Devant une telle déliquescence des structures étatiques, il y a ceux qui ne perçoivent pas les règles élémentaires du code de conduite et d’autres qui ne croient plus nécessaire de recourir à quiconque pour réclamer et défendre leurs intérêts.
Ainsi on peut constater sur nos routes que le conducteur ne cherche plus uniquement à se déplacer d’un point à l’autre. L’autoroute présente désormais l’interface chaotique et périlleuse du citoyen en manque grave de repères. Il est isolé dans une sphère réduite mais ouverte à l’improvisation à hauts risques. Résultat : en regardant ailleurs, le portable collé à l’oreille, on appuie sur l’accélérateur pour un zigzag continu, dangereux, à la James Dean.
On peut se lancer dans une discussion animée entre potes jusqu’à ne plus regarder la route ou piquer un somme profond pour ne se réveiller qu’au coup de klaxon continu du voisin paniqué. En abusant du défoulement primitif et sauvage, certains arrêtent une voiture, tirent et tuent des passagers.
Heureusement que des humains veillent encore, avec quelques personnalités influentes et soucieuses du bien-être public pour clamer haut que le Liban est là pour rester.
Cette terre fière de son passé biblique et de son histoire de défense des valeurs humaines ne baissera pas les bras. Son sel est la coexistence de tous ses fils. Et comme l’a si bien dit le patriache maronite, le cardinal Béchara Raï, seul le repentir peut nous sauver.
En consacrant notre pays au Cœur immaculé de la Sainte Vierge Marie, on confirme l’impuissance de l’autorité de ces hommes qui ne représentent plus qu’eux-mêmes. « Seule Marie est capable de sauver ce Liban ballotté par les vagues », a dit l’éminent prélat à tous et à chacun.
Vivre enfin tranquillement pourrait-il devenir le synonyme de perdre la mémoire du présent pour ne revisiter que celle du passé, ce temps de convivialité sereine qui nous manque tant ? Sinon, allons ensemble sur la place de ces martyrs qui nous regardent. Prions, musulmans et chrétiens, notre Sainte Marie pour bâtir enfin, main dans la main, les cœurs, scellés pour un nouveau Liban.


N'challah, n'challah ! Priez, priez ! !
09 h 53, le 24 juin 2013