Jessica Hokayem (USF).
Sur 100 étudiants et jeunes diplômés interrogés, ils sont 23 à s'être investis, régulièrement ou occasionnellement, dans une activité bénévole. Âgés de 18 à 27 ans, ils viennent de milieux différents mais ont en commun leur engagement qui survit à leurs études de plus en plus prenantes, aux loisirs et à leur arrivée dans le monde du travail. Pour Campus, ils se livrent avec pudeur, émotion ou enthousiasme et font le point sur leurs expériences de bénévoles.
Un engagement riche et varié
Leur activité bénévole peut être régulière ou ponctuelle, le temps qui lui est consacré ne remet pas en question sa valeur puisque, comme le note Élie, « lorsqu'il s'agit de bénévolat, l'important c'est de participer ». Ce jeune de 26 ans, diplômé en publicité et marketing de la NDU, assure depuis un mois des séances de soutien scolaire auprès d'élèves de son quartier. « Les samedis, j'aide trois enfants, dont les familles ne peuvent pas payer des cours particuliers, à réviser les maths. Mes interventions ne durent que deux heures, mais je préfère penser que ça peut changer quelque chose dans la vie de ces garçons. »
Si Élie pratique le bénévolat à deux pas de chez lui, d'autres jeunes comme Sara, Zeina, Georgio ou Raed se disent « avides d'aventures humaines » et se déplacent là où le devoir les appelle ; ce sont les volontaires de la Croix-Rouge. Ces jeunes étudiants et diplômés de la LAU, de l'AUB et de l'USJ précisent qu'ils ont tous été formés aux premiers secours. Ils conduisent des ambulances, vérifient le matériel et la trousse de première urgence, se rendent auprès des blessés et des gens malades et les accompagnent au service des urgences où les médecins les prennent en charge. Investis dans leur mission et toujours prêts pour de nouvelles interventions, ils confient, unanimes : « Notre travail peut être stressant, parfois même éprouvant, mais il nous comble. »
Se mettre au service d'une collectivité est également possible grâce au scoutisme. Jessica, cheftaine dans l'Association des guides du Liban, a pour mission de contribuer au développement personnel et social de filles de 8 à 12 ans. L'étudiante en 3e année de gestion à l'Université Sainte-Famille (USF) se réunit avec son équipe une fois par semaine, mais consacre plusieurs après-midi à la préparation d'un programme qui, explique-t-elle, « poussera les jeunes à s'engager activement dans la société, à respecter la nature et les autres et à promouvoir la paix ».
Certaines études amènent parfois les jeunes à s'investir pour aider les marginalisés ou faire connaître une cause. Après avoir effectué deux semaines de stage dans une maison de correction, Diala, étudiante en master de psychologie à l'UL, a souhaité poursuivre son travail auprès des jeunes détenus. « J'ai passé cinq mois assez particuliers avec des garçons âgés de 9 à 21 ans, à essayer de les faire parler et à les écouter sans les juger. Finalement ça s'est bien passé, ils ont été réceptifs à la thérapie de groupe », souligne avec émotion la jeune femme de 27 ans qui multiplie ses expériences bénévoles. Jad, en troisième année d'études de théâtre à l'Institut des beaux-arts de l'UL, est depuis quelque temps volontaire pro bono dans le monde de l'audiovisuel. Le jeune homme de 20 ans a, sans hésiter, accepté de jouer dans des films publicitaires de prévention contre le sida ou la violence conjugale et dans un court métrage qui parle d'autisme parce que, précise-t-il, « ce sont des projets qui évoquent des causes qui me tiennent à cœur ; à travers eux on peut toucher et sensibiliser un grand public ».
Si, pour certains, offrir son temps et ses compétences est compliqué, il existe d'autres façons plus simples de donner : nombreux sont les étudiants qui offrent, à l'occasion des fêtes, une aide matérielle aux plus démunis.
S'engager, ça change la vie
Aider les enfants, les adultes en situation d'urgence ainsi que les handicapés, apporter un soutien aux personnes incarcérées, s'engager pour une cause ou dans une association humanitaire : les jeunes interrogés le font pour plusieurs raisons. Si leurs motivations sont différentes, ils ne tarissent pas d'éloges sur leurs expériences et s'accordent tous à dire que le bénévolat, ça change la vie. « À la Croix-Rouge, j'ai rencontré des gens formidables qui forment ma famille de cœur », lance Yara, 21 ans. « Mon travail auprès des jeunes en maison de correction a bouleversé ma vision des choses et m'a ouvert les yeux sur une réalité difficile à accepter. Aider ces personnes fragiles m'a permis de mûrir et d'être plus épanouie », confie Diala. « Malgré le temps que je consacre à mes études, j'ai souhaité prendre plus de responsabilités dans l'Association des guides, et je suis très satisfaite de voir les résultats de mes actions auprès des jeunes », souligne Jessica.
« Mes interventions bénévoles ont été très riches sur le plan humain. Mesurer sa capacité à faire des choses pour les autres est, en plus, valorisant pour un jeune », note Jad. « Une fois que l'on s'est lancé dans le bénévolat, on se sent plus heureux et plus utile, et on n'a surtout pas envie de s'arrêter », conclut Élie. Décidément, les bonnes volontés ne semblent pas faiblir du côté des 18-27 ans. Forte de son expérience, la jeune génération libanaise avance plus légèrement et sereinement dans la vie.
Carole AWIT
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