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À La Une - Liban

Le groupe « Ramadan » de Jabal Mohsen serait l’auteur des attentats de Tripoli

Les détails de la phase préparatoire du double attentat contre des mosquées de Tripoli, survenu le 23 août dernier, commencent à être connus.

Cinq personnes menées par Hayan Ramadan, de Jabal Mohsen, sont impliquées dans le double attentat de Tripoli, survenu le 23 août dernier devant les mosquées d’as-Salam et al-Takwa, faisant plus de 50 morts et des centaines de blessés. C’est ce qui ressort de l’enquête menée dans ce cadre, selon des sources sécuritaires citées notamment par la LBCI. Au nombre des cinq suspects, Youssef Diab, 17 ans, également de Jabal Mohsen, dont l’arrestation vendredi dernier par les services de renseignements (SR) des Forces de sécurité (FSI) a causé une flambée de violence à Tripoli entre les habitants de Jabal Mohsen, bastion alaouite, et ceux, sunnites, de Bab el-Tebbaneh.


D’après ces sources sécuritaires, quelques jours avant le double attentat, trois hommes du groupuscule « Ramadan » se sont rendus discrètement en Syrie empruntant à cet effet la route de Akkar-Hermel à travers le village frontalier al-Qasr. Deux voitures piégées ont été confiées aux trois hommes qui sont retournés au Liban, empruntant le même itinéraire. Ils ont été aidés par Hassan Jaafar qui les a accompagnés jusqu’au barrage de Qobeyate, dans le Akkar. Jaafar a reconnu après son arrestation avoir aidé les deux hommes « sans toutefois connaître de la finalité de l’usage des voitures ».
De retour à Tripoli, le 21 août, les trois hommes, selon les mêmes sources, ont caché les voitures à Jabal Mohsen, où des réunions intensives ont eu lieu pour répartir les tâches. Le jour J, Youssef Diab a conduit une voiture et l’a garée devant la mosquée as-Salam tandis qu’ Ahmad Merhi garait la deuxième voiture devant la mosquée al-Takwa. Les sources sécuritaires ajoutent que Diab et Merhi étaient attendus par deux complices qui les ont conduits loin des lieux de l’attentat. Sur l’une des vidéos enregistrées par les caméras de surveillance, Youssef Diab apparaît sur une motocyclette, en compagnie d’un homme, peu de temps après avoir garé la voiture piégée.


Toujours selon ces sources, les services de renseignements des FSI ont arrêté Youssef Diab « au terme de deux semaines de filature », sachant que « les SR des FSI ont identifié tous les membres du groupuscule ». Les sources ont souligné que « Youssef Diab a démenti être impliqué dans l’attentat, affirmant qu’il était à Jabal Mohsen à l’heure de l’explosion, mais les enquêteurs lui ont montré la preuve irréfutable qu’il était sur les lieux de l’attentat , ce qui l’a poussé à tout avouer ».
Également selon les mêmes sources, les SR des FSI possèdent également des preuves sur l’implication du groupuscule « Ramadan ». Ils ont visionné plus de 350 vidéos enregistrées par des caméras de surveillance au Liban-Nord et se sont basés sur les données téléphoniques et d’autres indices.

 


Réactions à l’arrestation de Diab
L’arrestation de Youssef Diab a été saluée par la Rencontre nationale islamique qui s’est réunie hier soir au domicile du député Mohammad Kabbara. Dans un communiqué publié à l’issue de la réunion, la Rencontre nationale islamique a appelé le chef de l’État à « convoquer » l’ambassadeur de Syrie au Liban, Ali Abdel Karim Ali, et « à lui transmettre une lettre de protestation, en vue de l’expulser une fois que la justice se sera prononcée ». La Rencontre a également appelé le Premier ministre démissionnaire, Nagib Mikati, et les ministres de Tripoli à « transmettre le dossier du double attentat à la Cour de justice ».


De son côté, l’ancien député Misbah Ahdab a refusé de donner une dimension confessionnelle à la flambée sécuritaire survenue vendredi dernier à Tripoli, estimant que les arrestations ont visé des « traîtres », dont « la seule allégeance est à une partie étrangère au Liban ». Il a de même dénoncé le fait de « se cacher derrière la communauté alaouite pour justifier l’exécution de plans sécuritaires extérieurs ». Les alaouites « ne sont pas des instruments aux mains d’une milice ou d’un parti », a-t-il ajouté.


Le mufti de Tripoli et du Liban-Nord, cheikh Malek el-Chaar, l’ancien directeur des FSI, le général Achraf Rifi, et le coordinateur du courant du Futur à Tripoli, Moustapha Allouche, ont abondé dans le même sens estimant que « seuls les auteurs du crime en assument la responsabilité ».
L’arrestation de Youssef Diab a été condamnée par Ali Fidda, membre du bureau politique du Parti arabe démocratique, qui a estimé qu’il s’agit « d’une arrestation politique », confiant qu’il craignait « une peine de mort collective » pour Jabal Mohsen. D’où l’appel à l’apaisement lancé en soirée par le député Samir Jisr pour empêcher une déflagration sunnito-alaouite.Le chef du Parti arabe démocratrique, Ali Eid, donnera aujourd’hui lundi une conférence de presse à Jabal Mohsen pour s’exprimer sur ces développements graves.

 

 

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