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À La Une - Diplomatie

Le Groupe d’appui international, un « agenda politique » en faveur de la déclaration de Baabda

Le coordinateur spécial des Nations unies pour le Liban, Derek Plumbly, a réuni quatre représentants des médias de la presse écrite pour mettre en valeur « la coopération à l’échelle des cinq grands », qui a abouti à la création du Groupe d’appui international au Liban.

Le coordinateur spécial des Nations unies pour le Liban, Derek Plumbly, s’entretenant avec les journalistes de quatre médias de la presse écrite au siège de l’Escwa à Beyrouth, hier. Photo Nasser Traboulsi

Le Groupe d’appui international au Liban (ISG) et sa réunion inaugurale qui s’est tenue à New York, le 25 septembre, sont la marque de l’engagement des grandes puissances en faveur de la stabilité du pays. Un engagement qui continue néanmoins de chercher les moyens d’élargir son action, aussi bien politique qu’humanitaire.
Face à la dynamique du vide qui définit la situation politique actuelle, les tiraillements sur la question de la distanciation et de la mise en œuvre de la déclaration de Baabda et le quasi-absentéisme de l’État dans la gestion du dossier des réfugiés, l’ONU tente de fournir un cadre susceptible de coordonner des solutions qui immunisent le pays.
Dans ce contexte, le coordinateur spécial des Nations unies pour le Liban, Derek Plumbly, a réuni les représentants de quatre médias de la presse écrite pour expliquer les perspectives d’action du Groupe international d’appui au Liban et surtout sur leur utilité.


Il précise d’abord que la réunion de septembre aura confirmé, comme « une évidence », que « le Liban porte un lourd fardeau », celui des multiples répercussions de la crise syrienne. Cette réunion aura surtout fait suite à la déclaration présidentielle du Conseil de sécurité le 10 juillet dernier, où est née l’idée du Groupe d’appui, accordant à ce dernier une double importance.
D’une part, elle consacre « la coordination internationale » dans ce sens et sa corrélation avec « les différents thèmes politiques qu’elle énumère (la souveraineté, la stabilité, la déclaration de Baabda mais aussi la formation du gouvernement) ; d’autre part, et c’est cela l’importance principale de cette déclaration du Conseil de sécurité, elle reconnaît la valeur de cet appui à l’échelle du Conseil de sécurité », précise Derek Plumbly.

 


Plate-forme d’appui aux institutions
Il s’en dégage les deux objectifs de ce Groupe d’appui, « initié par le secrétaire général de l’ONU ». « Le premier objectif est de fournir une plate-forme d’appui, un signal de l’engagement de la communauté internationale en faveur de l’édification des institutions, à l’heure où leur érosion graduelle se produit à cause de la difficulté à former un gouvernement. »
Ce but, préconisé par le secrétaire général de l’ONU, rejoint les demandes du président de la République Michel Sleiman et des « constantes nationales » contenues dans la déclaration de Baabda.
« Le Groupe en soi a un agenda politique », insiste le diplomate, précisant que la déclaration présidentielle adoptée par le Conseil de sécurité n’est point ponctuelle. « Elle est un document vivant, pouvant servir de référence régulière » dans le processus de renforcement des institutions et de relance du dialogue.

 


Le suivi des ambassadeurs des Cinq
Afin de suivre de près la situation, le Groupe d’appui international est relayé par un comité de travail au Liban, formé par les ambassadeurs des membres du groupe, à savoir les cinq États membres permanents du Conseil de sécurité ; l’Union européenne et la Ligue arabe. La première réunion de ce comité d’ambassadeurs, qui s’est tenue lundi, aura confirmé « la puissante solidarité » avec le Liban. Elle doit être suivie de plusieurs réunions similaires et soutenues, alternées de rencontres à New York.
Les prochaines réunions devront inclure les acteurs libanais, dans le but de faire le point sur les aboutissements de la réunion du 25 septembre et surtout d’examiner « ce qui peut être effectué ou exprimé, aussi bien à l’échelle individuelle ou collective, pour faire avancer les dossiers ».

