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À La Une - Liban

Tout le monde regarde Tripoli saigner et sombrer

Mortiers et mitrailleuses entrent en action, au rythme des « flambées nocturnes »...

La capitale du Liban-Nord est devenue une ville fantome. Naïm Assafiri.

Comme au temps des « lignes de démarcation » de Beyrouth, Tripoli vit depuis lundi au rythme des « flambées nocturnes » qui semblent de plus en plus violentes, à mesure que les jours passent, avec l’entrée en action de mitrailleuses semi-lourdes et de mortiers de gros calibre. La nuit d’hier s’annonçait aussi violente que celle de la veille, en particulier à Haret Berraniyé, et bien avant minuit, on annonçait que les affrontements avaient déjà fait des morts et des blessés. Parmi les tués, Abi Bakr Mikati.


Tout semble indiquer qu’on s’installe dans des affrontements « programmés », selon le mot du général Achraf Rifi, et liés sans aucun doute à la conjoncture régionale et à ce qui se passe en Syrie.
Les journées semblent plus calmes, mais les tireurs embusqués maintiennent les quartiers de Bab el-Tebbaneh et de Jabal Mohsen, ainsi que certains grands axes de circulation, dans leurs lignes de mire. Une pause dans les tirs a marqué hier le temps de la prière dans les mosquées. 

 

(Lire aussi: Rifi : Ce qui se passe est « une agression programmée » du régime syrien et du Hezbollah)


Le tableau ressemblerait à s’y méprendre à une reproduction de celui des « vieux souks » de Beyrouth, n’était l’armée qui s’efforce de s’interposer entre les belligérants, sur certains axes, et riposte par moments aux sources de tirs. Des fusées éclairantes sont tirées, la nuit, par l’armée, pour repérer les sources de tirs. Mais ses efforts restent en deçà de ce qui serait dissuasif, ou que souhaitent les civils pris au piège des combats et terrés dans les recoins de leurs maisons.  Tout laisse croire en fait que la troupe ne veut pas s’exposer outre mesure, voire perdre des hommes, dans des opérations qui, quoique dramatiques, relèvent, après tout, de la politique, si ce n’est du théâtre politique. 

 

L'armée déployée à l'entrée de Tripoli, au niveau du rond-point al-Nour. Joseph Eid / AFP

 

 

Au cours des combats de la nuit de jeudi à vendredi, un habitant de Bab el-Tebbaneh a été tué et dix autres ont été blessés, dont un officier et un soldat, alors que les balles ont atteint plusieurs quartiers du centre de la ville. La plupart des blessés sont atteints par des francs-tireurs. En outre, une femme de 22 ans, blessée par balles jeudi, a succombé vendredi à ses blessures, apprenait-on de source hospitalière. Des balles traçantes ont mis le feu à un magasin d’habillements de Bab el-Tebbaneh.


Des jeunes ont par ailleurs tiré hier soir sur un restaurant de la rue Azmi, le Bihati, dans le centre-ville
Dans la journée, les échanges de tirs s’étaient poursuivis, tandis que l’armée mettait en place des barricades destinées à isoler les deux quartiers l’un de l’autre.


Sur le plan judiciaire, conformément à des instructions convenues lors d’une réunion au palais présidentiel, le procureur général près le tribunal militaire, Sakr Sakr, a demandé que les noms des miliciens identifiés sur les lieux des affrontements lui soient communiqués, en vue de poursuites judiciaires.

 

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