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Culture

« After 100 Springs », ou la quête de la lumière

Spectacle

Cornelia Krafft a présenté durant deux soirées au théâtre al-Madina « After 100 Springs ». Une performance corporelle, interprétée par un ensemble d'étudiants, qui reprend cent ans plus tard « Le Sacre du printemps » d'Igor Stravinsky.

12/02/2014

Ce spectacle, mis au point par Cornelia Krafft avec le soutien du département des beaux-arts et de l'histoire de l'art et du programme de littérature d'Anis Makdisi ainsi que de la faculté des arts et science de l'AUB, revisite Le Sacre du printemps d'Igor Stravinsky. Une performance corporelle et visuelle de quarante-deux minutes interprétée par des étudiants passionnés, sur une musique de celui qui a brisé les codes musicaux et de la chorégraphie.
«Même après tout ce temps, le soleil ne dit jamais à la terre "tu me dois". Avec un amour pareil, il illumine tout le ciel », comme le dit Hafez, grand maître soufi. Comment reproduire la rébellion, le printemps qui pointe timidement son nez, « l'après-tempête », la lumière, mais également la quête de l'homme pour une meilleure connexion, une meilleure intersection ? Voilà ce à quoi s'est attelée Cornelia Krafft qui, par ses différentes performances visuelles ou filmiques, essaye de recréer à sa manière le langage du corps.
Tout commence par l'obscurité totale sur les planches du Madina. Des corps qui vont devenir formes dans un instant. Des formes qui vont tout à coup prendre corps. Des mouvements en accord avec des cercles conçus et réalisés par Krafft, et cette équipe de jeunes audacieux qui ont quelque chose dans les tripes qu'ils veulent exprimer à tout prix. Les danseurs, étendus ou courbés, cloisonnés (comme tous les êtres actuellement), vont, telles des fleurs, s'ouvrir au monde. Éclore. La lumière se fait alors. Un éclairage que chacun porte en soi, qu'il transporte avec lui et qu'il partage avec l'autre.
Et maintenant soyons tribaux ! Les douze danseurs reproduisent le sacrifice ainsi que le pouvoir du printemps. Les cercles, symboles d'air, d'eau, de feu et de terre, roulent au sol, s'élèvent, s'enchevêtrent. Magnifique éclairage qui reflète des ombres et crée des rêves. Tout aussi élaborée est l'étude des formes, des structures et de cette monochromie que viennent illuminer par instants des taches oranges. À travers ce spectacle, Cornelia Krafft s'interroge : « Qu'y a-t-il après les cent printemps de Stravinsky? Les jeunes auront-ils droit à la parole ? Le sacrifice ne devrait-il pas être collectif et pas individuel ? »
Un exercice de style symbolique, réussi à tous les niveaux et qui, par le biais de l'interaction des formes, ouvre des petites fenêtres en laissant pénétrer le soleil.

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