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Des jeunes libanais qui s’épanouissent dans le volontariat

Restaurer des bâtiments endommagés, animer des colonies pour enfants ou organiser des manifestations en faveur de l’unité des Libanais. Autant d’actions humanitaires et civiques accomplies par les jeunes bénévoles d’Offre-Joie. Leurs témoignages.

Mia Noun, lors d’une colonie de vacances organisée par Offre-Joie.

« Le bénévolat est une expérience constructive qui apporte à la fois une satisfaction au bénévole et à autrui. ». C’est avec ces mots que Mia Noun explique son attachement au volontariat. La jeune fille de 18 ans confie qu’avant d’intégrer Offre-Joie en 2010, elle passait son temps à « faire des trucs qui lui donnaient du plaisir ». Maintenant, elle a envie de rendre les autres, aussi, heureux.
« En réparant les dégâts causés par des actes violents, des explosions ou des attentats, nous aidons les victimes, devenues sans abri, à retrouver, le plus tôt possible, une vie normale », affirme Andréa Zared, 27 ans. De la dernière explosion d’Achrafieh, à la prison de Aley et l’école de Jbeil en passant par les événements de Abra, Roueiss et Tripoli, les jeunes bénévoles d’Offre-Joie sont toujours prêts à retrousser leurs manches pour restaurer les immeubles abîmés et assister la population, sans aucune distinction d’appartenance religieuse, sociale ou politique. Mohammad Diab, jeune ingénieur mécanique de vingt-cinq ans, précise : « C’est vrai que les chantiers diffèrent d’un lieu à l’autre quant aux dégâts et aux victimes mais devant les désastres toutes les différences disparaissent et seule la valeur humaine compte. » Christopher Rizk, bénévole engagé de 16 ans, explique : « C’est le sourire des gens, leur manière de nous remercier et de nous encourager, qui les réunissent. » Andréa poursuit : « Je me rappelle d’une résidente âgée d’un immeuble endommagé par la dernière explosion à Achrafieh. Elle m’avait dit, au début du chantier : “Je n’ai plus de maison, je veux mourir”. Mais après avoir réalisé notre travail, son sourire lui est revenu. Rendre à quelqu’un l’espoir de vivre, qu’y a-t-il de plus beau au monde ? »
La jeune volontaire encourage tous les jeunes, de 18 à 25 ans, à s’engager dans des travaux communautaires. Un appel que partage Mohammad qui recommande vivement le volontariat, car « quand vous accomplissez un service bénévole, un sentiment indescriptible vous envahit ». Il tient à dire aux jeunes : « Ne perdez pas votre temps dans des activités “inutiles”, investissez votre jeunesse dans le bénévolat. D’une part vous serez utile aux autres et d’autre part vous vous réaliserez vous-mêmes. »

Découvrir un monde différent
« Le bénévolat m’a offert une nouvelle famille avec laquelle j’ai partagé des moments inoubliables. Par exemple, lors du chantier d’Achrafieh, on était plus de 1 600 volontaires de différents âges, métiers, environnements, en provenance des quatre coins du Liban. Travailler avec eux m’a aidé à développer ma façon de communiquer », affirme Angela el-Zir, bénévole de 26 ans qui travaille dans une organisation internationale pour le développement. Mohammad acquiesce et insiste sur le contact, très enrichissant, avec les gens. « S’engager dans des opérations bénévoles à vocation humanitaire favorise le développement de la personnalité. On se sent utile. » Andréa partage l’avis de ses collègues. « En plus de ce que j’ai acquis au sujet de la construction, j’ai appris à échanger avec différents types de personnes : les volontaires pour les orienter, les résidents pour les soulager et les entrepreneurs pour coopérer avec eux », souligne-t-elle.
Christopher qui confie préférer, dans les travaux de restauration, la réparation des vitres, un travail qui requiert de la précision et de la patience, ajoute : « Cette expérience m’a permis de découvrir un monde différent du mien et de me rendre compte de ce qui se passe autour de moi. Elle m’a aidé à forger ma personnalité et m’a rendu plus responsable. D’ailleurs, mes parents et mes amis trouvent que je suis devenu beaucoup plus mature depuis mon bénévolat. »

Initier la génération future à la culture libanaise
Outre la remise en état des immeubles endommagés par des explosions ou des attentats, Offre-Joie organise des colonies de vacances pour enfants et des événements pour commémorer la guerre civile et favoriser la paix islamo-chrétienne. Selon Christopher, chacune de ces actions représente pour les bénévoles de nouveaux défis et leur permet d’acquérir de nouvelles compétences. Sur les chantiers, par exemple, l’adolescent se retrouve dans le monde dur du travail alors qu’en colonie de vacances, « c’est différent ». L’été passé, il a participé à quatre camps pour enfants de 7 à 13 ans venus de différentes régions du Liban, organisés dans le centre d’Offre-Joie à Kfifane. « C’est à nous de concevoir le programme des activités qui comprend des manifestations sportives, des ateliers pour apprendre aux enfants la culture libanaise et des sorties pour leur faire découvrir le pays. En tant que moniteurs, on prend des décisions. Ce qui fait qu’on passe de mineur à professeur. »
Mia, quant à elle, participe à des pièces de théâtre pour enfants présentées pendant les vacances de Noël. Elle confie : « Les petits nous racontent leurs histoires. Ces activités me permettent de mieux connaître les enfants de mon pays. » La jeune fille évoque une colonie organisée à Tripoli alors que la ville est en proie à des tensions sécuritaires : « Les enfants ne voulaient pas quitter la colonie, heureux de vivre avec nous ce qui leur manquait : la joie et la paix. »

Une expérience à ne pas rater
Angela pensait que l’esprit du bénévolat n’existait pas au Liban. Après son expérience avec Offre-Joie, elle croit qu’une lueur d’espoir pointe quant au travail communautaire et à la solidarité entre les Libanais. « Il faut promouvoir le concept du bénévolat », réclame-t-elle, avant d’ajouter : « J’invite les jeunes à s’unir pour le Liban – loin de la politique et de la religion – et de donner sans rien demander en contrepartie. »
« C’est évidemment difficile de changer la mentalité des adultes accros à la politique et à la religion mais quand les jeunes contribueront à ce genre de service social, ils auront une perception différente du monde, tout comme moi », assure Christopher avant de conclure : « Notre but dans Offre-Joie n’est pas de bannir la politique et la religion mais de vivre avec, en respectant les valeurs d’amour, de respect et de pardon. »


« Le bénévolat est une expérience constructive qui apporte à la fois une satisfaction au bénévole et à autrui. ». C’est avec ces mots que Mia Noun explique son attachement au volontariat. La jeune fille de 18 ans confie qu’avant d’intégrer Offre-Joie en 2010, elle passait son temps à « faire des trucs qui lui donnaient du plaisir ». Maintenant, elle a envie de rendre les autres, aussi, heureux. « En réparant les dégâts causés par des actes violents, des explosions ou des attentats, nous aidons les victimes, devenues sans abri, à retrouver, le plus tôt possible, une vie normale », affirme Andréa Zared, 27 ans. De la dernière explosion d’Achrafieh, à la prison de Aley et l’école de Jbeil en passant par les événements de Abra, Roueiss et Tripoli, les jeunes bénévoles d’Offre-Joie sont toujours...
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