Un Syrien à la recherche de survivants sous les décombres après les raids aériens de l’armée de Bachar el-Assad sur les quartiers rebelles d’Alep. Mohammad al-Khatib/AFP
Des raids aériens de l'armée de l'air sur les quartiers rebelles d'Alep ont encore fait hier au moins 44 morts, dont 6 enfants. Le bilan est d'autant plus sanglant que les forces fidèles au régime ont utilisé leur technique de lancement de « barils d'explosifs », a indiqué l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH). Le centre de presse d'Alep (opposition) a dénoncé « un massacre » sur l'autoroute et expliqué que les hôpitaux étaient confrontés à un afflux massif de blessés. Une vidéo diffusée par le centre montre des flaques de sang dans un car détruit, aux sièges arrachés. Une autre vidéo montre de nombreuses voitures carbonisées, des camions transformés en des boules de feu d'où s'échappe une épaisse fumée, ainsi qu'un immeuble effondré devant lequel des gens sont rassemblés, le visage pétrifié de terreur. La Commission générale de la révolution syrienne (CGRS) a dénoncé la campagne de bombardements menée depuis huit jours à Alep, évoquant « un état de terreur et un exode de la population vers les terrains agricoles en dépit d'un froid glacial ».
Samedi, l'organisation Human Rights Watch avait évoqué « un désastre à Alep », avançant un bilan de plus de 200 morts du 15 au 18 décembre. Pour cette période, l'OSDH a fait état de 161 morts et Médecins sans frontières de 189 morts. Selon le CICR, « plus d'une centaine de civils ont été tués ces derniers jours à Alep ».
500 000 blessés
En outre, « au moins un demi-million de personnes ont été blessées dans le pays, tandis que des millions d'autres sont toujours déplacées et des dizaines de milliers privées de liberté », a expliqué Magne Barth, chef de la délégation du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) en Syrie. « Les réserves de vivres et d'autres biens de première nécessité s'épuisent dangereusement, en particulier dans les zones assiégées (...). Et pourtant, malgré l'extrême urgence de la situation, il demeure extrêmement difficile de porter secours aux Syriens », a-t-il ajouté. C'est ainsi que le CICR a une fois de plus exhorté le gouvernement syrien et les rebelles à autoriser l'acheminement de l'aide humanitaire. « Nos collaborateurs ne sont toujours pas autorisés à se rendre dans les zones assiégées pour y acheminer des secours, en particulier du matériel médical faisant cruellement défaut », a dénoncé M. Barth.
Par ailleurs, dans la province de Homs, une voiture piégée a explosé près d'une école primaire à Oum al-Amad, tuant six élèves et deux employés, selon l'agence officielle SANA. L'OSDH a également rapporté un attentat à la voiture piégée à Oum al-Amad, présentée comme une localité chiite, faisant état de 12 morts, dont cinq enfants.
Damas « devrait fournir des explications »
En revanche, le Comité de coordination pour le changement national et démocratique, un parti d'opposition toléré, a annoncé la remise en liberté de Mounzer Khaddam, l'un de ses dirigeants brièvement arrêté à Tartous. Hassan Abdel Azim, chef de cette formation, a évoqué « des pressions russes et internationales qui ont été exercées pour la libération de Mounzer Khaddam », sans plus de précision. Les militants d'opposition ont dénoncé ces derniers temps une série d'arrestations, en pleines négociations sur la composition des délégations pour la conférence de paix sur la Syrie, prévue le 22 janvier en Suisse pour trouver une solution politique au conflit qui a fait plus de 126 000 morts, selon l'OSDH.
Pendant ce temps, à Londres, le corps d'Abbas Khan, un médecin britannique mort dans une prison syrienne dans des circonstances « suspectes », a été rapatrié hier au Royaume-Uni, où il doit être autopsié par un médecin légiste du ministère britannique de l'Intérieur, selon l'avocat de la famille, Nabeel Sheikh. Il s'agit notamment de déterminer si le corps présente ou non des signes de torture, a-t-il ajouté, sans pouvoir préciser quand les résultats de l'autopsie seront connus. Dans une lettre à la famille de la victime, le Premier ministre britannique David Cameron a estimé que Damas « devait fournir des explications » sur la mort « ignoble » du médecin Abbas Khan.
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dernier bilan de l'osdh....morts...87 enfants,30 femmes,30 rebelles...et les 153 autres morts? ils étaient quoi? arrêtez donc de vous ridiculiser.
14 h 49, le 23 décembre 2013