaration de Baabda. Après avoir buté sur le mot "résistance", la déclaration achoppe en effet depuis vendredi dernier sur le terme "distanciation" contenu dans la déclaration de Baabda.

Vendredi, le président de la République Michel Sleiman avait porté un coup dur à la rhétorique du Hezbollah, proposant un nouveau triptyque, celui du peuple, de l'État et des valeurs, et hissant la déclaration de Baabda au rang de "constante et de fondement du pacte national". Il avait affirmé que la déclaration de Baabda est au-dessus des déclarations ministérielles, que la stratégie de défense devait se faire sous les ordres de l'État et que les institutions légales ne souffraient pas de partenaires. "Pour ce qui est du refus d'inclure expressément la déclaration de Baabda dans le texte de la déclaration ministérielle (mentionnée de façon implicite), je vous rassure en vous disant que la déclaration de Baabda est devenue partie intégrante des constantes et qu'elle se situe à un niveau équivalent au pacte national, avait dit le chef de l’État. Il s'agit donc d'un texte qui est au-dessus des déclarations ministérielles, lesquelles sont liées aux gouvernements. L'avenir démontrera que tout le monde aura besoin un jour ou l'autre de cette déclaration et réclamera sa mise en œuvre".


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Le Hebzollah a sévèrement critiqué samedi le chef de l’État libanais Michel Sleiman, affirmant que la présidence devrait être placée en "soins intensifs". Dans un communiqué diffusé en soirée, le parti chiite s'est attaqué au discours prononcé la veille par le président, dans lequel il remettait en cause la fameuse formule "armée-peuple-résistance". "Avec tout le respect que nous portons pour le poste de la présidence de la République, nous pensons que le Palais de Baabda doit être placé en soins intensifs, surtout qu'il nous paraît désormais évident que son occupant actuel ne sait pas faire la différence entre le bois et l'or", accuse le Hezbollah dans son texte.La réponse du chef de l'Etat n'a pas tardé, affirmant que "le palais de Baabda est tenu de reconnaître les décisions qui ont fait l'objet de...
commentaires (8)

GARE À LA LIGNE DE MIRE... ELLE PEUT SE RENVERSER PAR LE PLUS FRÊLE ZÉPHIRE, ET DEVENIR... LA LIGNE DU PIRE !

La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

13 h 58, le 02 mars 2014

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Commentaires (8)

  • GARE À LA LIGNE DE MIRE... ELLE PEUT SE RENVERSER PAR LE PLUS FRÊLE ZÉPHIRE, ET DEVENIR... LA LIGNE DU PIRE !

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    13 h 58, le 02 mars 2014

  • ça ne sent pas bon du coté de Baabda qui mérite un meilleur locataire. Il serait temps qu'il s'en aille le sieur et sans espoir de retour. Ce n'est pas bien de se rapprocher AUTANT des très généreux et riches en petrodollars et pourvoyeurs des terroristes de la soudie wahhabite arabique très… mais très démocratique.

    Ali Farhat

    12 h 25, le 02 mars 2014

  • ET QU'AVAIT PROPOSÉ LE PRÉSIDENT " VRAI LIBANAIS " DE LA RÉPUBLIQUE, POUR QUE L'ARROGANCE Y LANCE SON INSULTE ANTI-CHRÉTIENNE ? PEUPLE, ETAT, VALEURS. LE TROISIÈME ENGLOBANT LES VALEURS DE TOUTES LES DIX HUIT COMMUNAUTÉS DE CE PAYS ET NON UNIQUEMENT CELLE D'UNE COMMUNAUTÉ... COMME LE TRYPTIQUE QU'ON VEUT IMPOSER ET QUE REFUSENT LES DIX SEPT AUTRES COMMUNAUTÉS, ÉCRASANTE MAJORITÉ, DU PAYS !

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    11 h 52, le 02 mars 2014

  • ON ATTEND DES CHRÉTIENS, PATRIARCHE, GÉNÉRALISSIME ET AUTRES, DE CONDAMNER VUGOUREUSEMENT ET À HAUTE VOIX CETTE ARROGANCE ET INSULTE, ATTEINTE CONTRE LA DIGNITÉ DE TOUS LES CHRÉTIENS... LES AUTRES S'ÉTANT RÉVOLTÉS ET N'ACCEPTENT MÊME PAS D'INSIGNIFIANTES REMARQUES POUR LES LEURS, MÊME PAR DES CHANSONNIERS !

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    10 h 33, le 02 mars 2014

  • Ce qui doit être placé en soins intensifs, ce sont ces enclaves et ces régions contaminées par un virus qui menace la patrie. Un virus qui a assez fait de victimes, d’invalides, de dégâts, qui a assez semé de désolation et de désarroi, qui a assez écœuré, oppressé, confisqué … jusqu’à sortir à la fin une présidence de sa neutralité ou de ses gonds. Un virus étranger, qui a miné notre beau cèdre, las de se vermouler depuis cet envahissement et qui, comme un malade en phase terminale, souhaiterait voir venir un bûcheron, en désespoir de cause, faute de voir venir ses racines, ses fils et ses filles, à la rescousse.

    Ronald Barakat

    10 h 29, le 02 mars 2014

  • Trop c'est trop s'attaquer de cette façon à la personne du Président de la République devrait provoquer une réaction en chaîne et la démission de tous les ministres et députés chrétiens et tous les autres qui soutiennent l'Etat et rien que l'Etat

    antaki loutfi

    08 h 31, le 02 mars 2014

  • Le Hezb de l'arrogance et de l'effronterie est atteint de trahison incurable car il n'est qu'une branche néfaste des Gardiens de la révolution iranienne.

    Halim Abou Chacra

    08 h 21, le 02 mars 2014

  • Il est rare qu’un chef d’état soit aussi durement injurié publiquement dans le monde arabe. En occident ceci paraitrait comme une démonstration de la liberté d’expression et de la démocratie. Ici il n’en est rien .le Hezb se permet délibérément de tels écarts pour démontrer sa puissance, rappeler qu’il dispose encore à ce jour des moyens de dévastation du pays, et qui ‘il réserve son respect à ses seuls vrais maitres demeurés en perse. Au delà du verbe on se demande comment la présidence pourrait s’opposer au hezb ; Le pourras-t-elle lorsque les armes françaises payées par l’Arabie seront livrés .Le discours de Sleiman sur la Déclaration de Baabda est-il une velléité ou un prélude au bouleversement des rapports de forces à venir. Ce discours qui introduit la notion d’identité et de valeurs est ici un vrai espoir pour le Liban

    ANDRE HALLAK

    01 h 39, le 02 mars 2014

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