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À La Une - Transition

Egypte : nouvel avertissement de la police aux manifestants islamistes

Marche "symbolique" un mois après la dispersion sanglante des pro-Morsi.

Des partisanes du président déchu Mohamed Morsi lors d'une manifestation samedi près de la place Rabaa al-Adawiya, au Caire, où l'un des campements pro-Morsi avait été violemment démantelé un mois plus tôt. REUTERS/Amr Abdallah Dalsh

Le ministère égyptien de l'Intérieur a lancé samedi un nouvel avertissement aux manifestants islamistes, prévenant que la police interviendrait s'ils tentaient de bloquer les routes et d'entraver la circulation.
Cette mise en garde survient au lendemain de manifestations auxquelles ont participé plusieurs milliers de personnes au Caire contre la destitution et l'arrestation le 3 juillet par l'armée de Mohamed Morsi, premier président du pays élu démocratiquement.


Le ministère accuse dans un communiqué les manifestants de commettre "de nombreux crimes", et cite le blocage de la circulation, "l'enlèvement de journalistes et la confiscation de leur équipement". Il affirme qu'il "fera face d'une manière décisive" à ces pratiques et à toute "menace à la sécurité des citoyens", selon le texte.


Le 14 août, les forces de sécurité avaient brutalement démantelé des campements de pro-Morsi au Caire faisant des centaines de morts, en grande majorité des manifestants. Des heurts meurtriers ont suivi pendant plusieurs jours entre des pro-Morsi et policiers lors de manifestations réclamant le retour du président islamiste. Plusieurs attaques ont visé aussi l'armée et la police faisant des victimes dans leurs rangs.

Face à ces violences, le gouvernement a prolongé jeudi de deux mois l'état d'urgence dans le pays, où un couvre-feu nocturne est imposé dans 14 des 27 provinces, de 21h00 GMT à 04h00 GMT tous les soirs à l'exception du vendredi.


Les nouvelles autorités installées par les militaires ont en outre mené une vague sans précédent d'arrestations parmi les membres des Frères musulmans, la confrérie de M. Morsi. La quasi-totalité des dirigeants du mouvement ont été arrêtés et sont sous le coup de procès pour meurtre ou incitation au meurtre.


Les islamistes, même s'ils ne parviennent pas à mobiliser comme auparavant, ont continué d'appeler à manifester tous les vendredis en affirmant que leurs marches sont pacifiques. Samedi, environ 200 personnes ont tenu une marche "symbolique" au Caire près de la place Rabaa al-Adawiya où l'un des campements pro-Morsi avait été violemment démantelé un mois plus tôt.

 

"Nous tenons une marche symbolique pour montrer qu'un mois après le massacre de Rabaa nous n'avons pas abandonné notre mouvement. Il va se poursuivre", a expliqué à l'AFP Ahmed Chamseddine, un médecin, parmi les manifestants. La marche a tenté de se diriger vers Rabaa, mais a été dispersée avant d'atteindre la place.

 

Par ailleurs, un tribunal du Caire a convoqué samedi plusieurs hauts responsables pour témoigner à partir du 19 octobre, lors de prochaines audiences du procès en appel de l'ancien président Hosni Moubarak pour "complicité de meurtres" de manifestants lors de la révolte qui l'a renversé en 2011 et durant laquelle 850 manifestants avaient péri.

 

Samedi, lors de la septième audience en appel, M. Moubarak, qui encourt la peine de mort, est apparu dans le box grillagé des accusés assis dans un fauteuil roulant, lunettes fumées sur le nez. Il comparaît aux côtés de ses deux fils, poursuivis avec lui pour "corruption", de son ministre de l'Intérieur Habib el-Adli et de six responsables de son régime.

Le "raïs" déchu, âgé de 85 ans et à la santé vacillante, a été placé en liberté conditionnelle dans les quatre affaires pour lesquelles il est poursuivi, dont ces meurtres et des cas de corruption. Il a donc quitté sa prison le 22 août pour être assigné dans un hôpital militaire du Caire.

 

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Le ministère accuse dans un communiqué les manifestants de commettre "de nombreux crimes", et cite le blocage de la circulation, "l'enlèvement de journalistes et la confiscation de leur équipement". Il affirme qu'il "fera face d'une manière décisive" à ces pratiques et à toute "menace à la sécurité des citoyens", selon le texte.
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