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À La Une - Révolte

L’armée syrienne et le Hezb à l’assaut de Qousseir

Netanyahu assure que son gouvernement se prépare à « tous les scénarios ».

Scène apocalyptique pas à Qousseir, où l’intensité des combats rend tout travail journalistique extrêmement périlleux, mais à Deir ez-Zor... Khalil Ashawi / Reuters

Aussitôt démentie par les rebelles, l’armée syrienne a affirmé hier contrôler le cœur de Qousseir, longtemps place forte des rebelles dans le centre du pays. « L’armée syrienne contrôle la place principale de Qousseir dans le centre-ville ainsi que les immeubles environnants, dont la mairie, où les soldats ont planté le drapeau syrien », a ainsi déclaré une source militaire sous le couvert de l’anonymat. La télévision d’État a diffusé une interview d’un soldat sur place : « Les hommes armés se sont enfuis face aux frappes de l’armée en direction du quartier nord, vers lequel nous continuons d’avancer pour mettre fin à toute manifestation armée », a expliqué le soldat. Il a aussi assuré que l’armée avait « laissé le front nord-ouest pour permettre aux habitants de sortir », ce que démentent les militants antirégime sur place, qui ont dénoncé le « siège étouffant imposé par le régime syrien et le Hezbollah libanais ».

 

 


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Les militants antirégime ont toutefois minimisé les gains de l’armée, affirmant que les rebelles opposaient une résistance acharnée dans cette ville de 25 000 habitants située sur l’axe reliant la capitale au pays alaouite, la minorité dont est issu M. Assad, sur le littoral. « Si l’armée parvient à contrôler Qousseir, c’est toute la province de Homs qui tombe » aux mains du régime, a affirmé Rami Abdel Rahmane, directeur de l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH). Il a ajouté craindre un « massacre » si l’armée prenait la ville, dont « les habitants ont peur de sortir car beaucoup sont des familles de rebelles et de militants antirégime ». L’OSDH a en outre ajouté que depuis le matin, les bombardements incessants avaient déjà fait 52 morts au moins à Qousseir, dont trois femmes.

Depuis plusieurs semaines, l’armée, aidée par le Hezbollah et des miliciens prorégime, tente de reprendre ce bastion rebelle. Le puissant mouvement chiite libanais, allié de Damas, « joue un rôle central dans la bataille », selon M. Abdel Rahmane.

 

(Reportage : Ces Libanais prêts à mourir pour le Hezbollah en Syrie...)

Réunion d’urgence de la Ligue
Le Conseil national syrien (CNS), principale composante de l’opposition, a dénoncé « les tentatives de faire disparaître la ville et ses habitants de la carte » et appelé à une réunion urgente de la Ligue arabe en vue d’« arrêter le massacre ». Le comité de la Ligue arabe sur la Syrie se réunira d’urgence jeudi, a d’ailleurs indiqué hier le secrétaire général adjoint de la Ligue. L’opposition, qui doit décider le 23 mai de sa participation à la conférence internationale prévoyant un dialogue opposition-régime voulue par Moscou et Washington pour trouver une solution au conflit, a estimé que le silence de la communauté internationale sur l’assaut de Qousseir risquait de « faire perdre tout sens » aux efforts de paix, et appelant dans la foulée la communauté internationale à empêcher le Hezbollah et l’Iran d’intervenir en Syrie. Le ministre des Affaires étrangères des Émirats arabes unis a de son côté appelé hier à une action « sérieuse pour stopper la machine répressive de Damas ».

Assad inflexible
L’assaut est intervenu au lendemain d’un rare entretien de M. Assad à des médias argentins, dans lequel il a martelé son refus de quitter le pouvoir avant la présidentielle de 2014, laissant même entendre qu’il serait candidat à sa propre succession, alors que la capitale Damas était secouée samedi par un nouvel attentat qui a fait trois morts. « Vous ne pouvez pas gouverner si vous êtes rejeté par le peuple », a assuré M. Assad. « Sur la question de savoir qui doit partir et qui doit rester (...), c’est le peuple syrien qui le déterminera lors de l’élection présidentielle de 2014 », a-t-il ajouté. Il s’est en outre dit sceptique quant à la conférence internationale. Il a néanmoins « bien accueilli le rapprochement américano-russe », sans préciser si son régime comptait participer à la conférence. M. Assad a par ailleurs nié l’utilisation d’armes chimiques contre la rébellion, affirmant que ces accusations étaient un prétexte pour justifier une intervention étrangère en Syrie.


Enfin, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a laissé planer hier la menace de nouvelles frappes aériennes de Tsahal en Syrie, afin d’empêcher le Hezbollah et d’autres groupes radicaux d’acquérir les armes ultraperfectionnées que Moscou aurait récemment livrées à Damas. Il a ainsi assuré que son gouvernement n’hésiterait pas à agir et « se préparait à tous les scénarios » d’évolution possible du conflit syrien.

 

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