Trois soldats libanais ont été tués dans la nuit de lundi à mardi par des assaillants près de Ersal, dans l'est du Liban. Photo d'archives/AFP
Trois soldats libanais ont été tués dans la nuit de lundi à mardi par des hommes armés dans l'est du Liban près de la frontière avec la Syrie.
"Des hommes armés ont forcé un barrage de l’armée près de Ersal (localité sunnite) avant de désarmer les trois soldats qui s’y trouvaient, de les battre et de les abattre d’une balle dans la tête", a déclaré une source de sécurité à la chaîne LBC. "D’autres soldats qui se trouvaient dans les environs ont tenté, après avoir été alertés, de leur porter secours en ouvrant le feu sur les assaillants, mais ceux-ci ont réussi à prendre la fuite en direction de la Syrie", a ajouté cette source sous le couvert de l’anonymat. Selon une source militaire, citée par la même chaîne, les assaillants seraient "probablement" syriens.
Les victimes sont les conscrits Ali Mounzer et Moustapha Hayek, ainsi que le soldat Mohammad Charafeddine.
L’AFP avait indiqué plus tôt que les trois soldats, appartenant à la sixième brigade, avaient été tués par des hommes armés alors qu'ils étaient à bord d'un 4x4 à l'entrée est d'Ersal, une localité favorable à la rébellion syrienne.
Le commandement de l’armée a indiqué dans un communiqué que les trois soldats avaient été tués dans des échanges de tirs avec des assaillants qui ont attaqué leur barrage. L’armée ratisse la région à la recherche des assaillants.
Le chef de la municipalité d'Ersal, Ali al-Houjairi, a immédiatement nié toute implication de sa localité dans la mort des trois soldats. "Des habitants de Ersal ont tenté de poursuivre le Hummer qui a ouvert le feu sur les soldats de l’armée avant de pénétrer en Syrie", a déclaré M. Houjairi à la Voix du Liban (100.5).
Selon la chaîne LBC, les écoles et les commerces de la ville ont fermé mardi pour protester contre l’attaque qui a visé l’armée.
Le Premier ministre démissionnaire Nagib Mikati est entré en contact avec le commandant en chef de l’armée Jean Kahwagi pour connaître les circonstances de l’incident. Les dépouilles des trois soldats ont été transférées à l’hôpital militaire de Beyrouth.
Depuis le début du soulèvement en Syrie en mars 2011, plusieurs incidents parfois meurtriers ont éclaté aux frontières nord et est du Liban, en particulier à Ersal où transitent de nombreux réfugiés fuyant les violences mais aussi des combattants hostiles au régime de Bachar el-Assad.
En février dernier, deux soldats libanais avaient été tués dans la localité d'Ersal, lorsqu'une patrouille de l'armée était tombée dans un guet-apens alors qu'elle poursuivait un homme recherché par la justice. Cet incident avait créé une tension entre les habitants de la localité et l'armée.
Ce triple assassinat vient s'ajouter à la désormais longue liste des incidents qui marquent une contamination du Liban par la crise syrienne.
Si un calme précaire règne depuis lundi à Tripoli, capitale du Liban-Nord, les violences des derniers jours entre miliciens libanais sunnites opposés au régime syrien et miliciens alaouites pro-Assad ont fait plus de trente morts en une semaine, dont quatre soldats, et plus de 200 blessés.
La tension est montée d'un cran dimanche à l'aube, quand deux roquettes sont tombées à Chiyah, dans la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah. Quatre personnes ont été blessées. Un incident probablement lié au conflit en Syrie, selon une source de sécurité, alors que des combattants du Hezbollah sont engagés aux côtés des troupes loyales au régime de Assad dans la féroce bataille de Qousseir, non loin de la frontière libanaise.
Enfin, des tirs d'obus syriens visent régulièrement les régions libanaises frontalières. Lundi, une jeune fille de 17 ans a été tuée lorsque trois obus lancés depuis la Syrie se sont abattus dans le Hermel.
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