Le président afghan, Hamid Karzaï et le secrétaire général de l'Otan, Anders Fogh Rasmussen à l'issue d'une cérémonie visant à marquer le début de la dernière phase du transfert des responsabilités en matière de sécurité, le 18 juin 2013, aux environs de Kaboul. AFP/ SHAH Marai
L'Afghanistan va envoyer une équipe de négociateurs au Qatar en vue de pourparlers de paix avec les taliban, a annoncé mardi le président Hamid Karzaï, au moment où la force internationale sous commandement de l'Otan achève le transfert aux autorités afghanes des responsabilités en matière de sécurité.
La déclaration du président afghan pourrait signaler une avancée du processus de "réconciliation", évoqué depuis des années mais qui tarde à prendre forme, alors que les attaques se multiplient sur le terrain à l'approche du départ des dernières troupes combattantes étrangères.
"Le Haut conseil de paix va se rendre au Qatar pour discuter de négociations de paix avec les taliban", a dit Hamid Karzaï, qui a établi cette instance fin 2010. "Nous espérons que nos frères taliban comprennent aussi que le processus devra ensuite se dérouler dans notre pays."
Les taliban n'ont pas encore répondu à cette annonce,mais leur porte-parole a confirmé à l'AFP qu'ils vont ouvrir un bureau de représentation au Qatar destiné à établir des contacts avec le reste du monde. "Le bureau va ouvrir aujourd'hui au Qatar", a déclaré Zabiullah Mujahid, porte-parole des rebelles en guerre depuis près de douze ans contre le gouvernement de Kaboul et ses alliés de l'Otan.
mais selon une source diplomatique afghane, ils sont sur le point d'ouvrir une représentation au Qatar. "Il est question qu'un bureau soit ouvert aujourd'hui (mardi)", a dit cette source à Reuters. "Cela va favoriser la relance des négociations de paix."
Les taliban pakistanais se sont, de leur côté, dits prêts à soutenir le processus mais leur porte-parole, Ihsanullah Ihsansaid, a précisé à Reuters qu'un éventuel accord de paix en Afghanistan ne les engagerait pas. "Nous continuerons à combattre les attaques de drones ainsi que l'armée et le gouvernement pakistanais qui sont sous l'influence des Etats-Unis", a-t-il dit.
Transfert de sécurité
Selon Hamid Karzaï, le processus de réconciliation afghan doit respecter trois principes: après leur ouverture au Qatar, les négociations devront être rapidement relocalisées sur le sol afghan, mener à la fin des violences et ne pas devenir un outil "d'exploitation de l'Afghanistan par un pays tiers."
Le mois dernier, quelques jours après des accrochages entre les forces de sécurité afghanes et pakistanaises dans la zone frontalière, le chef de l'Etat avait appelé les taliban, qui ont dirigé le pays de 1996 à 2001, à combattre "les ennemis de l'Afghanistan", une allusion semble-t-il au Pakistan. Islamabad, qui avait aidé les taliban afghans à prendre le pouvoir mais doit désormais combattre ses propres taliban, n'a pas réagi aux propos d'Hamid Karzaï.
Les taliban n'ont pas non plus renoncé aux attentats visant les autorités afghanes. Une semaine après avoir lancé deux attaques de grande ampleur contre l'aéroport international de Kaboul et la Cour suprême, les insurgés ont ciblé mardi un membre du Haut conseil de paix. Mohammad Mohaqiq, un dignitaire chiite de la communauté hazara, a échappé à l'explosion d'une bombe qui a tué trois personnes près du parlement, a annoncé la police.
L'attentat a précédé d'à peine 90 minutes l'ouverture, à dix kilomètres de là, d'une cérémonie destinée à marquer le début de la dernière phase du transfert des responsabilités en matière de sécurité, en présence de 2.000 dignitaires locaux et étrangers, dont le secrétaire-général de l'Otan, Anders Fogh Rasmussen. Cette phase s'achèvera par le départ, fin 2014, des dernières troupes combattantes de la Force internationale d'assistance et de sécurité (Isaf) et pose la question de la capacité de l'armée et de la police afghanes à prendre le relais.
Formées de 40.000 hommes en 2009, les forces de sécurité afghanes en comptent désormais 352.000, mais elles ont subi au cours de l'année écoulée plus de pertes que l'Otan pendant toute la durée de la guerre. Ce qui rend d'autant plus urgent une avancée des négociations de paix.
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13 h 34, le 19 juin 2013