Les « aedes aegypti » sont les moustiques vecteurs des virus de la dengue et les principaux transmetteurs de la fièvre jaune. Photo tirée du site thescienceforum.org
Une équipe de chercheurs de l’Institut Pasteur et du CNRS en France, ainsi que du centre de recherche militaire thaïlando-américain Afrims, s’est intéressée aux facteurs génétiques gouvernant la transmission par le moustique des virus de la dengue.
On compte en effet quatre grands types (des « sérotypes ») de virus pour cette maladie aussi appelée « grippe tropicale » et « fièvre rouge » qui provoque fièvre, maux de tête, douleurs musculaires-articulaires et des éruptions cutanées. En forte progression à travers le monde, la dengue est devenue endémique dans plus de cent pays et émergente dans de nouvelles zones, avec des premiers cas autochtones en Europe continentale, notamment en France et en Croatie.
Plusieurs équipes dans le monde travaillent actuellement aux interactions entre les virus de la dengue et les moustiques vecteurs, les « aedes aegypti », qui sont aussi les principaux transmetteurs de la fièvre jaune. L’espoir est de pouvoir un jour sélectionner des moustiques résistants à ces virus ou du moins incapables de les transmettre à l’homme afin de rompre le cycle de la maladie.
L’équipe franco-thaïlando-américaine a travaillé sur des moustiques sauvages collectés en Thaïlande pour effectuer un recensement des facteurs génétiques qui, chez cet insecte, conditionnent la transmission du virus à l’homme. Les chercheurs ont découvert qu’une « série de facteurs génétiques » rendaient les moustiques plus ou moins aptes à transmettre les virus de la dengue et que ces facteurs étaient présents dans la population naturelle des insectes, expliquent dans un communiqué commun le CNRS et l’Institut Pasteur.
L’analyse de ces facteurs génétiques se complexifie avec la présence de plusieurs souches de virus de la dengue. Les chercheurs notent ainsi que chez un même moustique, « un facteur de résistance contre une souche de virus peut se changer en facteur de sensibilité envers une autre souche ».
« L’efficacité de la transmission du virus de la dengue par l’aedes aegypti est tributaire de couplages spécifiques entre moustiques et souches de virus », expliquent les chercheurs.
La transmissibilité du virus de la dengue est le « fruit d’une interaction complexe entre les facteurs génétiques » des moustiques et des virus, indiquent-ils. La meilleure connaissance de ces relations de couple pourrait permettre la mise au point de « stratégies » pour empêcher que les virus ne se développent chez les moustiques transmetteurs.
Pour l’instant, il n’existe aucun traitement spécifique contre cette maladie ni aucun vaccin sur le marché. Mais des essais sont en cours.
(Source : AFP)


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