Rechercher
Rechercher

Liban

Saïda évite de justesse un clash majeur Hezbollah-Assir

Des partisans du Hezbollah et des proches de Saleh Ahmed Sabagh, un membre du parti chiite, lors des funérailles de ce dernier, à Saïda, le 22 mai 2013. REUTERS/Ali Hashisho

Au plan local, les conséquences de l’implication du Hezbollah en Syrie commence à dépasser le cadre strictement politique pour se traduire par des tensions sur le terrain, notamment dans les régions mixtes, faisant craindre des dérapages.


À Saïda comme à Jbeil, les funérailles de combattants du Hezbollah, morts dans les batailles de Qousseir aux côtés des forces du régime de Bachar el-Assad contre les rebelles syriens, sont devenues une source de tension. Si à Jbeil, la population chrétienne a ressenti un « énorme choc » au passage du convoi funèbre d’un des « martyrs » du Hezb, à Saïda, les obsèques de Saleh Ahmad Sabbagh ont failli mettre le feu à la ville.


Saïda l’a échappé belle en effet hier, en raison du risque d’affrontement entre les partisans du Hezbollah et ceux de cheikh Ahmad el-Assir, de la Jamaa islamiya et des salafistes, opposés à l’inhumation de Sabbagh, un combattant sunnite du parti de Dieu, dans le cimetière sunnite de la ville. Le jeune homme, âgé de 18 ans seulement, a fini par être enterré dans le cimetière chiite de Saïda.


Le parti de Dieu avait annoncé que Saleh Sabbagh était décédé lors d’une « session d’entraînement », mais le faire-part distribué par la Résistance le présentait comme étant « le martyr du devoir jihadiste », ce qui a été considéré par les mouvements sunnites extrémistes de la ville comme une reconnaissance de sa mort dans les combats de Qousseir. Les partisans de cheikh Assir, de la Jamaa et des salafistes ont anticipé la cérémonie funèbre, prévue dans la matinée, en coupant la route menant au cimetière sunnite de Sayroub et en organisant un rassemblement tout le long du chemin où ils ont récité la prière de midi, au moment où un autre groupe installait des barricades et des pneus brûlés.


Un vent de panique a aussitôt soufflé sur la ville où des rumeurs, selon lesquelles les combattants du Hezbollah et de cheikh Assir se sont déployés en force et pris des positions de combat, ont circulé. L’armée s’est aussitôt déployée faisant circuler des patrouilles mobiles et pédestres et installant des check-points aux entrées de Saïda ainsi que dans les quartiers dits sensibles. Parallèlement, les forces politiques du chef-lieu du Liban-Sud ont intensifié leurs contacts pour éviter une effusion de sang que beaucoup ont considérée comme étant imminente, surtout que la tension reste vive dans les camps palestiniens alentour. Tous redoutaient un dérapage incontrôlable.


L’affrontement redouté ne s’est pas produit mais une rixe a éclaté entre un groupe de la Jamaa islamiya et des partisans du chef de l’Organisation populaire nassérienne que préside l’ancien député Oussama Saad, qui en sont arrivés aux mains et se sont lancé mutuellement des pierres. L’armée a dû tirer des coups de semonce pour les disperser. Durant la querelle, l’imam de la mosquée de l’imam Ali, cheikh Mohammad Zahra, ainsi qu’un élément de la Jamaa islamiya, Hamzé Homsi, ont été légèrement blessés.


Soucieux d’éviter une confrontation, le Hezbollah s’est trouvé contraint de changer de plan, voire d’itinéraire. Le convoi funèbre s’est ainsi ébranlé de l’hôpital d’al-Rassoul el-Aazam vers le centre de Fatima al-Zahraa à Saïda, où des prières ont été récitées avant que le convoi ne poursuive son chemin vers le cimetière jaafari de Saïda, en évitant soigneusement les lieux de rassemblement des fondamentalistes sunnites. Les prières ont été récitées dans la husseiniyé (lieu de culte chiite) de la ville avant l’inhumation, à laquelle des responsables du parti de Dieu ont assisté.
Dans un communiqué publié plus tard, cheikh Assir a expliqué les motifs de son initiative « prise à partir du moment où la nouvelle de la mort d’un élément du parti d’Iran dans les combats contre nos frères dans le village syrien de Qousseir s’est confirmée », avant de mettre en garde contre « le danger d’une transposition de la bataille à Saïda ». Sur Twitter, il a répondu au chef des Marada, Sleimane Frangié, qui avait exprimé son soutien à la Résistance, le désignant comme étant « un imposteur ».