 


La priorité à un nouveau gouvernement
Derek Plumbly a accordé hier la priorité au dossier ministériel, déplorant plus d’une fois les répercussions de l’absence de gouvernement. Rappelant l’appui aux efforts du président de la République, il a affirmé que « l’objectif de ce comité d’ambassadeurs est de suivre les affaires politiques et de garder l’œil sur les dossiers bénéficiant d’une aide internationale ».
Insistant une nouvelle fois sur « l’appui obtenu à grande échelle pour cet agenda politique », il a exprimé la détermination de coopérer avec le chef de l’État mais aussi avec les différentes parties. « Le comité d’ambassadeurs parviendra à transmettre des messages individuels ou collectifs, sachant que certains de ses membres bénéficient d’une écoute attentive de la part de certaines parties ». Néanmoins, « il reste un groupe limité, non un forum où les montants alloués à l’État, à l’armée ou aux réfugiés seront discutés. Les donations et leur répartition obéiront à des mécanismes qui seront définis dans un autre cadre », a-t-il précisé.

 


Assistance matérielle
Le second but du Groupe d’appui serait d’« encourager et de promouvoir les différentes formes d’assistance », à savoir le soutien à l’armée ; l’aide aux réfugiés syriens et aux familles d’accueil ; mais aussi l’aide financière au gouvernement.
Si le soutien de l’armée, dans un souci d’optimiser la sécurité aux frontières, où la Finul est déployée, a toujours été une constante de l’ONU, l’aide financière au gouvernement, sur fond de crise de réfugiés, a fait l’objet d’une coopération toute récente du gouvernement avec les agences onusiennes et la Banque mondiale, qui ont élaboré, il y a deux mois, à la veille de la réunion du 25 septembre, un plan d’évaluation des deux années 2012-2014.
Le suivi de ce rapport s’effectue actuellement d’une manière très active. « Vous pouvez observer des allers-retours continus, des réunions ici et ailleurs » pour mettre en œuvre les objectifs du groupe, relève Derek Plumbly. Il annonce en outre qu’une réunion se tiendra samedi prochain à Washington, à l’initiative de la Banque mondiale, en présence de représentants libanais et onusiens, pour définir les mécanismes de mise en œuvre de la réunion du 25 septembre.

Genève, une déception ?
Pourtant, la première échéance ayant suivi la réunion du Groupe d’appui à New York, à savoir les travaux de la 67e session du comité exécutif du HCR à Genève, a été quelque peu décevante pour le Liban. En effet, aucun des cinq États membres permanents n’a proposé de recueillir une part des réfugiés présents au Liban, en Irak, en Jordanie et en Turquie. Sur les 138 États représentés, seuls 17 ont exprimé leur volonté d’accueillir une partie (relativement minime) de réfugiés. Interrogé sur ce point par L’Orient-Le Jour, Derek Plumbly a recadré la réunion de Genève, « dont l’importance se situe essentiellement dans l’évaluation détaillée des besoins et l’ouverture de portes pour y subvenir ». « Si cette ouverture reste petite, il est important de la mettre en valeur. » « La réunion de Genève n’est pas comparable à celle du Koweït. Elle s’inscrit uniquement dans le prolongement de la réunion de New York, qui a donné un élan dans ce sens », a-t-il ajouté, laissant entendre que les aboutissements se feront ressentir progressivement, « tant la situation est complexe ».

Le Groupe d’appui international au Liban (ISG) et sa réunion inaugurale qui s’est tenue à New York, le 25 septembre, sont la marque de l’engagement des grandes puissances en faveur de la stabilité du pays. Un engagement qui continue néanmoins de chercher les moyens d’élargir son action, aussi bien politique qu’humanitaire.Face à la dynamique du vide qui définit la situation politique actuelle, les tiraillements sur la question de la distanciation et de la mise en œuvre de la déclaration de Baabda et le quasi-absentéisme de l’État dans la gestion du dossier des réfugiés, l’ONU tente de fournir un cadre susceptible de coordonner des solutions qui immunisent le pays.Dans ce contexte, le coordinateur spécial des Nations unies pour le Liban, Derek Plumbly, a réuni les représentants de quatre médias de la presse...
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