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Économie - Crise

Pas de répit pour l’économie libanaise : décembre noir, à l’image de 2013

Commerces, hôtels, consommation... pour l'ensemble de l'économie libanaise, le mois de décembre est à l'image de l'année 2013 : ponctuée d'événements sécuritaires qui bloquent les élans des commmerçants et brisent leurs espoirs d'une reprise.

Des touristes quittant leur hôtel, situé à proximité du lieu de l’attentat de Starco. Patrick Baz/AFP

Le mois de décembre avait pourtant bien débuté pour les commerçants de Beyrouth. Après une année très difficile marquée par les incidents sécuritaires à répétition et un climat de morosité ambiante, la deuxième quinzaine du mois avait en effet bénéficié de l'atmosphère de frénésie des fêtes de Noël.


« Le secteur avait enfin enregistré une légère amélioration des ventes, indique Nicolas Chammas, président de l'Association des commerçants de Beyrouth (ACB). Même si ces dernières n'ont pas augmenté par rapport à la même période de 2012, le recul ayant tout de même diminué. »
Plus en détail, les secteurs ayant le plus bénéficié de cette augmentation des ventes étaient justement ceux qui avaient le plus souffert de la crise pendant l'année. Il s'agit des achats les plus saisonniers comme les jouets, les boissons alcoolisées, l'électronique de loisir, la bijouterie...


Nicolas Chammas souligne ainsi un mois de décembre à contresens de la tendance générale de l'année. Selon ses estimations, les commerçants devraient en temps normal réaliser des ventes à hauteur de 100 millions de dollars durant les trois jours décisifs que sont le 21, 22 et 23 décembre. « Cette année, sur cette période, nous avons réalisé un chiffre de 80 millions de dollars, ce qui n'est donc pas trop mal », conclut-il.
Mais une fois de plus, la situation sécuritaire n'a pas laissé de répit aux acteurs économiques. « Nous commencions à peine à amortir les dégâts, avant que ne se produise l'explosion de vendredi dernier », déplore le président de l'Association. Les conséquences de l'attentat se sont directement fait sentir le week-end et la tendance moins négative enregistrée pendant le mois de décembre s'est ainsi naturellement inversée. « De nombreux expatriés sont directement rentrés chez eux après l'explosion, ajoute M. Chammas, beaucoup d'annulations de vols ont également été constatés et au Liban le climat d'inquiétude a de nouveau régné, freinant la consommation. »


Globalement sur l'année, le président de l'ACB estime que les ventes ont reculé d'entre 10 et 12 % par rapport à 2012. « C'est dommage, conclut-il. Nous espérions reprendre des forces pendant cette période de fêtes, nous avions des dettes à rembourser, des échéances, des traites et pour beaucoup d'entreprises un 13e mois à verser aux salariés. »
Reçu hier par Mohammad Choucair, président de l'Union des Chambres de commerce, d'industrie et d'agriculture, Charles Arbid, président de l'Association libanaise pour la franchise (LFA), a de son côté souligné que les ventes de détail ont reculé de 20 % en 2013.

 

(Lire aussi : François Bassil : Si la désaffectation étatique persiste, le secteur bancaire va finir par plier)

 

Le Grand Hills de Broummana ferme ses portes ...
Pour le secteur hôtelier, la chute se poursuit. « À partir du moment où il n'y a plus de sécurité dans un pays, la destination est rayée de la carte par les touristes, n'en finit plus de répéter Pierre Achkar, président du syndicat hôtelier. Cela fait deux ans que la situation sécuritaire et celle de l'hôtellerie se dégrade un peu plus de jour en jour, le Nouvel An ne sera bien sûr pas épargné ! Les hôtels d'ailleurs pour la plupart n'ont pas organisé de festivités pour le soir du Nouvel An, par manque de touristes. »
En effet, le taux d'occupation des hôtels de la capitale s'est établi à 40 % au mois de décembre, selon les chiffres du syndicat, malgré des tarifs amputés de moitié. Pierre Achkar a tenu à souligner que pour ne pas enregistrer de pertes un hôtel doit atteindre un taux d'occupation de 55 % au minimum. Alors que les fermetures d'hôtels avaient déjà débuté, les choses risquent bien d'aller de mal en pire pour l'ensemble du secteur hôtelier. « Beaucoup d'établissements ont déjà fermé partiellement cet été et continuent aujourd'hui sur cette lancée, ajoute Pierre Achkar. Quand ce n'est pas des étages entiers, ce sont des restaurants d'hôtels qui sont fermés dans beaucoup d'établissements. »


« Le Grand Hills de Broummana va, lui, fermer ses portes ce soir, livre le président du syndicat, et il ne risque pas d'être le seul si cette situation perdure. » L'hôtel qui avait ouvert ses portes en 1995 est un établissement de luxe emblématique qui comptait 250 salariés, 118 chambres et 52 appartements meublés. Sa fermeture témoigne de la grande souffrance du secteur hôtelier et de l'ensemble de l'économie libanaise depuis plus de deux ans.

 

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Le mois de décembre avait pourtant bien débuté pour les commerçants de Beyrouth. Après une année très difficile marquée par les incidents sécuritaires à répétition et un climat de morosité ambiante, la deuxième quinzaine du mois avait en effet bénéficié de l'atmosphère de frénésie des fêtes de Noël.
« Le secteur avait enfin enregistré une légère amélioration des ventes, indique Nicolas Chammas, président de l'Association des commerçants de Beyrouth (ACB). Même si ces dernières n'ont pas augmenté par rapport à la même période de 2012, le recul ayant tout de même diminué. »Plus en détail, les secteurs ayant le plus bénéficié de cette augmentation des ventes étaient justement ceux qui avaient le plus souffert de la crise pendant l'année. Il s'agit des achats les plus saisonniers comme les...
commentaires (3)

DÉCEMBRE NOIR ! ANNÉE 2013 NOIRE ! SÉCURITÉ NOIRE ! IL NE MANQUE AUX LIBANAIS QUE DE DANSER AUTOUR DE TENTES NOIRES... ET DE DIVAGUER EN UNE LANGUE NOIRE ! TOUT EST NOIR !!!

La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

11 h 45, le 31 décembre 2013

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Commentaires (3)

  • DÉCEMBRE NOIR ! ANNÉE 2013 NOIRE ! SÉCURITÉ NOIRE ! IL NE MANQUE AUX LIBANAIS QUE DE DANSER AUTOUR DE TENTES NOIRES... ET DE DIVAGUER EN UNE LANGUE NOIRE ! TOUT EST NOIR !!!

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    11 h 45, le 31 décembre 2013

  • Quoi ça ? La Libanaise "économie", yîîîh ! C'est à pouffer de rire.

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    10 h 46, le 31 décembre 2013

  • "Décembre noir, à l'image de 2013" ? Mais, voyons, que les commerces, les hôtels, les restaurants puisent leur richesse chez les criminels !

    Halim Abou Chacra

    06 h 06, le 31 décembre 2013

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