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À La Une - L'orient Littéraire

L’information électorale au Liban

« Comment garantir le vote éclairé et éviter le vote moutonnier ? ».

Photo L'Orient Littéraire. D.R.

Sachant que les élections constituent la pierre angulaire de toute démocratie qui se respecte, quelles sont les attentes des électeurs libanais à l’approche des législatives de 2013 ? Existe-t-il des thèmes de campagne en phase avec ces attentes ? Les électeurs sont-ils suffisamment bien informés sur les programmes électoraux des candidats pour mieux comprendre les enjeux et les conditions de la compétition ?
 
On pourrait répondre qu’il est trop tôt de parler de campagne électorale tant que le blocage demeure entier autour de la nouvelle loi électorale. Certes, mais si nous revenons sur l’historique des élections au Liban – tous genres confondus –, un seul constat s’impose : jusqu’à ce jour, la culture des campagnes électorales n’est pas suffisamment démocratique. Pourtant, l’objectif d’une campagne électorale ne se limite pas aux techniques visant l’efficacité afin d’influencer le résultat d’un scrutin, mais consiste autant à présenter le programme électoral du candidat. Il s’agit de l’ensemble des propositions portées par ce dernier, et ce après qu’il se soit renseigné, au cours des mois qui précèdent les élections, sur les problématiques d’actualité. Comment pourrait-il en être autrement puisqu’il est impossible de s’adresser de manière pertinente aux électeurs sans connaître leurs attentes et leurs aspirations, et que cette démarche permet au candidat de préparer son plan de communication ? Cela étant posé, faut-il rappeler que de nos jours, la politique est largement devenue affaire de communication ?
 
Si la valorisation de la communication au cœur du régime démocratique est incontournable, c’est parce qu’elle est sa condition de fonctionnement. Il n’y a pas de démocratie sans communication, et par communication, il faut entendre le modèle culturel favorable à l’échange entre les dirigeants et les citoyens, mais aussi les médias, étant donné que la majorité de l’information électorale parvient aux personnes au travers de la presse et des médias de masse. Sur ce point, il est important de souligner que l’information électorale de la population joue un rôle central dans les modèles explicatifs du comportement de vote. En effet, c’est précisément dans les sociétés modernes, où l’électeur est en mesure d’analyser l’offre électorale afin de voter pour le candidat le plus pertinent vis-à-vis de ses attentes, que l’on a pu observer une modification dans les attitudes de vote.
 
En revanche, au Liban, les électeurs ne bénéficient toujours pas d’une information ayant un rapport direct avec l’offre électorale. La raison se trouve dans le fait que le candidat électoral libanais privilégie toujours « l’effet de simple exposition » et le recours aux slogans creux et simplificateurs. C’est pourquoi les électeurs sont exposés en permanence à des photographies du candidat, que ce soit sur des tracts ou des affiches. Cette augmentation de l’exposition du candidat auprès des votants accroît –théoriquement – la probabilité de sentiments positifs à son égard, mais annule le processus d’échange en le remplaçant par la transmission unidirectionnelle. Dans ce contexte, la communication est considérée comme une transmission d’informations qui s’établit toujours dans le même sens, partant de l’émetteur vers un récepteur. Il n’y a pas d’interaction, la relation est ignorée et la réaction – à cette communication – est mesurée à travers les sondages. Sauf que l’objectif de ces sondages est d’apprécier la notoriété et l’image du candidat avant les élections, plutôt que de connaître les préoccupations de la population afin de définir le programme de campagne. En somme, l’acte relationnel qui fonde la communication est simplement absent.
 
Par conséquent, s’il n’y a pas de démocratie sans communication et s’il n’y a pas de communication tant qu’il n’y a pas de mise en relation, comment analyser le bilan d’un élu, ou le tenir responsable du non-respect total ou partiel de ses engagements ? Comment garantir le bon fonctionnement du système politique démocratique, où le vote est un droit et un devoir pour les citoyens, dans l’absence de l’information électorale ? Comment garantir le vote éclairé et éviter le vote moutonnier ?
 
Retrouvez l’intégralité de L'Orient Littéraire ici.

Sachant que les élections constituent la pierre angulaire de toute démocratie qui se respecte, quelles sont les attentes des électeurs libanais à l’approche des législatives de 2013 ? Existe-t-il des thèmes de campagne en phase avec ces attentes ? Les électeurs sont-ils suffisamment bien informés sur les programmes électoraux des candidats pour mieux comprendre les enjeux et les conditions de la compétition ?
 
On pourrait répondre qu’il est trop tôt de parler de campagne électorale tant que le blocage demeure entier autour de la nouvelle loi électorale. Certes, mais si nous revenons sur l’historique des élections au Liban – tous genres confondus –, un seul constat s’impose : jusqu’à ce jour, la culture des campagnes électorales n’est pas suffisamment démocratique. Pourtant, l’objectif...
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