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Liban - Conférence

« Bto2ta3 Aw Ma Bto2ta3 », une pièce qui n’a pas fini d’embarrasser la SG

Une suite à la pièce de Lucien Bourjeily a été annoncée hier, après qu’elle eut été interdite de représentation pour avoir critiqué la censure.

Diana Assaf, Lucien Bourjeily, et Léa Baroudi.

Après le passage à la NewTV du général Mounir Akiki, président du bureau de presse de la Sûreté générale, et au cours duquel il a estimé que l’ONG March qui se bat contre la censure a pour but de « toujours viser la SG », et que la pièce qu’elle a produite Bto2ta3 Aw Ma Bto2ta3 (Passera, passera pas ?) constitue un défi à la SG dont « elle se moque », March a tenu une conférence de presse pour répondre à ces accusations. D’autant plus que le général Akiki a affirmé, lors de l’entretien télévisé, qu’il a consulté quatre experts (anonymes) en arts dramatiques qui ont jugé la pièce, ont trouvé qu’« elle ne renferme que des hallucinations diffamatoires » et qu’« elle parodie une réalité inexistante qui n’est pas conforme à la véritable image de la SG ».
Léa Baroudi, coordinatrice générale de l’association, Lucien Bourjeily, écrivain et metteur en scène de la pièce, et Diane Assaf, avocate de l’ONG, ont tour à tour eu leur mot à dire concernant cette affaire, lors de la conférence de presse tenue hier à l’hôtel Le Gabriel. Léa Baroudi a sur ce plan expliqué que la réponse de la SG à March, qui produit cette pièce qui met en scène un écrivain confronté à la censure dans les bureaux des responsables, n’est venue qu’un mois et demi après la demande du permis de représentation. « La SG a affirmé que la pièce a été interdite car elle ne reflète pas la réalité, n’a aucune qualité artistique et qu’elle est contraire à la logique », a-t-elle ajouté, s’interrogeant « depuis quand une pièce de théâtre est obligée à retranscrire la réalité et depuis quand la mauvaise qualité d’un travail est un bon critère pour l’interdire ».
Pour sa part, M. Bourjeily a assuré que « la peur de la censure constitue une menace à la création artistique car elle pousse l’artiste à l’autocensure », dénonçant « la façon dont la Sûreté générale a défiguré l’image de l’écrivain à travers les médias ». Lucien Bourjeily a enfin annoncé qu’une suite à la pièce bannie, intitulée Bto2ta3 Aw Ma Bto2ta3 2 : la revanche, sera bientôt écrite et présentée à la SG. « La pièce retranscrira les obstacles à laquelle la première pièce a fait face et nous mettrons en valeur tous les discours tenus par des responsables de la SG dans cette affaire, s’ils veulent vraiment que nous soyons fidèles à la réalité », a-t-il ajouté, assurant vouloir « suivre le menteur jusqu’au pas de sa porte ».
Diane Assaf a de son côté affirmé que « March peut adresser un recours auprès du Conseil d’État contre la décision de la SG de bannir la pièce, car les arguments présentés ne sont point objectifs ». Il convient de noter enfin que l’ONG March n’a reçu jusque-là de la SG aucun document officiel concernant la censure de la pièce.
 

 

B. M.


Après le passage à la NewTV du général Mounir Akiki, président du bureau de presse de la Sûreté générale, et au cours duquel il a estimé que l’ONG March qui se bat contre la censure a pour but de « toujours viser la SG », et que la pièce qu’elle a produite Bto2ta3 Aw Ma Bto2ta3 (Passera, passera pas ?) constitue un défi à la SG dont « elle se moque », March a tenu une...

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