« La décision d’élire un nouveau président échappe aux Libanais, il s’agit d’une décision internationale qui était attribuée dans le passé aux Syriens. »
Ce pensum puissant est du premier flic de la République, le ministre de l’Intérieur aux deux prénoms qui, il faut bien le reconnaître, aime à constater les évidences. D’où ce principe libanais tout aussi puissant : pourquoi se taper un boulot barbant, tant qu’il peut se trouver un ahuri toujours prêt à se faire barber à ta place ?
Chez nous, la sous-traitance traîne sa latte depuis la fin des années 70. C’était la belle époque du paradis syrien. Il avait fallu sous-traiter auprès des frérots pour faire la peau à Yasser Arafat et ses lavedus enkeffillotés. Puis tant qu’à faire, continuer à amortir les soldats voisins en les faisant cogner tantôt sur les chrétiens, tantôt sur les musulmans. Une série de dérouillées mémorables où, tour à tour, chacune des tribus libanaises en avait pris pour son grade.
Les Israéliens étaient venus entre-temps pour la même sous-traitance : embarquer ce vieux briscard de Arafat sur un rafiot, avec comme il se doit le V de la victoire. Mission accomplie, du balai ! Mais la facture était salée : une occupation de 22 ans du Liban-Sud. Patients comme Job, les Syriens donnaient le temps au temps, pendant que les Hébreux donnaient le temps aux tanks.
Par la suite, la sous-traitance est restée confinée au Liban-Sud où nos gouvernements successifs sous-traitent encore auprès de la Finul le grand ménage dans les villages qu’ils sont infoutus de torcher.
Aujourd’hui, changement de fortune. De sous-traitants, les Libanais passent à sous-traités : des chiites roulent pour le Chah persan Khamenei, via son porte-parole barbu local qui envoie ses sous-fifres jouer les chairs à canon en Syrie; et des sunnites se goinfrent de pétrodollars saoudiens et qataris pour financer des agités de la chemise de nuit, dont la libido est affolée par les bagnoles qui sautent et les vierges virtuelles qui se font sauter.
Bref, entre sous-traiteurs et sous-traités, les maltraités que nous sommes la bouclent et sont résignés.
Du barbant au barbu
OLJ / Par Gaby NASR, le 22 novembre 2013 à 00h00


DU BARBANT AU BARBU... ET DU BARBU AU BARBANT... NOUS BARBOTTONS DANS LES BOUES DES BARBOTTEURS !
09 h 08, le 23 novembre 2013