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Délire détonant

Le nouveau concept popu de la semaine, ce sont les trois ou quatre bahuts bourrés d’explosifs qui, nous dit-on, bivouaquent en ville entre les trous de l’asphalte en attendant de sauter. Et s’ils n’ont pas encore été transformés en chaleur et lumière, c’est seulement parce que leurs conducteurs auraient un mal fou à garer leur bijou dans les venelles, entre les torchis de nos cités engorgées. Quel avenir pour le Liban, si même les terroristes doivent maintenant payer leur place de parking ?
À la bonne heure ! L’annonce de ces toupies piégées aura au moins permis à quelques ministres et hauts fonctionnaires de jouer les utilités en fanfaronnant devant les caméras leur disposition à rester aux aguets. Ce qui leur permet d’être les premiers à entonner le couplet de l’indignation après le feu d’artifice. Qu’il est dur parfois de justifier sa fiche de paie...
Autre nouveau concept : le kamikaze lui-même. Jadis, il allait s’emplâtrer dans un quartier populaire, un marché ou un bâtiment public. Aujourd’hui, il a fini par découvrir les délices de la télécommande ! Plus du tout certain de pouvoir culbuter les 77 vierges du paradis, qui auraient paraît-il posé 77 lapins à ses prédécesseurs, le jihadiste moderne protège désormais sa panse et ses appendices en babouchant en chemise de nuit au milieu de bobonne et des gamins. Il lui suffit de pianoter sur son téléphone mobile et le sinistre véhicule fait le boulot à sa place... Mais qu’est-ce que les islamistes ont donc contre les bagnoles ?
Bref, pour l’heure, on attend le pet mortel. Quel pays ! Même le cœur n’y est plus. Il fut un temps où la bombinothérapie assurait un minimum d’animation. Et encore ! Il se trouvait toujours un âne pour nous jurer que c’étaient les Hébreux ou les Syriens qui avaient fait le coup. Ce mépris pour la créativité locale est affligeant... Et ce ne sont pas les civils courageusement massacrés et les enfants vaillamment dépecés qui démentiront. Sale métier !
Conclusion pratique : les Libanais ont tout lieu d’être optimistes. Si les tacots piégés n’explosent pas, il ne sert à rien de s’inquiéter. Et s’ils explosent, alors s’inquiéter ne change rien.

gabynasr@lorientlejour.com
Le nouveau concept popu de la semaine, ce sont les trois ou quatre bahuts bourrés d’explosifs qui, nous dit-on, bivouaquent en ville entre les trous de l’asphalte en attendant de sauter. Et s’ils n’ont pas encore été transformés en chaleur et lumière, c’est seulement parce que leurs conducteurs auraient un mal fou à garer leur bijou dans les venelles, entre les torchis de nos cités engorgées. Quel avenir pour le Liban, si même les terroristes doivent maintenant payer leur place de parking ? À la bonne heure ! L’annonce de ces toupies piégées aura au moins permis à quelques ministres et hauts fonctionnaires de jouer les utilités en fanfaronnant devant les caméras leur disposition à rester aux aguets. Ce qui leur permet d’être les premiers à entonner le couplet de l’indignation après le feu d’artifice....
commentaires (4)

En effet les tacots piégés si ils vont exploser ou si ils n’explosent pas, il ne sert à rien de s’inquiéter car nous vivons depuis longtemps dans un pays ou les enquêtes ne mènent à rien . Antoine Sabbagha

Sabbagha Antoine

15 h 09, le 25 octobre 2013

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Commentaires (4)

  • En effet les tacots piégés si ils vont exploser ou si ils n’explosent pas, il ne sert à rien de s’inquiéter car nous vivons depuis longtemps dans un pays ou les enquêtes ne mènent à rien . Antoine Sabbagha

    Sabbagha Antoine

    15 h 09, le 25 octobre 2013

  • Tordant.

    Robert Malek

    11 h 31, le 25 octobre 2013

  • Ben ...je suis pessimiste ...c'est pas demain que nos kamikazes auront le prix dynamite Nobel...même à titre posthume...!

    M.V.

    08 h 47, le 25 octobre 2013

  • Avec tant de complications, les 77 vierges ont foutu le camp. Pauvre kamikaze !

    Halim Abou Chacra

    06 h 51, le 25 octobre 2013

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