Le directeur artistique du festival, Massoud Amralla al-Ali .
Il est le directeur artistique du Festival international du film de Dubaï, c'est-à-dire le pivot qui articule toute la programmation. Massoud Amralla al-Ali a fait part à L'OLJ de sa passion nommée cinéma qu'il traduit aujourd'hui par dix années de réussite.
Massoud Amralla al-Ali est avant tout un poète. Un poète de mots. De là à venir au septième art, à la poésie des images, il n'y avait qu'un pas. Comment qualifie-t-il cette dixième édition et le dixième anniversaire d'un festival ambitieux ? « Par la maturité et la compréhension, répond-il. Dans la première édition, la compétition pour le Muhr n'existait pas encore. Ce n'est qu'à la troisième année qu'elle est apparue. Puis a apparu le marché du film pour améliorer les scénarios et trouver des associés dans la production. Ensuite "Enjaaz" a été créée pour la postproduction et, finalement, le marché pour la distribution. »
« Chaque édition, poursuit Amralla al-Ali, est indépendante et ne constitue pas une continuité de la précédente, mais c'est le cumul de toutes les années qui composent une lignée, voire une vision de l'avenir. »
Le rôle du Festival international du film de Dubaï est comme celui d'une mère qui entoure son bébé et le voit grandir. « Aussitôt qu'un film voit le jour, explique le directeur artistique, le festival, s'il l'a sélectionné, se charge de lui assurer une visibilité afin qu'il ne meure pas. »
Alors, lui demande-t-on, comment se prépare la sélection et selon quels critères, tout en sachant que l'an dernier le DIFF était le seul à prendre le risque en programmant le film controversé (dans son propre pays) de Ziad Doueiri, The Attack ? « Lorsque l'on visionne un film, il faut essayer de voir s'il porte atteinte à l'identité ou à la culture du pays. Sinon, il sera regardé comme un travail artistique et doit être défendu comme tel. Il fallait donner une chance à The Attack et on n'a pas hésité à le faire. »
Massoud Amralla al-Ali aime sortir des sentiers battus, jauger les films expérimentaux, leur permettre d'avoir leur public. « Si ce n'est pas le festival qui doit le faire, alors qui le fera ? réplique-t-il. Ainsi, en panachant dans la même sélection les films dits d'auteur et d'autres plus commerciaux, ce sont ces derniers qui attireront le public et permettront par conséquent que les premiers soient vus et puissent respirer. » « Notre seul souci est, dit-il au risque de me répéter, la survie d'un film. »
Et quand on lui demande d'expliquer cette passion qui l'habite depuis des années, il répond sans hésitation : « Avez-vous un art aussi complet que celui du cinéma où des centaines de personnes sont assemblées dans une salle obscure et devant un mur pour voir projetés et transcendés tous leurs soucis, peines et joies ? » « Un enchantement et une magie », conclut-il en nous quittant, et on le devine allant vers d'autres missions et d'autres charges puisqu'aussitôt cette édition 2013 accomplie que celle de 2014 pointe du nez.
C. K.


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