Mahmoud Kaabour entouré des protagonistes du film. Affiche du documentaire
Le geste était très symbolique. Le Festival de Dubaï a octroyé la permission au jeune réalisateur libanais installé depuis quelques années aux Émirats de présenter la première du film au pied de Bourj el-Khalifah, la plus haute tour de Dubaï. Plus de mille deux cents spectateurs (entre autres les ouvriers et bâtisseurs de cette tour, fiers d'êtres les stars d'un soir) se sont rassemblés pour assister sur grand écran et en plein air à la projection de Champ of the Camp. Des instants authentiques, chargés d'émotion et qui témoignent de la dure réalité de cette couche sociale.
Ceux qui sont loin de chez eux...
Ils ont construit ces tours. Maçons, peintres, maîtres verriers et ouvriers de chantier venus de l'Inde ou du Pakistan sont les vrais constructeurs de ces villes des Émirats. Loin de leur pays depuis des années, ils rentrent fatigués le soir après un dur labeur dans des maisons qui ressemblent à des camps... Pour ne dire que cela. Leurs conditions de travail sont horribles. Et pourtant ces hommes chantent avec joie la nostalgie du pays, l'amour et l'amitié. C'est pour leur rendre hommage que Mahmoud Kaabour, réalisateur libanais plusieurs fois couronné pour ses documentaires Teta alf Marra et Being Osama, a voulu faire l'éclairage sur ces êtres marginalisés. « J'ai longtemps travaillé aux Émirats et j'étais toujours curieux d'approcher ces personnes qui semblaient être mises au ban de la société, dit-il. Lorsque j'ai entendu parler de cette compétition qu'organisait la compagnie Western Union, une sorte d'X Factor auquel les ouvriers pouvaient s'inscrire (à condition bien sûr de savoir chanter) et qui leur permettaient de gagner un voyage dans leur pays ainsi qu'une somme d'argent, j'ai trouvé que c'était l'occasion de rentrer en contact avec eux. »
Plus de trois ans de travail entre scénario, montage, réalisation et production, une documentation très réaliste et une approche très humaine ont enfin donné la voix à ces hommes qui s'expriment tout au long du film en chansons tout en ramenant la mère patrie très lointaine chez eux.
Mahmoud Kaabour a fondé il ya quelques années une maison de production baptisée Veritas (seule maison de production qui met à l'honneur, dans cette partie du monde, le film documentaire). Dirigée par Eva Sayre « Veritas » évoque la vérité et c'est cette vérité que recherche le cinéaste à travers ses documentaires qui mettent en lumière des hommes ordinaires aux actes pourtant extraordinaires.
Ceux qui sont loin de chez eux...Ils ont construit ces tours. Maçons, peintres, maîtres verriers et ouvriers de chantier venus de l'Inde ou du Pakistan sont les vrais constructeurs de ces villes des Émirats. Loin de leur pays depuis des...


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