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À La Une - Conflit Territorial

Un navire de guerre britannique arrive à Gibraltar sur fond de tensions

L’UE met en garde contre des mesures « illégales » par Madrid et annonce l’envoi d’une commisssion d’enquête.

Le HMS Westminster arrivant au large de Gibraltar, sur fond de tensions entre Londres et Madrid, qui en revendique la souveraineté. Marcos Moreno/AFP

Un navire de guerre britannique est arrivé hier au port de Gibraltar accompagné de deux autres bateaux, tandis que, brandissant des drapeaux britanniques, une poignée de curieux observaient depuis la rive. « C’est une manœuvre de routine, mais elle n’aurait pas pu tomber à un meilleur moment », se réjouissait un habitant de Gibraltar, Tony Evans. HMS Westminster était parti le 13 août d’Angleterre pour participer – avec neuf autres vaisseaux britanniques dont quatre bâtiments de guerre – à des manœuvres militaires en Méditerranée et dans le Golfe baptisées « Cougar’ 13 ». L’Espagne comme la Grande-Bretagne ont rappelé à plusieurs reprises que l’arrivée des navires n’était pas liée à leur dispute autour du récif artificiel.


Prévue de longue date, l’arrivée du navire de guerre HMS Westminster était très attendue car elle survient après plusieurs semaines de tensions diplomatiques entre l’Espagne et la Grande-Bretagne, déclenchées par la décision prise par l’enclave fin juillet de couler 70 blocs de béton pour construire un récif. Durement frappés par la crise économique, les pêcheurs espagnols de la zone accusent Gibraltar, qui n’a pas de flotte de pêche commerciale, de les priver d’accès avec ce récif à l’un de leurs meilleurs viviers. L’enclave s’en défend, affirmant que les blocs permettront aux bancs de poissons de se régénérer. Elle refuse catégoriquement de les retirer, comme le lui réclament les pêcheurs, et affirme que la zone « n’était (auparavant) fréquentée que par un bateau » espagnol.


Dans ce contexte, le président de la Commission européenne José Manuel Barroso a insisté hier pour que Madrid et Londres dialoguent et respectent le droit européen dans leur différend concernant l’enclave. Après s’être entretenu vendredi avec le Premier ministre britannique David Cameron, M. Barroso a appelé hier le chef du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy, qui a dénoncé l’attitude « inacceptable » des autorités de Gibraltar, selon un communiqué du gouvernement espagnol. MM. Rajoy et Barroso sont convenus d’envoyer « aussi vite que possible » sur le terrain une mission d’experts de l’UE pour évaluer la situation, a aussi indiqué la Commission. Cette mission devrait se rendre en Espagne et à Gibraltar « courant septembre », a précisé un porte-parole de la Commission, Olivier Bailly. Concernant le récif artificiel mis en place par les autorités de Gibraltar et contesté par les pêcheurs espagnols, la Commission est prête à examiner s’il est conforme aux lois européennes sur la protection de l’environnement, a-t-il ajouté.


La Commission a également rappelé que l’instauration d’une taxe pour franchir la frontière entre l’Espagne et Gibraltar serait « illégale (...) au titre du droit communautaire », selon le porte-parole Olivier Bailly. Le porte-parole était interrogé à propos d’une idée avancée par le ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Garcia Margallo, d’instaurer un péage de 50 euros à la frontière du territoire britannique de Gibraltar. Cédé en 1713 à la Grande-
Bretagne, Gibraltar, un territoire de sept kilomètres carrés peuplé de 30 000 habitants situé dans le sud de la péninsule Ibérique, est au centre de tensions récurrentes entre Londres et Madrid, qui en revendique la souveraineté. Gibraltar a accusé Madrid d’avoir multiplié les contrôles à la frontière après l’annonce de la construction du récif, ce qui a provoqué de longues files d’attente. Le gouvernement espagnol affirme qu’ils sont obligatoires puisque Gibraltar, comme le Royaume-Uni, n’est pas membre de l’espace Schengen, et nécessaires pour lutter contre la contrebande, notamment de tabac.

 

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