Le pape François a relevé, en recevant des mains du président François Hollande un ouvrage sur saint François de Sales, célébré hier, « c’est notre patron ! ». Gabriel Bouys/Pool/AFP
En pleine tourmente sur sa vie privée, le président français François Hollande a rencontré hier à Rome le pape François, un tête-à-tête compliqué pendant lequel ont été évoqués sans esquive des thèmes épineux.
Au cours de l'entretien qui a duré 35 minutes, « la défense et la promotion de la dignité de la personne humaine ont été examinées », a indiqué le Vatican dans un communiqué laconique. Le Saint-Siège a cité quatre domaines, sujets de vifs débats en France : la famille, la bioéthique, le respect des communautés religieuses et la protection des lieux de culte. Le Vatican n'a pas été plus explicite sur ces thèmes ardus, alors que des catholiques français avaient adressé au pape une supplique pour exprimer leur profond malaise face aux lois ou aux projets de loi sur le mariage homosexuel, l'avortement et la fin de vie (suicide assisté).
Le Saint-Siège a par ailleurs évoqué les thèmes plus consensuels de l'environnement, du développement, des migrations et de la pauvreté, pour lesquels le pape François est très engagé et soutenu par le gouvernement français.
Sans évoquer les sujets de contentieux avec le Vatican et l'Église catholique française, M. Hollande a affirmé partager avec le pape la même valeur commune de « la défense de la dignité humaine ». Et a salué « la simplicité rayonnante des premiers mois du pontificat » de Jorge Bergoglio. Dans une déclaration à la presse, le chef de l'État français a préféré mettre l'accent sur les thèmes internationaux largement consensuels. M. Hollande a ainsi assuré que « la France défendait partout la liberté religieuse ». Une « convergence totale » existe entre la France et le Saint-Siège « pour le succès de la conférence climat » à Paris en 2015, a-t-il ajouté, invitant le Saint-Père à venir en France « quand il le voudrait ».
À son arrivée dans le palais pontifical, M. Hollande était apparu impressionné et le pape crispé. L'atmosphère était nettement plus détendue à l'issue du tête-à-tête. François a relevé, en recevant des mains du président un ouvrage sur Saint-François de Sales, célébré hier, « c'est notre patron ! »
Impopulaire auprès de la majorité des fidèles catholiques à l'approche des élections municipales et européennes, M. Hollande avait souhaité, selon l'un de ses conseillers, leur adresser « un message fort de dialogue et d'attention ». Alors que Nicolas Sarkozy promouvait une « laïcité positive » tenant compte de « l'héritage chrétien de la France », M. Hollande se borne à s'afficher en défenseur de la laïcité, « pilier de la République ». Mais, pour montrer son ouverture, il s'était fait accompagner de représentants du monde catholique français, dont le père missionnaire Georges Vandenbeusch, récemment libéré au Cameroun et embrassé avec chaleur par le pape.
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Après "Hollande en Hollande", voici "François chez François". Le communiqué qui évite visiblement les sujets qui fâchent montre que, malheureusement, le pape n'a pas pu convertir son homonyme.Par ailleurs comment "notre François" peut-il,sans pouffer de rire, affirmer défendre "la dignité humaine" en faisant la promotion de l;avortement et de l'euthanasie?
07 h 07, le 25 janvier 2014