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Liban - Liban

À Tripoli, le 14 Mars dénonce d’une seule voix le « complot assadiste » contre la ville

Près de 200 personnalités politiques et de la société civile du 14 Mars ont proclamé, de Tripoli, leur attachement au vivre-ensemble et leur rejet de la violence qui ravage la ville, pointant du doigt la responsabilité du régime syrien.

Une partie des participants au congrès du 14 Mars à Tripoli, hier.

Quatre grandes pistes se dégagent de la réunion de solidarité avec Tripoli organisée hier par le secrétariat général du 14 Mars à l'hôtel Quality Inn, dans la capitale du Nord, en présence des principaux pôles politiques et de la société civile du mouvement. D'abord, réitérer, au cœur de la ville ravagée par 18 rounds de combats entre Bab el-Tebbané et Jabal Mohsen, la volonté des différentes composantes sociocommunautaires de la ville de vivre ensemble – comme l'atteste la présence énergique dans ce sens à la rencontre de voix civiles alaouites venues dénoncer elles aussi la violence faite à la cité, et l'insistance de toutes les voix sunnites à se réclamer de la « modération » et à condamner l'extrémisme des takfiristes. Ensuite, brandir cette volonté de vivre-ensemble comme la seule réponse qui ait du sens face au régime syrien et ses alliés, unanimement pointés du doigt par les participants comme ceux qui orchestrent aujourd'hui la destruction de la ville, dans l'extension du carnage et de la politique d'annihilation qu'il mène contre le peuple syrien depuis 2011.

Troisième piste, corollaire et sous-jacente à l'ensemble des discussions : la comparaison qui s'impose désormais entre ce qu'est devenu aujourd'hui le Nord en raison de la « machination Assad », à ce qu'était naguère le Sud du fait de l'occupation israélienne, en l'occurrence une région sinistrée et martyrisée. Mais la rencontre d'hier a également été l'occasion pour la société civile, notamment de Tripoli elle-même, de déplorer une fois de plus la lourdeur, sinon la léthargie dont souffre actuellement le mouvement du 14 Mars, en grande perte d'initiative à tous les niveaux depuis plusieurs mois, et qui reste en deçà des aspirations de son public.

 

Souhaid
Dans son allocution d'ouverture, le coordinateur général du 14 Mars, Farès Souhaid, a d'emblée stigmatisé « le complot fomenté par Assad et ses complices » contre la ville – une thématique reprise par la plupart des interventions hier, notamment par le député Marwan Hamadé, qui a mis l'accent sur le fait que « les Libanais feront face à la machination du régime visant à diviser la Syrie et le Liban ». Ou encore par l'ancien patron des FSI, le général Achraf Rifi, qui a retracé une à une les étapes du « complot » depuis l'envoi par Damas des combattants de Fateh el-Islam de Chaker el-Absi, sombre prémonition du rôle du régime dans la création des mouvements jihadistes aujourd'hui en Syrie. « La présence à cette réunion de musulmans et de chrétiens est en soi une réponse aux visées d'Assad visant à plonger la région dans le chaos », a ajouté M. Souhaid.
L'ensemble des forces politiques du 14 Mars représentées se sont exprimées au cours de la réunion, notamment les représentants des partis chrétiens (Forces libanaises, Kataëb, Parti national libéral, Mouvement de l'Indépendance de Michel Moawad, indépendants comme Boutros Harb, etc.), venus proclamer en force leur solidarité indéfectible avec les habitants de Tripoli face au « complot Assad ». Cependant, le cadre politique de la réunion a été tracé par l'allocution du chef du bloc du Futur, le député et ancien Premier ministre Fouad Siniora.

 

