Sur le tarmac de l'aéroport de Genève, la police suisse évacue les passagers de l'avion d'Ethiopian Airlines détourné le 17 février 2014 par le copilote. REUTERS/Denis Balibouse
C'est l'affaire dans l'affaire. Le détournement d'un avion d'Ethiopian Airlines effectuant un vol Addis Abeba-Rome lundi sur Genève, a mis en lumière une incongruité de l'aviation militaire helvète.
Les autorités suisses ont été averties du détournement du Boeing d'Ethiopian Airlines par son copilote vers 4h30 lundi. "La logique aurait voulu que l'armée mette en état d'alerte ses F/A-18. Mais rien de tout cela ne s'est produit, car la surveillance aérienne suisse opère avec des horaires limités, soit dès 8 h du matin seulement!", indique le quotidien suisse Le Matin.
Soulignant que l'affaire n'est pas "un gag", Le Matin rappelle que l'aviation militaire suisse s'en tient à des horaires de bureau : 8 h-12 h et 13 h 30-17 h. L'aviation militaire suisse ne travaille pas non plus le week-end.
"Nous n'avons pas les moyens d'assurer un service de piquet 24 h sur 24, confirme Laurent Savary, porte-parole des Forces aériennes au Matin. C'est pour cela que nous avons des accords avec les pays voisins pour assurer la police aérienne en dehors des heures d'ouverture de nos aérodromes militaires."
La sécurisation du Boeing a en effet été assurée par l'Italie et la France, la première envoyant deux Eurofighter, la seconde deux Mirage.
Interrogé par Le Matin, le ministre de la Défense, Ueli Maurer, rejette la faute sur "la politique et ses coupes incessantes dans notre budget".
L'affaire a inspiré ce commentaire à un lecteur du Matin : "Quel connerie....ca dois (sic) faire rire le monde entier.."
Etonnant dialogue avec le contrôleur aérien
Le pirate/copilote a été arrêté lundi. Hailedemin Abera Tagegn, agé de 31 ans, avait profité de l'absence du commandant de bord, qui s'était rendu aux toilettes, pour s'enfermer dans la cabine de pilotage. Il n'était pas armé, a précisé la police, selon laquelle il a déclaré qu'il se sentait "menacé" en Éthiopie, son pays, et a demandé l'asile politique à la Suisse.
Dans un enregistrement audio diffusé sur des sites internet de médias italiens, on entend la voix de celui qui est présenté comme étant le commandant et qui tente de rassurer les passagers après l'atterrissage : le copilote "est toujours enfermé à l'intérieur de la cabine de pilotage, mais n'est pas armé", l'entend-on dire. "Il a menacé de faire s'écraser l'avion. Je ne connais pas son mobile et cela ne m'intéresse pas. Tout ce qui m'intéresse, c'est que vous soyez sains et saufs", ajoute-t-il. C'est le copilote lui-même qui a déclenché l'alerte au détournement sur le transpondeur de l'appareil qui permet au contrôle aérien d'identifier l'avion, ont précisé les responsables de l'aéroport.
L'avion a tourné de longues minutes avant 06H00 heure locale au-dessus de la ville avant de se poser, le copilote étant alors engagé dans un étonnant dialogue avec le contrôleur aérien de l'aéroport sur sa demande d'asile politique, d'après les relevés des images radar et des conversations radio de la tour de Genève Cointrin qui ont été mis en ligne : "Nous attendons toujours pour l'asile", lance par radio le copilote. "Kilo 001, le vent est faible, nous attendons, je n'ai pas la réponse mais on me dit que c'est en bonne voie", répond le contrôleur.
Credit @matthewkeyslive
Une fois l'avion posé, le pirate a quitté la cabine de pilotage en utilisant une corde et s'est rendu à la police, a indiqué le porte-parole de cette dernière.
Le pirate sera interrogé par la police et la justice, mais, "techniquement, son infraction est une prise d'otages, la peine correspondante pouvant aller jusqu'à vingt ans de privation de liberté", a indiqué le procureur de Genève, Olivier Jornot, au cours d'un point de presse.
Pour ce détournement peu ordinaire, l'enquête va devoir déterminer les motivations du copilote et surtout pourquoi il a recouru à une telle action extrême alors qu'il aurait pu faire une demande d'asile politique une fois arrivé en Italie.
Les autorités suisses ont été averties du détournement du Boeing d'Ethiopian Airlines par son copilote vers 4h30 lundi. "La logique aurait voulu que l'armée mette en état d'alerte ses F/A-18. Mais rien de tout cela ne s'est produit, car la surveillance aérienne suisse opère avec des horaires limités, soit dès 8 h du matin seulement!", indique le quotidien suisse Le Matin.
Soulignant que l'affaire n'est pas "un gag", Le Matin rappelle que l'aviation militaire suisse s'en tient à des horaires de bureau : 8 h-12 h et 13 h 30-17 h. L'aviation militaire suisse ne travaille pas non plus le week-end.
"Nous n'avons...


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