Talonnée par les attentats-suicide, la commission de rédaction de la déclaration ministérielle se réunit cet après-midi au Grand Sérail pour s'entendre sur le dernier point de sa déclaration, la résistance (euphémisme pour parler de la structure armée du Hezbollah), et peaufiner un texte qui sera son passeport pour la confiance. Aussi bien le courant du Futur que le Courant patriotique libre affichaient en week-end leur optimisme face à cet examen de passage. Le bulletin d'informations de la chaîne al-Manar relevant du Hezbollah a toutefois laissé planer le doute sur la question.
L'enjeu – purement verbal – porte sur le triptyque « armée-peuple-résistance », que le Hezbollah considère comme une « formule en or », alors que le 14 Mars souhaite le gommer du texte. Le député Boutros Harb a même menacé de démissionner, si la formule figure dans la déclaration. Mais tout le monde comptait hier sur les talents de « prestidigitateur » de Nabih Berry qui, avec Walid Joumblatt, aurait déjà forgé la formule magique qui permettra au texte sinon de contenter tout le monde, du moins de ne froisser personne.
La référence à la résistance deviendrait donc : « Le droit du peuple libanais à la résistance. » Une formule vague où figurent les mots « résistance » et « peuple », dans un ordre qui ne les met pas en confrontation avec « État », ou au même rang que cette réalité institutionnelle, à laquelle la « résistance » devrait être subordonnée. Une autre formule possible serait « Le droit de l'État libanais à la résistance », et donc la disparition du terme « peuple ». On en saura plus ce soir sur cette acrobatie purement verbale destinée à satisfaire l'amour-propre politique des uns ou des autres, mais qui ne changera rien aux données sur le terrain. Et comme l'a dit hier une personnalité politique : « Personne au Liban n'a jamais demandé des comptes à un gouvernement sur base de la déclaration ministérielle. »
Du reste, comme l'affirment avec beaucoup d'assurance aussi bien Michel Aoun que Sejaan Azzi, des Kataëb, la durée de vie du gouvernement, à peine 100 jours en principe, est telle qu'il n'y a pas de temps à perdre en subtilités inutiles et qu'il vaut mieux passer à l'action et parer aux besoins les plus pressants.
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Une gageure difficile à tenir
De fait, une course contre la montre est engagée entre des facteurs de déstabilisation du Liban étroitement liés à la crise en Syrie et des facteurs de stabilité qui proviendraient de la conjonction des efforts diplomatiques en cours pour renforcer le potentiel de l'armée libanaise et des efforts internes pour consolider la vie institutionnelle.
À cet égard, il est clair que la plupart des camps politiques présents au Liban, ainsi que la communauté internationale, pensent que la présidence de la République devrait s'inscrire en prolongement de la formation d'un nouveau gouvernement et accordent une grande importance à cette élection comme facteur de stabilité des institutions.
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Mais stabiliser le Liban en pleine crise syrienne est une gageure difficile à tenir, comme le prouvent les attentats à répétition qui se produisent, et l'on ne saurait préjuger de l'issue de la guerre en Syrie et de ses répercussions sur le Liban, au vu des progrès nuls enregistrés à la conférence de Genève.
Ainsi, insistent certains observateurs, la prudence reste de mise. « Certes, assurent ces sources, la même conjoncture, qui a permis (ou va permettre) au nouveau gouvernement de naître, pourrait permettre aussi à un nouveau président d'être élu. Mais il n'est pas exclu que certaines formations proches de la Syrie continuent de chercher à peser sur la décision libanaise grâce à des acquis militaires. Ainsi, il se pourrait que "par accident", personne ne répondant au profil du futur président, cette élection n'ait pas lieu. Dans ce cas, le Liban se serait au moins doté d'un gouvernement de rassemblement national capable de piloter le navire tandis que la tempête souffle encore. »
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Qui se ressemble s'assemble, en fin de compte !
16 h 00, le 25 février 2014