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Culture

Macam, ou l’art de transformer des usines en espace muséal...

Initiative Un musée d’art moderne et contemporain (Macam) a ouvert ses portes à Alita, dans la région de Jbeil*, à l’initiative – privée comme toujours ! – d’un passionné d’art.
01/08/2013

Deux anciennes usines de craies, crayons, ardoises et sacs en papier craft lovées en pleine nature, à 37 km de Beyrouth, reconverties en un espace muséal dédié à l’art moderne et contemporain libanais. L’initiative est signée César Nammour.


Cet historien d’art, auteur et éditeur de nombreux ouvrages consacrés aux artistes du pays du Cèdre, connaît parfaitement la production picturale et sculpturale libanaise pour en avoir suivi l’évolution depuis 1959 à nos jours.
Estimant, à juste titre, qu’il manquait cruellement au Liban une plateforme donnant une vue d’ensemble des différents courants et styles qui composent l’art moderne et contemporain national, et à défaut de toute velléité d’initiative publique en ce sens, il a décidé d’en instaurer une lui-même.
Il commence donc par fonder (avec sa grande complice Gabriela Schaub) une association à but non lucratif exclusivement vouée à l’art contemporain libanais, avant de réaménager les ateliers d’une vaste usine à Alita, dans la région de Jbeil, en espaces d’expositions.


Pourquoi Alita? «Parce qu’un vaste terrain a été offert à l’association, dit-il. Une superficie de 10000 m² incluant deux corps de bâtiments industriels des années 70 désaffectés, d’une surface d’environ 4000 m², assez larges et hauts sous plafonds pour accueillir de très grandes œuvres et
installations.»


À l’instar de la totémique Forêt de Nabil Hélou sur le thème des pluies acides, occupant un vaste coin de l’une des usines, ou encore des installations aux thématiques inspirées de l’actualité libanaise – ainsi pérennisées – de Nada Sehnaoui et de Mario Saba. Chez ce dernier (disparu il y a quelques années), trois grandes pièces composées d’un enchevêtrement chaotique d’éléments divers donnent lieu à une interprétation globalisée de son œuvre. Tant ces pièces semblent évoquer l’évolution d’un monde patrimonial et traditionnel (une installation faite de reliquats de maisons anciennes: volets de bois, lattes, poutres et balustrades en fer forgé amoncelés comme dans une décharge) vers une société dominée par une frénésie embrouillée de communications et de technologies !

 

 

Macam vue de l'extérieur.

 


Un projet en développement
Inauguré le 29 juin dernier, ce musée n’héberge pour l’instant que des sculptures et des céramiques. 400 pièces d’une soixantaine d’artistes, réparties sur 5 sections selon les matériaux utilisés (pierre, bois, métal, céramique et installation) et offrant un panorama sélectif de l’art sculptural libanais depuis Youssef Howayek, Salwa Raouda Choucair et les Basbous jusqu’à la génération des Rudy Rahmé, Samar Mogarbel, Charles Khoury, Ziad Abillama, en passant par Zaven, Amine el-Bacha ou encore Naïm Doumit, pour n’en citer que quelques-uns...


«Par ailleurs, bien que le Liban compte plus d’une centaine de sculpteurs en activité, peu d’expositions leur sont consacrées chaque saison. Cela est dû essentiellement au manque de vastes espaces disponibles. C’est pourquoi Macam vise également à mettre à leur disposition sa plateforme pour des expositions périodiques», soutient l’initiateur du projet. Lequel ne compte pas s’en tenir là et développe plusieurs projets d’aménagements et d’extensions à d’autres disciplines artistiques. Dont la peinture, évidemment. «Les œuvres sont là, mais il nous faut encore réunir des fonds pour entamer cette deuxième étape de l’aménagement des lieux, les toiles et tableaux requérant un éclairage adapté et une climatisation plus élaborée afin de les conserver dans les meilleures conditions de préservation», signale encore César Nammour. Qui met, justement, beaucoup de sa poche et de son énergie pour en assurer le fonctionnement. Ainsi, parallèlement à l’organisation d’expositions permanentes et temporaires, le maître de céans a aménagé un coin librairie d’art et compte lancer des événements artistiques, construire des ateliers d’artistes et donner à ce musée niché dans un coin verdoyant tout un essor de vie articulée autour de l’art.

 

Une installation signée Nada Sehnaoui et qui par son exposition au Macam devient pérenne.

 


Dans cet esprit, le musée d’Alita accueille déjà les maquettes et projets des étudiants en architecture de 5 universités (UL, AUB, ALBA, Kaslik et LAU) qui ont participé à la compétition «To Transform the Factory into a Museum», lancée à l’occasion de son ouverture.


Sur l’ensemble des projets présentés, un seul sera retenu pour réaménager, en la dotant d’équipements modernes, la première des deux usines. Quant à la seconde, qui pour l’instant n’est qu’une carcasse en béton mais à l’architecture très intéressante, «nous comptons également faire appel à des artistes muraux, éclairagistes et designers pour la réhabiliter, une fois les financements assurés, en un espace d’exposition qui sorte de l’ordinaire», affirme avec enthousiasme César Nammour. Qui, pour voir enfin son rêve accompli, a donc besoin de vos contributions amis lecteurs, sponsors et mécènes! À bons entendeurs...

*Alita, à 7,5 km de la sortie vers Kartaba, à Nahr Ibrahim. Horaires d’ouverture : les vendredis, samedis et dimanches, de 12h à 19h, ou sur rendez-vous au 03/271500.

 

 

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