Siniora
Dans un réquisitoire contre le régime syrien, Fouad Siniora a mis l'accent sur « l'unité indestructible de Tripoli face aux complots et autres tentatives de semer la discorde sectaire ». « Celui qui œuvre pour encourager les habitants de Tripoli à s'entre-tuer, nous savons qui il est et quels sont ses objectifs, a souligné M. Siniora. Il est en train de mettre en œuvre le même complot à Damas, Alep, Homs, Hama et Lattaquié. Comment ne l'exporterait-il pas à Tripoli ? Mais ce complot ne passera pas, par la volonté des Libanais. Le vivre-ensemble à Tripoli et au Liban est profondément enraciné. »
« Ce que subit cette ville, surtout depuis que le peuple syrien a commencé sa révolution, est une atteinte directe et un complot pour frapper le Liban et y allumer le feu de la discorde. Car, à travers Tripoli, ils veulent embraser tout le Liban, et pousser les Libanais à s'entre-tuer, pour que le Liban devienne une fois de plus une arène. Ils veulent que les sunnites se retournent contre leur histoire, leur modération et leur ouverture et se transforment en extrémistes ou en ennemis de l'État libanais et de l'armée », a poursuivi M. Siniora. Et de noter : « À qui veut bien nous entendre, et de Tripoli, nous affirmons que les musulmans sunnites au Liban sont attachés à la modération, à la sagesse, à l'État, ainsi qu'à la loi et son application. Ils ne se laisseront pas entraîner vers les stratagèmes et les intentions du régime syrien visant à semer la discorde. Il faut, plus que jamais, rester attachés au pacte national fondé sur la convivialité, à la Constitution, au respect de la loi, ainsi qu'à la nécessité de mettre la modération face à l'extrémisme et le pardon face à la haine et aux appels à la vengeance. Il faut s'éloigner de l'intolérance, du sectarisme et de l'extrémisme. » « Ils veulent que le Liban perde sa stabilité et son État. Ils veulent que le citoyen libanais se soumette à eux et reconnaisse sa reddition. Mais nous savons tous que cela n'aura pas lieu. Le Liban est plus fort que leurs complots. Le Liban restera et eux sont en voie de disparition. (...) Tout comme le complot de Chaker el-Absi et de Fateh el-Islam a échoué face à votre alignement sur l'État, son armée et ses forces de sécurité, tout comme le complot Samaha-Mamlouk n'a pu faire exploser la situation et ouvrir la voie à des vagues d'extrémisme, les criminels qui ont fomenté le double attentat contre les deux mosquées échoueront. Les Libanais ont déjà triomphé une fois de la crise et refait leur paix civile et leur patrie ; cette fois encore ils viendront à bout du complot. La volonté de vivre des Libanais et des Tripolitains l'emportera », a ajouté Fouad Siniora.

 

Ferme condamnation des jihadistes
Le chef du bloc du Futur a une fois de plus rejeté l'extrémisme, qu'il provienne de chez certains chrétiens, certains chiites « animés par le waliy el-faqih » iranien, ou certains sunnites, « qui ont adopté le style takfiriste et violent ». « Nous condamnons les attaques contre les lieux sacrés musulmans et chrétiens, qui sont des actes criminels. De même, nous condamnons les atteintes contre Tripoli, notamment le double attentat contre les deux mosquées, qui sont aussi des actes criminels. Il faut sanctionner ceux qui ont planifié, mis à exécution et facilité ces attaques », a-t-il ajouté, condamnant également les attentats survenus dans la banlieue sud, la double attaque contre l'ambassade d'Iran et la destruction de tous les lieux sacrés en Syrie, chiites, sunnites ou chrétiens. « Ceux qui ont attaqué les églises et les monastères à Maaloula et ailleurs sont des criminels damnés. Vous qui vous proclamez de l'islam, où en êtes-vous de la morale de Omar Ibn el-Khattab ? Ceux qui ont enlevé les deux évêques et les nonnes sont des criminels maudits qui œuvrent pour le compte du régime meurtrier au pouvoir à Damas. » « Depuis que le peuple syrien s'est révolté, le régime et ses complices tentent de prétendre qu'il n'y a pas de révolution populaire en Syrie, que tout ce qui se produit est l'œuvre de gangs terroristes takfiristes. La vérité, c'est que le régime se cache derrière plusieurs de ces gangs. C'est lui qui en libérait les figures de proue, qui les soutenait et les envoyait commettre ces crimes contre les innocents. Ce qui se produit à Maaloula (...) sert le régime, ses théories et ses pratiques. C'est pourquoi nous estimons que le maintien en détention des deux évêques et des nonnes est un acte qui ne sert que les objectifs du régime. Ceux qui commettent ces actes sont des criminels qui servent les ennemis de la révolution et du peuple syrien. L'on ne peut traiter avec eux qu'en ces termes », a-t-il souligné.

 

Feuille de route politique
Fouad Siniora a enfin proclamé une véritable feuille de route politique : l'accord entre le G 5+1 et l'Iran doit être l'occasion pour Téhéran d'ouvrir une nouvelle page avec ses voisins arabes, notamment le Liban, sous le signe de la fin de ses ingérences et de l'exportation transfrontalière de la théorie et des préceptes du wilayet el-faqih ; les résolutions du dialogue national doivent être appliquées, notamment la déclaration de Baabda et le principe de neutralité du Liban ; le Hezbollah, « qui verse le sang des jeunes de la communauté chiite pour le compte d'un régime tyrannique et d'intérêts iraniens », est appelé à retirer ses troupes de Syrie ; un cabinet de transition formé de non-partisans doit être formé, et le Hezbollah doit mettre fin à son obstination et à son blocage et œuvrer afin de régler les questions en suspens, notamment celles de son arsenal illégal, qu'il doit placer sous le contrôle de l'État ; l'armée doit se déployer à la frontière nord, aidée par la Finul, en vertu de la 1701 ; le plan sécuritaire pour Tripoli doit être parachevé et strictement observé et appliqué par tous ; les divers mandats d'amener, notamment dans l'affaire du double attentat contre les moquées, doivent être respectés, etc.