Les habitants de Jbeil « choqués »
La Jamaa islamiya a également fait paraître un communiqué, mais pour démentir les informations répercutées par des médias, selon lesquelles ses partisans auraient encerclé une mosquée, pendant que M. Oussama Saad dénonçait les agissements de cheikh Assir, en insistant sur le fait que Saleh Sabbagh est mort lors d’une « session d’entraînement ». Le chef de l’OPN a accusé cheikh Assir de vouloir « provoquer une discorde à Saïda et de chercher à contrôler la ville ».
Plus au nord, dans la région de Jbeil, des obsèques ont été organisées dans le village de Ras Esta, pour un combattant du Hezbollah tué à Qousseir. Dans une déclaration au site d’informations NowLebanon, le secrétaire général du 14 Mars, Farès Souhaid, a fait remarquer que le caza de Jbeil n’est pas un îlot isolé et rappelé que le Hezbollah est présent dans tous les villages chiites. « Mais enterrer un de ses membres dans la localité de Ras Esta, qui est adjacente au couvent de Saint-Charbel, a provoqué chez les habitants de Jbeil un énorme choc, à cause du passage du convoi funèbre avec les drapeaux du Hezbollah », a observé M. Souhaid, en écartant la possibilité d’accrochages entre les habitants de la région. Selon lui, les habitants de Jbeil sont conscients de la nécessité de préserver la coexistence, mais réalisent dans le même temps que l’influence du parti de Dieu s’étend jusqu’à Baalbeck et au Sud et n’apprécient pas le fait que des jeunes de leur région soient envoyés pour combattre en Syrie. « Les Jbeilotes feront entendre leur voix dans les urnes », a poursuivi M. Souhaid.

Au plan local, les conséquences de l’implication du Hezbollah en Syrie commence à dépasser le cadre strictement politique pour se traduire par des tensions sur le terrain, notamment dans les régions mixtes, faisant craindre des dérapages.
À Saïda comme à Jbeil, les funérailles de combattants du Hezbollah, morts dans les batailles de Qousseir aux côtés des forces du régime de Bachar el-Assad contre les rebelles syriens, sont devenues une source de tension. Si à Jbeil, la population chrétienne a ressenti un « énorme choc » au passage du convoi funèbre d’un des « martyrs » du Hezb, à Saïda, les obsèques de Saleh Ahmad Sabbagh ont failli mettre le feu à la ville.
Saïda l’a échappé belle en effet hier, en raison du risque d’affrontement entre les partisans du Hezbollah et ceux de cheikh Ahmad el-Assir,...
commentaires (5)

LE CLASH DES " BARBES" ! A SUIVRE...

SAKR LOUBNAN

20 h 46, le 23 mai 2013

Commenter Tous les commentaires

Commentaires (5)

  • LE CLASH DES " BARBES" ! A SUIVRE...

    SAKR LOUBNAN

    20 h 46, le 23 mai 2013

  • La chanson disait: Les fakîhàRiens ça s'entortille, ça entortille, sautille, ça se met en vrille, ça se recroqueville : sans Rien... peu leur chaut ! Où vont-ils quand le vent les porte à travers ce Pays Beau suivant l'ombre sombre de leur ombre, les "Malsainz-ébaubis" ? Dans leurs arrogances plates voilà qu'ils se plissent, palissent, du coup aplatissent et pour finir s’aplatissent. Anthracites qui, un soir d'audace face à leurs faces dans la glace rêvassant d'espace, se mettent en cuirasse. Et alors-là, place : allons Downtown, faites leur espace ; tenez-vous bien les gars et vive le haut Afka, Kartaba, Lassa et le haut Faraya ; Qousseïr et/ou Saïda ! Mais ils se désempareront et repartiront bredouilles les puinés ! Les voilà en sus qu’ils chavirent pour cette méditerranéenne trop Belle pour eux, cette Terre éhhh Cédraie Levantine ; attrapent alors de l’acné puis des soupirs qu'ils désirent dire mais n’oseront jamais dire. Et la Terre Libanaise Saine, par dessus leurs "Petites et/ou grosses" têtes idem ; plus Sanité Cédraie Compatible que "Malsanité" à leur Image ; lâche du bout des doigts ces fakihistes"-là. Alors ils se rapetissent et finissent near d'ici ou dans ces contrées similis-exotiques centre asiatiques, n'osant plus Rien maudire ni frémir mais auront droit maybe à un pardon. Ils se volatiliseront pour de bon : bien fait pour leur Mauvais Œil et leur Faciès !

    Antoine-Serge KARAMAOUN

    20 h 19, le 23 mai 2013

  • Il fallait bien que le clown nous fasse un ptit tour bien de chez lui, mais finalement ce valeureux combattant reposera en paix, l'âme tranquille.La mission sera menée à son terme, hasta la victoria siempre.

    Jaber Kamel

    11 h 08, le 23 mai 2013

  • Assez d'hypocrisie ! Plus de 80% du peuple libanais, comptant les émigrés dans le monde, ne considèrent pas "martyrs" les "jihadistes (!!) du Hezbollah morts dans les combats en Syrie, en tuant des citoyens syriens aux côtés du régime assassin de Damas. Contrairement à tous les martyrs du Hezbollah dans la lutte contre Israel. Plus de 80% des Libanais considèrent que ces concitoyens chiites sont morts en Syrie victimes de la tromperie des mollahs d'Iran et de certains de leurs semblables au Liban. Point final !

    Halim Abou Chacra

    06 h 58, le 23 mai 2013

  • On dirait l'Irlande et/ou la Corse !

    Antoine-Serge KARAMAOUN

    03 h 17, le 23 mai 2013

Retour en haut