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À La Une - Reportage

Gooood morning Aleppo !

Ici Radio "Brise de Syrie"...

Waël Adel, fondateur de la radio Brise de Syrie. Photo AFP

« Gooood morning Vietnam ! » lance Waël Adel devant son micro. Ce Syrien épris du mythique film américain veut que sa radio Brise de Syrie (Nasaem Souria) soit un trait d’union entre les habitants d’Alep, qu’ils résident dans les quartiers pro ou antirégime.


« Depuis que j’ai vu le film, j’ai toujours voulu répéter cette phrase », plaisante ce jeune homme de 30 ans, dans un studio aux murs insonorisés avec des boîtes d’œufs en carton. Il prépare ses papiers, avant de commencer à enregistrer : faute de moyens, les journalistes-citoyens d’Alep, ville dévastée par plus d’un an de combats, ne peuvent pas émettre en direct. Ils doivent enregistrer leur programme qui sera diffusé par leurs collègues en Turquie, proche de la frontière syrienne.


Malgré son équipement de base, Brise de Syrie, née début 2013 et comptant six collaborateurs à Alep et six autres en Turquie, émet 24 heures sur 24 et sept jours sur sept. Il y a neuf mois, Waël, qui a obtenu une licence en philologie arabe de l’université d’Alep, a ressenti la nécessité de créer cette radio. « À Alep, il n’y avait ni électricité ni télévision et les gens ne savaient pas ce qui se passait chez eux ou dans le reste du pays », dit-il. La radio apporte aussi un soutien moral à la population, assure fièrement Waël.

 

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Durant le premier mois, la radio était disponible uniquement via Internet mais progressivement deux antennes ont été installées à Alep et une autre à Raqqa. Avec plus de 26 400 « Like » sur Facebook, la radio s’est fait connaître grâce aux réseaux sociaux. Waël, son « directeur », explique également avoir peint le logo de la radio à travers la ville pour que les gens le reconnaissent. « J’ai des amis qui vivent dans la partie contrôlée par le régime et qui nous écoutent tous les jours », s’enorgueillit-il. « Les chauffeurs de taxi sont les meilleurs auditeurs, car ils gardent la radio allumée toute la journée », ajoute-t-il encore.

 « Rire n’est pas facile »
Les premiers mois furent néanmoins difficiles. « À cause des fréquentes coupures d’électricité, on ne pouvait pas envoyer nos reportages en Turquie », affirme Baher, un collaborateur de 22 ans. Mais aujourd’hui, la radio émet trois programmes hebdomadaires : un sur les problèmes de la vie quotidienne dans la ville et un second sur la santé, avec un médecin. « Comme il n’y a plus de lignes de téléphones à Alep, personne ne peut appeler pour poser des questions, alors on demande à l’avance aux gens dans la rue de poser des questions et on y répond en studio. »
C’est le troisième programme qui remporte le plus de succès, avec deux acteurs qui se moquent des soucis quotidiens à Alep. « Les gens adorent, car en ces temps de guerre, rire n’est pas facile », dit Baher.
Abou Hassan, un collaborateur de Brise de Syrie, raconte les difficultés du métier. « Les gens ont souvent peur de nous parler, car ils pensent que s’ils se déplacent dans des quartiers contrôlés par le régime, on pourra reconnaître leur voix et les mettre en prison. Comme si le régime n’avait d’autre chose à faire que d’écouter la radio », soutient cet étudiant en journalisme. De leur côté, les rebelles de l’ASL « nous ont menacés de prison la semaine passée parce qu’on faisait du micro-trottoir. Ils nous accusaient d’être des espions du régime », dit Abou Hassan.
Malgré tous ces obstacles, Waël ne vit que pour sa radio et ses ambitions sont sans limites. « Un jour, j’aimerais créer une télévision », conclut-il sur une note optimiste.

 

 

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