Dimanche à Paris, la Marche pour la vie a rassemblé des milliers de personnes : familles nombreuses, parents avec bébés et jeunes militants. Gonzalo Fuentes/Reuters
Moins d'un an après s'être divisée sur le mariage homosexuel, la société française connaît de nouvelles tensions avec un projet d'assouplissement du droit à l'avortement, alors que l'Espagne voisine étudie une loi limitant strictement l'interruption volontaire de grossesse (IVG). Les partisans d'une nouvelle évolution de la loi française de 1975 s'opposent à ceux qui veulent lui garder son caractère exceptionnel.
L'Assemblée nationale doit débattre ces deux jours d'un amendement prévoyant de supprimer pour les femmes réclamant une IVG la condition d'être « dans une situation de détresse ». Cette référence est « obsolète », juge la ministre des Droits des femmes, Najat Vallaud-Belkacem. Dans une allusion à l'Espagne, où le gouvernement a présenté en décembre un projet supprimant l'avortement en dehors de cas très précis (danger pour la vie ou la santé physique ou psychologique de la femme, viol ayant fait l'objet d'une plainte), la ministre a estimé que « les évolutions dans certains pays voisins » montrent que « nous ne sommes pas à l'abri d'un retour en arrière de 40 ans », avant la légalisation de l'avortement. La ministre des Affaires sociales, Marisol Touraine, a pour sa part dénoncé un projet de loi espagnol qui, s'il était adopté, « renverrait les femmes à l'âge de pierre » et a appelé à « se mobiliser pour faire en sorte que ce projet ne soit pas adopté ».
Fait du hasard, l'amendement devrait être adopté vendredi par la majorité de gauche à l'Assemblée, le jour même d'une visite officielle du président François Hollande au Vatican pour y rencontrer le pape François. Lors d'un message lundi au corps diplomatique, le pape a exprimé « l'horreur » que suscite en lui l'avortement et appelé les gouvernements à défendre la famille.
Un tiers des Françaises
Dimanche, à Paris, une manifestation contre l'avortement a rassemblé de 16 000 à 40 000 personnes, selon les sources. Les manifestants de la Marche pour la vie, familles nombreuses ou parents avec bébés, n'étaient pas sans rappeler la très forte mobilisation qui avait poussé des milliers de gens dans la rue à la mi-2013 pour s'opposer à l'adoption d'une loi sur le mariage homosexuel. Au niveau politique, le débat est électrique. Une partie de la droite s'est élevée contre ce qu'elle juge être une remise en cause du compromis de 1975, alors qu'elle était au pouvoir, après une longue procédure législative et des débats houleux. « En choisissant de réécrire la loi de 1975 sur l'IVG, le gouvernement fait une faute morale et politique », a dénoncé l'ancien Premier ministre François Fillon. La présidente du Front national, Marine Le Pen, a pour sa part dénoncé la volonté de la gauche de faire entrer l'avortement dans une « banalisation totale ».
Plus de 220 000 avortements sont pratiqués chaque année en France. Environ une Française sur trois a recours à un avortement au cours de sa vie.
(Source : AFP)


Dans la société romaine, le pater familias avait le pouvoir de condamner à mort l'enfant non désiré. Mmes Touraine et Vaud-Belkacem veulent accorder ce droit à la mère. Est-ce cela vraiment le progrès? Et l'interdiction de l'infanticide (car qu'il soit âgé de 3 mois ou de 9, qu'il soit encore dans le ventre de sa mère ou qu'il en soit sorti, un enfant est un enfant, l'âge ne fait rien à l'affaire)un "retour à l'âge de pierre"?
07 h 38, le 22 janvier 2014