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Lifestyle - Insolite

Live love beirut... passionnément

Tout a commencé par un bracelet, comme un gri-gri, une preuve visible et colorée de l’attachement de quelques personnes pour leur ville. Un an plus tard, live love beirut a des milliers de followers sur Facebook et Instagram qui se sont associés à ce mouvement improvisé pour partager la beauté de leur pays.

Live love Beirut, un bracelet international.

« Ne vous demandez pas ce que votre pays peut faire pour vous, mais plutôt ce que vous pouvez faire pour votre pays. » C’est, inspirés par JFK et avant lui Gebran Khalil Gebran, et irrités par la stérile ritournelle de quelques Libanais désillusionnés, désespérés, ou tout simplement paresseux, que Youmna Chamcham, Eddy Bitar, Sandro Jazzar, Abbas Sibahi et Georges Bitar ont lancé une superbe déclaration d’amour à leur ville. Ces 5 jeunes gens dans le vent ont réussi, à partir d’une idée très simple, à entraîner dans leur vision du Liban des milliers de personnes qui veulent y croire.


« L’idée, à la base, était de fabriquer un bracelet, à l’image des fameux bracelets brésiliens porte-bonheurs, les “Sehor de Bonfim”, rubans de toutes les couleurs attachés au poignet et censés accomplir trois miracles pour trois nœuds, et qu’il puisse exprimer une autre idée du Liban, ici et ailleurs », confie Édouard Bitar. Passionné, superactif, pressé, la voix enrouée d’avoir trop de choses à dire, il a un parcours particulièrement réussi qui l’a mené, à 28 ans à peine, à gérer plusieurs sociétés et activités de front dans l’écotourisme, le sport et autres évènements pour enfants. L’idée, soufflée à Youmna Chamcham par le toujours inventif Ghazy Feghali, qui n’est autre que son oncle, a vite germé dans la tête du duo. Étudiante en design à l’université de Pasadena à LA, elle s’attelle, quelques mois de réflexion plus tard, à créer un logo et un bracelet, estampillé d’un « live love beirut » suffisamment explicite et contagieux. La phrase magique est simple mais veut tout dire. Une semaine plus tard, les pièces sont produites et prêtes à la vente. « J’ai même inventé une histoire autour du bracelet, confie Eddy, celle de deux amoureux de confession différente et qu’il fallait soutenir ! »

Un effet boule de neige
Très vite, nous sommes en août 2012, live love beirut devient, presque spontanément, une histoire qui raconte un attachement et une ville, dépassant même les attentes de ses créateurs. À l’image des suiveurs, le mouvement est « libre, plein d’énergie et curieux ». Les jeunes commencent donc à se prendre en photo avec leur bracelet, de Beyrouth à la Békaa et Batroun en passant par le Brésil, l’Australie et le Canada, et les poster sur les réseaux sociaux. Le président Michel Sleiman, Ziyad Baroud, Richard Branson et d’autres personnalités célèbres se prennent au jeu. Plus encore, les aficionados sont invités à immortaliser sur Instagram le Liban qu’ils aiment. «Live love Beirut est un acte de résistance quotidienne, une invitation à sourire, confie Youmna. Un festival d’ondes positives, de nature, de sport, de jeunesse et d’énergie. La beauté de notre pays est là, à portée de main, poursuit-elle. Nous sommes amoureux de ses paysages, de son soleil, ses artisans, ses rivières et ses gens. Nous voulons partager cet attachement avec ceux qui ignorent que cet aspect du pays existe, ou ceux qui l’ont oublié. Nous sommes des optimistes conscients qui rêvons d’un Liban inspirant. Nous ne sommes pas un label, précise-t-elle, mais un état d’esprit. Une façon d’être, de vivre et d’exister. » 

 

Youmna Chamcham, Eddy Bitar et Sandro Jazzar.

 


La phrase, devenue bracelet que l’on commence à s’arracher, puis un hachtag, #livelovebeirut, s’expose aux Souks de Beirut en juin 2012, à Dubaï en février dernier, où il connaît un grand succès. En 2012, ces trois mots deviennent surtout une ONG sous le nom de live love Lebanon. À ce jour, plus d’un demi-million de like ont été postées, plus de 30 000 photos ont été envoyées, au rythme de 300 par jour. En mars, Live love Beirut remporte le Media Social Award. Une belle reconnaissance pour le travail créatif et civique déployé. « Nous avons voulu aller plus loin », poursuit Eddy Bitar. En créant des jeux interactifs, des jeux de piste dans la ville, en participant à des événements où la vente de milliers de bracelets est reversée à une cause, en encourageant les gestes écologiques, nettoyage de bords de mer ou de forêts, ils ont donné une autre dimension à leur action, qui n’est plus une simple photo ou un simple bracelet. « Un film de quelques minutes, réalisé par Roger Cremona, et qui est une fidèle illustration de ce que nous sommes, fera partie du festival de Sydney, explique encore Eddy. Nous allons également participer à une exposition de photos au City Hall de Los Angeles en septembre. »

 

Pour pouvoir continuer à surprendre, amuser, émouvoir et agir, Live love Beirut doit surtout pouvoir continuer à s’épanouir et s’autofinancer. Des tee-shirts créés par Achakman sont en vente en ligne, des bracelets en éditions spéciales, et un prix seront bientôt lancés. « Nous voulons enfin, conclut Eddy Bitar, montrer aux jeunes le passé de Beyrouth qu’ils ne connaissent pas et aux personnes plus mûres son présent... ».
Alors, si vous croyez au (porte-) bonheur, nouez ce bracelet autour de votre poignet et puis faites trois vœux... Beyrouth en a grandement besoin.

 

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commentaires (1)

Il est impossible de ne pas aimer le Liban, jusqu'à l'étouffement.

Jaber Kamel

20 h 20, le 01 juillet 2013

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Commentaires (1)

  • Il est impossible de ne pas aimer le Liban, jusqu'à l'étouffement.

    Jaber Kamel

    20 h 20, le 01 juillet 2013

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