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L'armée syrienne sur le point de lancer la bataille d'Alep

syrie La conférence de Genève est rendue plus compliquée par les victoires du régime sur le terrain, estime Hague.
OLJ/AFP
09/06/2013

L'armée syrienne s'apprête à lancer l'assaut de la ville et de la province d'Alep (nord) pour reconquérir les zones contrôlées par les rebelles, a affirmé dimanche à l'AFP un responsable des services de sécurité syriens.
Cette annonce intervient après la reconquête cette semaine de l'ensemble de la région de Qousseir, ex-fief rebelle dans le centre-ouest du pays par l'armée avec l'aide déterminante du Hezbollah chiite libanais.


"Il est probable que la bataille d'Alep commence soit dans les heures, soit dans les jours qui viennent, et ce en vue de récupérer les villages et les villes occupés (par les rebelles) dans la province", a indiqué la même source.
Le responsable, qui n'a pas fourni plus de précisions, a ajouté que "l'armée arabe syrienne est prête à exécuter sa mission dans cette province".


Le quotidien syrien Al-Watan, proche du pouvoir, a indiqué dimanche que l'armée a "commencé à se déployer à grande échelle dans la province d'Alep, en préparation à une bataille qui sera livrée à l'intérieur de la ville et dans sa périphérie".
Les rebelles avaient lancé la bataille d'Alep il y a près d'un an et depuis, des combats et des bombardements quotidiens secouent cette deuxième ville du pays et ex-capitale économique de Syrie.


Al-Watan a également ajouté que "l'armée syrienne va exploiter l'expérience de Qousseir, dans la région de la Ghouta (près de Damas) et avancer dans la province de Hama (centre) contiguë à celle de Homs".
"Les conséquences de la bataille de Qousseir vont (...) dessiner les contours de l'avenir politique de la Syrie", résume le journal. 

 

 

A Homs, "le siège se resserre de plus en plus"

L'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) avait rapporté il y deux jours que l'armée syrienne massait des "milliers" de soldats" dans la région d'Alep dans le but de reprendre les positions rebelles et de couper leurs approvisionnements en armes à partir de la Turquie toute proche qui les soutient. L'ONG avait également indiqué que le Hezbollah avait envoyé "des dizaines de ses cadres pour former des centaines de Syriens chiites au combat", mais pas de combattants.

 

"L'armée pourra-t-elle remporter des victoires à Alep comme à Qousseir?", s'interroge Rami Abdel Rahmane, président de l'OSDH. "Qousseir a été totalement assiégée par le Hezbollah, en raison de la proximité de la frontière libanaise", a-t-il dit. "Mais le Hezbollah n'est pas une armée et ne peut se déplacer en masse dans tout le territoire syrien", a précisé M. Abdel Rahmane.


Dans la ville de Homs, où subsistent des poches rebelles assiégées depuis un an, des militants ont exprimé la crainte qu'ils ne soient visés après Qousseir.
"Nous avons essuyé cinq assauts en un an, mais Qousseir était le principal objectif. Maintenant on craint qu'ils ne tournent leur attention vers Homs", a affirmé à l'AFP via internet un militant qui se fait appeler Abou Yazan.
"Le siège se resserre de plus en plus, il n'y pas de porte de sortie et les provisions de nourriture que nous avons stockées s'amenuisent", affirme de son côté Abou Bilal, un autre militant.

 

 

(Eclairage : Israël peine à empêcher une contagion du conflit au Golan)

 

Selon experts et militants, le régime, fort de son succès à Qousseir, veut en effet s'attaquer aux poches rebelles dans la ville de Homs, à 35 km au nord de la ville reconquise trois jours plus tôt, afin de se trouver en position de force avant la possible tenue d'une conférence de paix internationale censée trouver une solution au conflit qui a fait depuis mars 2011 plus de 94.000 morts selon une ONG.

 

 

L'organisation de Genève 2 plus difficile

Le fait que le régime syrien ait gagné du terrain sur le plan militaire rend plus difficile l'organisation et le succès de la conférence internationale de paix, a dans ce contexte estimé dimanche le ministre britannique des Affaires étrangères William Hague.
"Le régime a gagné du terrain, encore une fois au prix d'énormes pertes en vies humaines et d'un usage aveugle de la violence contre la population civile", a souligné M. Hague sur la BBC. "L'évolution actuelle de la situation sur le terrain ne nous aide pas à faire émerger une solution politique et diplomatique", a ajouté le ministre.
"Cela rend plus difficile l'organisation et le succès de la conférence de Genève, a-t-il poursuivi. Le régime va être probablement moins enclin à faire des concessions suffisantes au cours de ces négociations et il devient plus difficile de persuader l'opposition de venir négocier".


Interrogé sur les chances de voir se concrétiser la conférence de Genève, le ministre a souligné que "d'intenses discussions" avaient lieu actuellement avec la Russie, les Etats-Unis et l'ONU, mais il a trouvé "préoccupant et déprimant" que cette conférence n'ait pas lieu "dans les semaines à venir", comme initialement prévu.

 

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La conférence dite de Genève 2, voulue par Washington et Moscou pour tenter d'ouvrir des négociations entre régime et opposition en Syrie, était initialement programmée pour le mois de juin. Mais faute d'accord sur une liste de participants, elle ne se tiendra pas avant juillet. Une nouvelle réunion préparatoire doit avoir lieu le 25 juin.


L'opposition syrienne a redit samedi son hostilité à cette conférence.

"Ce qui se passe aujourd'hui en Syrie ferme totalement les portes à toute discussion sur des conférences internationales et initiatives politiques car la guerre déclarée par le régime et ses alliés à la région a atteint un niveau qu'on ne peut ignorer", a dit le président par intérim de la Coalition nationale de l'opposition, Georges Sabra, dans une conférence de presse à Istanbul.


M. Hague a par ailleurs répété que la Grande-Bretagne n'avait pas encore pris de décision sur la fourniture d'armes aux rebelles syriens, mais il a annoncé que le Parlement serait appelé à se prononcer par vote le cas échéant.

 

Enfin, un garde-frontière irakien a été tué et deux autres blessés dimanche lors d'affrontements avec des rebelles syriens à proximité de la frontière entre les deux pays, a-t-on appris de sources sécuritaire et médicale.

 
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Antoine-Serge KARAMAOUN

Ados d'Âne, oui !

Jaber Kamel

La solution est Genève 2 ou sinon, comment peut on prédire quoi que se soit si on n'a pas discuté, ou alors déposer les armes et eviter encore des pertes en vie inutiles. Les vrais opposants ne sont pas à Istanboul mais sur place et s'opposent aux mercenaires et ils se battent, les autres se payent du bon temps et font des caprices, aprce que leurs enfants font la fête en boite de nuit à Paris.

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