 

Déclaration finale
À l'issue de la rencontre, une déclaration commune reprenant l'idée maîtresse du « complot » fomenté par le régime syrien contre la ville depuis l'affaire de Fateh el-Islam en 2007 jusqu'à présent a été publiée par les participants. Après un exposé historique des étapes de ce « complot », la déclaration réclame que justice soit faite dans l'affaire du double attentat contre les deux moquées et que tous les responsables de meurtres et d'agressions diverses soient arrêtés et sanctionnés. Elle appelle également à soutenir les efforts des forces de l'ordre et de l'armée visant à imposer la sécurité et à ramener la stabilité dans la ville, et invite la troupe et les agents de l'ordre à rétablir la sécurité sans excès de recours à la force et par le biais d'une justice globale et non sélective qui puisse apaiser les angoisses de partialité chez les différentes parties et qui ne considère pas que l'objectif est le rétablissement de la sécurité dans des contrées hostiles. La déclaration, qui prône des préparatifs pour une réconciliation nationale générale et plaide en faveur d'une aide sociale, médicale et financière rapide pour la ville, appelle enfin l'armée à se déployer à la frontière nord avec l'aide de la Finul en vertu de la 1701 pour contrôler les frontières sans exception.
Il convient de signaler qu'à l'issue de la conférence, une délégation du 14 Mars, conduite notamment par MM. Souhaid et Rifi, a allumé le sapin de Noël de la ville sous le signe de la convivialité, tandis que M. Siniora a été reçu par le mufti de la ville, cheikh Malek el-Chaar, qui a applaudi aux résolutions du congrès.

 

 

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Quatre grandes pistes se dégagent de la réunion de solidarité avec Tripoli organisée hier par le secrétariat général du 14 Mars à l'hôtel Quality Inn, dans la capitale du Nord, en présence des principaux pôles politiques et de la société civile du mouvement. D'abord, réitérer, au cœur de la ville ravagée par 18 rounds de combats entre Bab el-Tebbané et Jabal Mohsen, la volonté des différentes composantes sociocommunautaires de la ville de vivre ensemble – comme l'atteste la présence énergique dans ce sens à la rencontre de voix civiles alaouites venues dénoncer elles aussi la violence faite à la cité, et l'insistance de toutes les voix sunnites à se réclamer de la « modération » et à condamner l'extrémisme des takfiristes. Ensuite, brandir cette volonté de vivre-ensemble comme la seule réponse qui...
commentaires (3)

LES TRIPOLITAINS NE SE LAISSERONT POINT ENTRAINER ET NE LAISSERONT POINT PASSER LE COMPLOT OURDI CONTRE EUX ET EXÉCUTÉ PAR DES SUPPÔTS VENDUS... QU'ILS SOIENT DES TAKFIRIS OU DE LEURS ÉQUIVALENTS !

La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

19 h 27, le 16 décembre 2013

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Commentaires (3)

  • LES TRIPOLITAINS NE SE LAISSERONT POINT ENTRAINER ET NE LAISSERONT POINT PASSER LE COMPLOT OURDI CONTRE EUX ET EXÉCUTÉ PAR DES SUPPÔTS VENDUS... QU'ILS SOIENT DES TAKFIRIS OU DE LEURS ÉQUIVALENTS !

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    19 h 27, le 16 décembre 2013

  • Il paraît que l'on a juste peu de temps en gros, et autant faire vite, pour maudire au plus vite l’irrésistible jugement frivole et fanatique d’une certaine Vox Populi indigène et 8 Malsaine. Et si l’on avait à disserter à chaud sur cette indépassable et pathétique magistrature populaire de ces 8 Malsains, on n’aurait pas reculé devant l'imprécation ! Et si tout va encore bien, vu la situation dans la région…. On aurait donc à envisager comme probable en 014 tout comme en 09 un fort vote d'angoisse, pour ne pas dire de désespoir, devant les tragiques incertitudes de l'avenir de ce "croissant fertîîîle" ! Plus la grosse tranche des votes chauvinistes de l’extrême-f(r)ange "BossfàRrienne" assurément anti-arabo-sunnite de toujours, et dont les phobies ne pourraient que gangrener le scrutin car leur majorité estime qu'il y a trop de musulmans sunnites et d’arabes bien sûûûr dans leur Chère Petite Moutassarifïat éhhh "maronitique" ! Plus les votes anti-Batrak Sfééér, anti-Hakîîîm, anti-Druziztes, anti-canicule à prévoir, anti-étrangers et anti-presque tout quoi and etc. Sans compter évidemment, emblématique et caricatural, le vote anti-Réfugié palestino-syrien s’avançant à grands pas pour manger leur Inepte pain à fattoûûûch ; revêtu pour l'occasion d'un tee-shirt à l’effigie d’Obama serrant un cimeterre Saöûdo-qatari ou Turco-ottoman au choix ou vice-versa entre les dents. Le compte y est : Irrécusable !

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    16 h 00, le 16 décembre 2013

  • Il est bien de dénoncer ou condamner comme dans un folklore les agressions et la violence qui ravagent la ville de Tripoli mais comment trouver une solution et le pays est sans gouvernement depuis plus de huit mois .

    Sabbagha Antoine

    09 h 29, le 16 décembre 2013

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