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À La Une - Crise

Irak : l'influent chef chiite Moqtada Sadr se retire de la vie politique

La décision surprise intervient à deux mois des élections générales.

Le chef radical chiite irakien, Moqtada al-Sadr. AFP PHOTO/SAFIN HAMED

L'influent chef chiite Moqtada Sadr, acteur incontournable dans les efforts de stabilisation de l'Irak, a annoncé dimanche son retrait de la vie politique, une décision surprise à deux mois des élections générales.

L'annonce de ce leader du plus populaire mouvement chiite du pays qui a acquis une notoriété par son combat contre les troupes américaines après l'invasion de 2003, a pris au dépourvu ses partisans, et son impact sur la vie politique n'était pas clair dans l'immédiat.


Virulent critique du Premier ministre Nouri al-Maliki, lui-même de confession chiite et qu'il avait qualifié de "dictateur", Moqtada Sadr, considéré comme un faiseur de rois, a pris cette décision en pleine crise politique et sécuritaire.

"J'annonce que je n'interviens plus dans toutes les affaires politiques et qu'il n'y a plus de bloc qui nous représente à partir de maintenant au gouvernement ou au Parlement", a-t-il affirmé dans un communiqué reçu par l'AFP, dans une allusion à son courant sadriste.
"J'annonce la fermeture de tous les bureaux liés aux activités politiques, sociales ou religieuses", a ajouté le leader chiite qui depuis environ un an fait profil bas.


Moqtada Sadr, qui se consacrait ces derniers mois à ses études religieuses, a dit que son choix avait été motivé "par la préservation de la réputation honorable des deux martyrs de la famille Sadr", en allusion à son père et à un autre proche tués sous le régime de Saddam Hussein.
Il a aussi expliqué que son geste visait "à mettre fin à toutes les corruptions dans le passé et à toutes celles qui pourraient avoir lieu à l'avenir" et qui pourraient porter atteinte à la réputation des Sadr.

 

"Choc" parmi ses partisans
Le courant de Moqtada Sadr compte actuellement 40 députés au Parlement, dont le vice-président Qoussaï Abdel Wahab al-Souhail (sur 325), et six ministres au gouvernement.


"Cette décision a été un choc pour nous et nous ne connaissons pas ses motivations ou ses conséquences, ni si elle est définitive ou temporaire", a affirmé un responsable du courant Sadr.
Un autre responsable de son bureau, interrogé par l'AFP, a affirmé que personne ne voulait discuter de cette "annonce surprise". Mais il ajouté qu'il doutait que Moqtada Sadr "puisse revenir sur cette décision très importante".

Un des employés du siège du mouvement à Bagdad a affirmé à l'AFP s'y être rendu ce matin mais qu'il avait trouvé portes closes.


Moqtada Sadr est le fils de Mohammed Sadek Sadr, héraut d'un chiisme militant assassiné par les forces de l'ex-président Saddam Hussein en 1999, et cousin de Mohamed Baker, un grand penseur chiite tué en 1980. Né dans les années 1970, le chef religieux, toujours coiffé du turban noir des descendants du Prophète, est rarement vu en public, et garde ses distances avec la presse.


Il jouit toujours d'une immense popularité chez les chiites défavorisés d'Irak après avoir dirigé une milice armée de 60.000 hommes qui avaient combattu les troupes américaines et, un temps en 2008, les forces supervisées par M. Maliki.


Même s'il avait soutenu en 2006 et 2010 M. Maliki pour diriger le gouvernement, le chef chiite le critiquait souvent et en 2012 il l'a accusé de se comporter comme un "dictateur" et dit qu'il était opposé à un troisième mandat du Premier ministre. Il avait maintes fois dénoncé ces dernières années la "corruption" au sein des institutions politiques et s'était de 2006 à 2011 installé en Iran pour se consacrer aux études religieuses.
Les ministres sadristes avaient suspendu en 2013 leur participation au conseil des ministres avant de revenir au travail.


En août 2008, il avait décrété un arrêt définitif des opérations de sa milice créée en 2004 pour lutter contre "l'occupant américain".


Le dernier soldat américain a quitté l'Irak en décembre 2011, mais le pays est meurtri depuis un an par une multiplication des attentats, alimentée par la crise politique notamment le mouvement de contestation de la minorité sunnite qui s'estime marginalisée par M. Maliki.
Ce dernier parvient malgré tout à se maintenir au pouvoir, bénéficiant, selon plusieurs experts, du soutien du voisin chiite iranien.

 

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L'influent chef chiite Moqtada Sadr, acteur incontournable dans les efforts de stabilisation de l'Irak, a annoncé dimanche son retrait de la vie politique, une décision surprise à deux mois des élections générales.
L'annonce de ce leader du plus populaire mouvement chiite du pays qui a acquis une notoriété par son combat contre les troupes américaines après l'invasion de 2003, a pris au dépourvu ses partisans, et son impact sur la vie politique n'était pas clair dans l'immédiat.
Virulent critique du Premier ministre Nouri al-Maliki, lui-même de confession chiite et qu'il avait qualifié de "dictateur", Moqtada Sadr, considéré comme un faiseur de rois, a pris cette décision en pleine crise politique et sécuritaire.
"J'annonce que je n'interviens plus dans toutes les affaires politiques et qu'il n'y a plus de bloc qui...
commentaires (2)

Tant mieux ! En attendant celui d'ici.

ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

12 h 57, le 17 février 2014

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Commentaires (2)

  • Tant mieux ! En attendant celui d'ici.

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    12 h 57, le 17 février 2014

  • La décision du chef chiite Moqtada Sadr de se retirer de la vie politique coincide avec le retour de centaines d'agents de sécurité américains en Irak pour former les forces de sécurité locales au maniement des nouvelles armes que Bagdad s'apprête à recevoir des États-Unis, afin de mieux lutter contre l'insurrection sunnite autour d'al-Qaida.

    Sabbagha Antoine

    12 h 01, le 16 février 2014

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