Rechercher
Rechercher

À La Une - L’Éclairage

Le repositionnement de Nabih Berry entre manœuvres et bonne volonté ?

Les récentes déclarations de Nabih Berry seront-elles suffisantes pour faciliter la formation du cabinet Tammam Salam ? En affirmant qu’il négocie avec le Premier ministre désigné au nom du mouvement Amal et du Hezbollah uniquement, et que le général Aoun doit négocier seul et qu’il n’y a plus besoin de tiers de blocage car il n’y a plus de 8 Mars comme a déclaré Gebran Bassil, Nabih Berry viserait à faciliter la mission de M. Salam, en apparence du moins.


En effet, dans les milieux du 14 Mars, l’on se demande si M. Berry serait vraiment soucieux d’accélérer la formation du cabinet ou bien s’il s’agit d’une manœuvre intelligente pour sortir du coin dans lequel il s’est coincé après la prorogation du mandat parlementaire et son entêtement à légiférer dans l’ombre d’un cabinet démissionnaire. Ainsi, M. Berry voudrait rétablir le contact avec toutes les parties, à commencer par le président de la République jusqu’à même le courant du Futur. Cette dernière « manœuvre » serait donc une tentative du Hezbollah pour regagner en légitimité après la campagne féroce dont il a été victime suite à son intervention en Syrie, mais aussi une tentative de Nabih Berry pour se libérer du « poids » du général Aoun, l’homme aux revendications multiples et aux conditions impossibles qui embarrasse le tandem chiite cette fois pour de bon. La relation entre messieurs Berry et Aoun, en tout cas, est très tendue. Déjà en désaccord à propos des députés de Jezzine lors des élections législatives de 2009, la tension entre les deux hommes a atteint son paroxysme avec les positions de Berry contre le projet de loi du Rassemblement orthodoxe, la prorogation du mandat des députés et le dossier épineux de la prorogation du mandat du commandant de l’armée et la polémique qui en a résulté.


Toujours selon les milieux du 14 Mars, Nabih Berry serait le seul avec Walid Joumblatt à vouloir vraiment la formation d’un gouvernement, pour revenir en force sur la scène politique après avoir perdu de son influence après son désaccord avec le courant du Futur qui l’a accusé de ne pas avoir tenu ses promesses concernant la prorogation du mandat des chefs sécuritaires.


Pour le 14 Mars, cependant, si Nabih Berry était sérieux dans son repositionnement, il aurait agi d’une tout autre manière et aurait appelé toutes les parties à une réunion pour déclarer ouvertement que le 14 Mars et le 8 Mars appartiennent à une ère révolue et qu’il est grand temps de retrouver les anciennes façons de former un gouvernement. Tammam Salam aurait été alors laissé à sa besogne de choisir la répartition des portefeuilles ministériels, ce qui n’est pas le cas, le duo de choc Amal-Hezbollah restant fermement attaché à certains ministères et à la formule armée-peuple-résistance.


À bien des égards, les nouvelles déclarations de Berry rendent plus difficiles la formation du cabinet et pourraient finalement servir à aider le 8 Mars à obtenir son tiers de blocage, en laissant Michel Aoun réclamer ses cinq ministres maronites seul, et les leaders chiites revendiquant l’ensemble des postes réservés à la communauté. C’est alors que le 8 Mars pourra imposer ses conditions concernant la déclaration ministérielle, innocentant le Hezbollah des combats qu’il a menés en Syrie et augmentant son crédit de légitimité aux yeux de la communauté internationale en le représentant au sein de l’exécutif par ses propres députés. Car, s’il existe un véritable obstacle qui pourrait empêcher la formation d’un gouvernement, c’est bien la déclaration ministérielle qui risque de faire dynamiter tout le plat concocté par Tammam Salam qui s’attache à la politique de distanciation refusée par le Hezbollah, « otage de l’Iran » selon le 14 Mars qui indique que le Hezbollah joue aujourd’hui un tout autre jeu. Autrefois décidé à vider les institutions étatiques de tout pouvoir, il tente aujourd’hui de faire prévaloir leur rôle pour se couvrir, quitte à garder un grand vide au niveau des postes sécuritaires, pour remettre en question leur répartition sur les communautés et donner le commandement de l’armée à la communauté chiite et la direction des FSI aux maronites.

 

Lire aussi

Entre le CPL et le 8 Mars, divergences sur les méthodes, accord sur le fond, l'éclairage de Scarlett Haddad

Les récentes déclarations de Nabih Berry seront-elles suffisantes pour faciliter la formation du cabinet Tammam Salam ? En affirmant qu’il négocie avec le Premier ministre désigné au nom du mouvement Amal et du Hezbollah uniquement, et que le général Aoun doit négocier seul et qu’il n’y a plus besoin de tiers de blocage car il n’y a plus de 8 Mars comme a déclaré Gebran Bassil, Nabih Berry viserait à faciliter la mission de M. Salam, en apparence du moins.
En effet, dans les milieux du 14 Mars, l’on se demande si M. Berry serait vraiment soucieux d’accélérer la formation du cabinet ou bien s’il s’agit d’une manœuvre intelligente pour sortir du coin dans lequel il s’est coincé après la prorogation du mandat parlementaire et son entêtement à légiférer dans l’ombre d’un cabinet démissionnaire....
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut