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Raid israélien en Syrie : l’État hébreu cherche à consolider sa position

L’éclairage
09/05/2013

Les récents raids israéliens en Syrie ont modifié la donne dans ce pays, notamment en imposant de nouvelles équations susceptibles d’accélérer la recherche des solutions pacifiques à la crise, d’autant qu’il s’est avéré qu’aucun des protagonistes n’a réussi à ce jour à marquer une victoire militaire l’habilitant à imposer une solution sur le terrain.

 

Ce qui se passe actuellement en Syrie se résume à une bataille de mouvements et une guerre d’usure entre les forces du régime et celles de l’opposition.


Les raids israéliens ont visé, selon les informations qui ont filtré à la presse, des dépôts d’armes sophistiquées en provenance d’Iran, notamment des missiles d’une portée de 1 000 km. C’est ce qui fait dire à un diplomate que ces raids ont visé le Hezbollah et ses armes, et non pas la Syrie. Une thèse confortée par les propos d’un responsable israélien qui a déclaré que l’État hébreu refuse de s’ingérer dans les affaires syriennes et dans la bataille en cours, soulignant que les raids ont ciblé des centres et des dépôts relevant du parti chiite pour l’empêcher de s’approvisionner en missiles ainsi qu’en armes chimiques.


L’attaque israélienne survient après que l’État hébreu ait abattu un drone dont l’identité n’a pas encore été précisée. Elle visait des plates-formes d’extraction de gaz et des réserves de pétrole, comme l’ont relevé les médias israéliens qui, après avoir accusé le Hezbollah d’être derrière l’envoi du drone, ont rectifié le tir par la suite sans réussir à identifier son origine.


Les raids ont en outre coïncidé avec le début des pourparlers américano-russes à Moscou où vient d’avoir lieu la rencontre entre le secrétaire d’État américain et son homologue russe pour discuter de la situation en Syrie et sonder l’avis des Russes sur la dernière solution proposée par l’administration US à ce sujet. Celle-ci se fonde principalement sur l’accord de Genève avec quelques modifications.


Certains milieux politiques ont d’ailleurs estimé que le raid israélien constitue une mesure habilitant les États-Unis à exercer des pressions sur la communauté internationale pour l’inciter à adopter la solution proposée tout en brandissant le spectre de l’élargissement du conflit à l’ensemble de la région, pouvant entraîner une guerre initiée par Israël. Le raid est également survenu à la veille de la réunion à la mi-mai des cinq plus un, en présence de l’Iran pour poursuivre les négociations autour du dossier nucléaire.


Évoquant les gains escomptés par l’attaque israélienne, un observateur croit savoir que l’État hébreu a voulu envoyer un message clair signifiant qu’il ne permettra pas l’installation de missiles de longue portée à sa frontière. Le raid dévoile en outre l’obsession que développe actuellement Israël à l’égard des armes chimiques et la crainte qu’elles puissent finir entre les mains du parti chiite. L’opération lancée en Syrie avait d’ailleurs été préparée à la suite d’informations ayant circulé sur l’utilisation d’armes chimiques dans les affrontements entre le régime et l’opposition, certains milieux politiques ayant laissé entendre que c’est le régime qui aurait eu recours à ce type d’armement et qu’il n’aurait par conséquent aucune objection à en fournir au Hezbollah.


La question reste de savoir quelles seront les répercussions de cette attaque et quel sera le timing choisi par Damas pour une éventuelle riposte. Selon un observateur, cette initiative israélienne avait pour but de mettre dans l’embarras le régime syrien et ses alliés au Liban et dans la région. Damas n’a d’ailleurs pas attendu pour répondre en claironnant que personne ne pourra entraîner la Syrie dans une confrontation et qu’il reviendra au régime de décider du timing et du lieu de la bataille à venir. Pour l’instant, le régime reste préoccupé par la guerre qu’il mène à l’intérieur contre les rebelles. Il pourrait d’ailleurs déléguer une tierce partie à laquelle il confierait la tâche de la riposte lorsque viendra le moment propice. C’est en prélude à un tel scénario que l’État hébreu a récemment mobilisé ses forces à la frontière nord en rappelant les réservistes de l’armée.


Selon certains milieux politiques qui ont constaté une réactivation par la Syrie du front du Golan, la riposte pour laquelle optera le régime syrien ne sera probablement pas classique, soulignant que ce dernier jouera sur l’effet de surprise et qu’il lui reviendra donc de décider du timing et du lieu de son offensive.


Pour les milieux diplomatiques occidentaux, le raid israélien représente une nouvelle donne par rapport aux récents développements dans la région, par laquelle l’État hébreu cherche à marquer de nouveaux points et progresser de manière à conforter sa position dans les négociations, surtout après les pressions exercées par l’administration US pour le contraindre à reprendre les pourparlers avec les Palestiniens.


Un rapport diplomatique précise à ce propos qu’Israël cherche en réalité à mettre à profit le temps mort imposé par l’avènement du printemps arabe et l’absence de solidarité dans la région, en œuvrant à consolider sa position et à se protéger tout en se prémunissant contre tout éventuel danger auquel il pourrait faire face.

 

 

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