Le Liban, que l’on aimait autrefois décrire comme une terre bénie, un carrefour de cultures et de lumières, semble aujourd’hui prisonnier d’un destin qui lui échappe. Ce qui fut un havre de vie est devenu, au fil des conflits et des ingérences, un théâtre de désolation. Et pourtant, rien de tout cela n’est le fruit du hasard : chaque acteur en présence poursuit ses propres desseins, souvent au mépris du peuple.
L’État, affaibli par des décennies de compromis fragiles et d’équilibres précaires, apparaît désormais démuni. Il ne détient plus pleinement les rênes de son destin, coincé entre la pression d’Israël et l’influence de l’Iran, incarnée sur le terrain par le Hezbollah. Ce déséquilibre profond empêche toute reprise en main véritable des décisions essentielles, qu’il s’agisse de la guerre ou de la paix.
Dans ce contexte, la perspective d’un apaisement durable semble s’éloigner. Benjamin Netanyahu, pour des raisons qui relèvent autant de la stratégie que de la politique intérieure, ne paraît pas faire de la paix une priorité. De son côté, l’Iran n’a guère intérêt à voir disparaître un levier d’influence régional qui lui confère un rôle déterminant dans les équilibres du Moyen-Orient.
Quant au Hezbollah, il s’inscrit dans cette logique de confrontation prolongée. Aux yeux de nombreux Libanais, il n’est plus seulement un acteur national, mais le prolongement d’un projet qui dépasse les frontières du pays. Ses combattants, animés d’une foi ardente, avancent avec la conviction que le sacrifice ultime leur ouvre les portes de l’éternité, tandis que leurs familles restent, ici-bas, confrontées aux épreuves les plus dures.
Le sud du Liban, Beyrouth, la Békaa et même la montagne portent aujourd’hui les stigmates de cette spirale destructrice. Les maisons s’effondrent, les vies basculent, et une fatigue profonde gagne une population qui aspire simplement à vivre, à travailler, à rêver.
Dans ce jeu d’influences et de puissances, le terrain semble souvent laissé libre à Israël, qui agit selon une logique où la force prime sur toute autre considération. Une logique ancienne, brutale, où le droit s’efface devant la puissance.
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