Culture

« L’Après-cent printemps » de Cornelia Krafft

Spectacle

Célébrer le centième anniversaire du « Sacre du printemps » d'Igor Stravinsky et le remettre à l'ordre du jour, tel est le défi que s'est lancé Cornelia Krafft. Une performance collective qui aura lieu au théâtre al-Madina les 10 et 11 février.

06/02/2014

C'est avec le soutien du département des beaux-arts et de l'histoire de l'art, du programme de littérature d'Anis Makdissi, ainsi que de la faculté des arts et science de l'AUB, que ce projet, baptisé After 100 Springs, a finalement vu le jour. Un spectacle corporel mis au point par Cornelia Krafft avec la contribution d'un ensemble de jeunes étudiants qui ont largement collaboré, par leur dévouement et leur passion, à donner forme à cette chorégraphie réalisée sur fond de musique d'Igor Stravinsky.


« Il y a cent ans, Stravinsky brisait les barrières et libérait la danse de ses codes rigides, affirme Krafft. Il lui a fallu deux ans pour composer une musique de 34 minutes qui condense toute sa rébellion et sa vision avant-gardiste de la société et du monde. Il était donc essentiel pour moi de mettre l'accent sur "l'après". Il y a certainement le concept de printemps dans le titre (et par là, on n'évoque pas seulement ce qui a été surnommé printemps arabe, mais toutes ces saisons de floraison et de renaissance de l'humanité), mais aussi et surtout cette question de l'après. Qu'est-ce qui vient après la tempête, après une guerre ? », se demande Cornelia Krafft. Il y a donc interrogation. Pour cette artiste multidisciplinaire, née en Allemagne de deux générations de guerre – « et moi étant de l'après-guerre », dit-elle –, l'art est un exutoire et aussi un outil de réflexion et de partage. Munie de son master de beaux-arts de l'Académie de Vienne, Krafft enseignera dans la capitale autrichienne avant de s'établir à Beyrouth (en 2009). Professeure assistante à l'AUB, à la faculté des beaux-arts et de l'histoire de l'art, elle initie un programme de performance artistique et poursuit son travail au Liban ainsi qu'en Europe. Chorégraphie, performances, installations, conception de costumes ou de films sont autant d'expressions de son langage très varié. Si ses créations artistiques, pour la plupart muettes, investissent des lieux urbains désaffectés, l'élément féminin en est souvent le principal pivot.


« Le budget de ce projet, constitué par les donations à l'ONG Unite Lebanon Youth Project venant en aide à l'éducation de plus de mille jeunes par an, n'était pas énorme, confie Cornelia Krafft. Par contre, nous nous sommes totalement investis afin de rétrécir l'espace qui existe entre plusieurs entités au Liban et surtout tendre la main à l'autre. Dans cette performance, les quatre éléments (feu, eau, terre et air), les trois générations réunies, ainsi que le symbole du cercle traduisent la situation de la région, mais aussi de l'humanité à la recherche d'un espoir. »


Après des centaines de nuits sans sommeil, une énergie mise au service de ce projet édificateur, Cornelia Krafft avoue être satisfaite de ce rayon de soleil que After 100 Springs peut apporter sur scène à la conscience humaine.

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