Plus d’un quart des réfugiés syriens au Liban ne recevront plus d’aide alimentaire à partir d’octobre en raison du manque de fonds, a annoncé le Haut-Commissariat de l’ONU aux réfugiés (HCR).
L’ONU va « réduire son assistance » aux Syriens réfugiés au Liban. L’information est tombée il y a deux jours, comme un couperet, de la bouche même de la porte-parole du HCR, Roberta Russo. L’institution onusienne, qui avoue « manquer de financement », fournira plutôt « une assistance ciblée ». L’annonce est laconique, sans appel. Sur 720 000 personnes enregistrées auprès du HCR, 200 000 ne recevront plus d’assistance. Soit plus du quart. L’ONU estime, bien entendu, que « ces personnes peuvent survivre sans assistance ».
Il est évident qu’ils peuvent survivre sans assistance, les réfugiés syriens du Liban. En mangeant du blé concassé matin, midi et soir. En buvant une eau non potable, mélangée aux eaux usées. En ne se lavant qu’une fois tous les quinze jours, le plus sommairement du monde. En vivant dans des abris de fortune, été comme hiver. En laissant leurs enfants grandir comme de mauvaises herbes, sans hygiène, sans soins médicaux, sans éducation, sans vêtements, sans loisirs, sans rien...
Pour le pays du Cèdre, qui héberge le plus grand nombre de réfugiés syriens, plus d’un million de personnes, cette décision n’est pas seulement aberrante. Elle est tout bonnement catastrophique, pour ne pas dire inhumaine.
Car sur le terrain, la réalité est consternante, en dépit des aides de l’ONU, conjuguées à celles de dizaines d’associations qui ne savent plus où donner de la tête. Sans parler des initiatives étatiques, éxécutées avec les moyens du bord, dont celle d’ouvrir les écoles publiques à tous les enfants syriens sans exception. Initiative louable, certes, mais qui ne permet de scolariser qu’une infime partie des petits réfugiés, vu les tarifs exorbitants des transports scolaires ou même du moindre taxi-service. Des dépenses bien trop importantes pour un père de famille sans revenu.
(Lire aussi: Amos s’active « ardemment » pour l’aide internationale aux réfugiés syriens du Liban)
Ce qu’il craint par-dessus tout, le tout petit pays du Cèdre, c’est de se voir abandonné par des pays donateurs de moins en moins donateurs. Avec un nombre astronomique de réfugiés, en augmentation quotidienne, vu la crise syrienne qui n’en finit pas de s’aggraver. Obligé de se débattre tout seul dans un problème qui le dépasse et qui risque de l’engloutir à long terme. Avec son lot de misère et de privations, d’insécurité et de violence, de divisions politiques et de haines.
Une réalité qui encourage les vols à l’arraché, la mendicité infantile, la prostitution et même les mariages forcés des mineures. Et qui ouvre la porte à la grande délinquance, aux règlements de comptes, enlèvements et autres dérives sécuritaires.
Sans parler des répercussions palpables sur les travailleurs libanais, de l’afflux massif d’une main-d’œuvre bon marché, prête à tout accepter pour se nourrir. La loi de l’offre et de la demande aidant, nombre de Libanais se retrouvent au chômage, réduits à se faire embaucher ailleurs, pour des salaires de plus en plus bas.
La stabilité du pays ne tient plus qu’à un fil. Il risque fort de se rompre si la question des réfugiés syriens n’est pas traitée avec plus de sérieux. À l’échelle internationale.
Lire aussi
Réfugiés syriens, « la grande tragédie de ce siècle ! »
Liban : Le flot de réfugiés syriens grossit dangereusement avec la proximité des frappes...
« L’on ne peut pas blâmer les réfugiés syriens de tenter de subsister »
Fin 2013, une personne sur quatre vivant au Liban sera un réfugié syrien
54 % des Libanais ne veulent plus de réfugiés syriens
Il est évident qu’ils peuvent survivre sans assistance, les réfugiés syriens du Liban. En mangeant du blé concassé matin, midi et soir. En buvant une eau non potable, mélangée aux eaux usées. En ne se lavant qu’une fois tous les quinze jours, le plus sommairement du...

