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Économie - Éconerf

Apologie d’une contradiction

Force est de constater que la mise en garde quelques jours plus tôt des organismes économiques contre un effondrement total de l’économie est restée à l’état d’avertissement sans suite. Les regards braqués vers Saïda et Tripoli ces derniers temps, les discours dithyrambiques des responsables (si peu) sortants font office de bruit de fond insignifiant et relèguent au dernier rang un souci pourtant vital : l’économie libanaise.
Les pontes des institutions bancaires et financières ont beau brandir des propos lénifiants : solidité de la capitalisation bancaire, ancrage de la livre libanaise au dollar, entrées massives des transferts de fonds depuis l’étranger, etc., le libanais lambda s’inquiète, et il a toutes les raisons de le faire. Car si le cours de la livre n’a pas atteint les 2 800 pour un dollar comme au cours de l’été 1992 de triste mémoire et si la BDL maintient sa politique conservatrice pour protéger la livre, les déposants sont pour le moins perplexes. Quid de la solidité de la livre sur le long terme ? Qu’adviendra-t-il des transferts de fonds à l’heure où la diaspora libanaise active au Golfe craint pour ses emplois ? Que penser du recul des transactions immobilières (-8,20 % selon les derniers chiffres) et de la baisse du nombre de touristes (-13 % fin mai en glissement annuel) ?
Il est loin le temps où L’Express titrait en 2009 « L’exception libanaise face à la crise » et où les « têtes pensantes » des secteurs privé et public s’extasiaient devant la « résilience » de l’économie libanaise. À l’heure où une partie des libanais se découvre un balbutiement de patriotisme pour l’armée libanaise tandis qu’une autre partie s’accroche à la conviction qu’une armée nationale se doit de pouvoir combattre les factions armées, toutes les factions armées, certains ont fait le pari de (sur)vivre vaille qui vaille. Dangereusement ou pas, par défi ou pas, par insolence ou pas.
En témoignent les dizaines de startups et autres incubateurs d’innovations en tous genres qui ouvrent leurs portes chaque mois, mais aussi –comble de l’optimisme et/ou de l’inconscience – les dizaines de milliers de Libanais qui investissent tous les week-ends les toits, ruelles, terrasses, restos, pubs, trottoirs et autres plateformes de détente. Si les (sou)rires ne se chiffrent pas en livres libanaises ni autre devise d’ailleurs, si les déhanchements endiablés de certains sous les étoiles ne font pas partie de la comptabilité nationale, ils sont pourtant très révélateurs d’une volonté inépuisable d’aller de l’avant. Parce que, être résilient, c’est aussi cela. La rage de contredire tous les chiffres, même les plus alarmants. Surtout les plus alarmants.
Force est de constater que la mise en garde quelques jours plus tôt des organismes économiques contre un effondrement total de l’économie est restée à l’état d’avertissement sans suite. Les regards braqués vers Saïda et Tripoli ces derniers temps, les discours dithyrambiques des responsables (si peu) sortants font office de bruit de fond insignifiant et relèguent au dernier rang un souci pourtant vital : l’économie libanaise.Les pontes des institutions bancaires et financières ont beau brandir des propos lénifiants : solidité de la capitalisation bancaire, ancrage de la livre libanaise au dollar, entrées massives des transferts de fonds depuis l’étranger, etc., le libanais lambda s’inquiète, et il a toutes les raisons de le faire. Car si le cours de la livre n’a pas atteint les 2 800 pour un dollar comme...
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