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La réponse classique de Damas à Israël : La riposte viendra, mais... plus tard

syrie Au moins 42 soldats syriens tués dans le raid de dimanche ; Poutine s'entretient au téléphone avec Netanyahu.
OLJ/AFP
07/05/2013

Le régime syrien, embourbé dans une guerre avec une rébellion voulant sa chute, a menacé lundi Israël de riposter à ses raids aériens contre des positions militaires vendredi et dimanche près de Damas. Dans un nouveau bilan du raid de dimanche, l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) a fait état d'au moins 42 soldats syriens tués et précisé que le sort d'une centaine d'autres restait inconnu.

"La Syrie répondra à l'agression israélienne mais choisira le moment pour le faire. Cela ne se produira peut-être pas immédiatement car Israël est en état d'alerte", a affirmé à l'AFP un responsable syrien joint à Damas depuis Beyrouth. "Nous allons attendre mais nous répondrons".
La veille, le pouvoir avait averti que cette "agression" ouvrait la porte à toutes les options et la télévision d'Etat avait prévenu que "les missiles sont prêts pour frapper des cibles précises".


Craignant d'éventuelles représailles, Israël a annoncé le déploiement de deux batteries anti-missiles dans le nord de son territoire, ordonné la fermeture de l'espace aérien dans cette zone jusqu'à lundi soir et renforcé la sécurité autour de ses ambassades.

Dans ce contexte de tension entre les deux pays, deux roquettes tirées à partir du territoire syrien sont tombées lundi dans la partie occupée par Israël du plateau du Golan sans faire ni victime ni dégât, a annoncé une porte-parole de l'armée israélienne. Ces tirs "sont apparemment liés à la situation intérieure en Syrie", a-t-elle précisé, laissant ainsi entendre qu'Israël n'était pas visé mais que ces tirs résultaient de combats entre l'armée et les rebelles syriens.

 

(Lire aussi: Rififi au sein de la commission d'enquête autour des armes chimiques et des rebelles syriens)


Un responsable israélien a affirmé que les raids avaient visé des dépôts d'armes iraniennes destinées au Hezbollah, assurant que son pays ne permettrait aucun transfert d'armes au mouvement libanais contre lequel Israël a mené une guerre en 2006 sans parvenir à le faire plier. Mais Téhéran a nié la présence d'armes iraniennes sur ces sites et prévenu que ces raids provoqueraient "des événements graves dans la région desquels les Etats-Unis et le régime sioniste ne sortiront pas gagnants".
Le 30 avril déjà, le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, dont les hommes combattent aux côtés de l'armée syrienne, avait averti que son mouvement et l'Iran ne permettraient pas que le régime Assad tombe.

 

 

Israël "ne vise pas le régime..."

Depuis le début du conflit déclenché en mars 2011 avec la répression par le régime d'un mouvement de contestation pacifique devenu rébellion, Israël a mené trois raids près de Damas, le 30 janvier et les 3 et 5 mai.
Celui du 5 mai a touché un centre de recherches scientifiques à Jamraya, déjà visé le 30 janvier, ainsi qu'un dépôt de munitions et une unité de la défense anti-aérienne, selon une source diplomatique à Beyrouth. Celui du 3 mai a visé des armes russes entreposées à l'aéroport de Damas, d'après cette source.
Samedi, Washington avait jugé "justifié" que son allié israélien cherche à "se protéger contre le transfert d'armes sophistiquées à des organisations terroristes comme le Hezbollah".

 

Pour Damas, ces raids prouvent que les rebelles sont "les outils d'Israël à l'intérieur" du pays. Et "la communauté internationale doit savoir que la situation dans la région est devenue plus dangereuse après l'agression", a déclaré ce week-end le ministre de l'Information Omrane al-Zohbi. Dans sa lettre à l'ONU, Damas a accusé l'État hébreu d'appuyer les rebelles, notamment le Front Al-Nosra, branche syrienne d'el-Qaëda.

 

(Eclairage : Entre Assad et les rebelles, Israël à la recherche du moindre mal)


Israël a rejeté cette accusation affirmant ne pas souhaiter prendre partie dans la guerre civile qui se poursuit en Syrie.

Le gouvernement israélien souhaite "éviter un accroissement des tensions avec la Syrie en précisant que si des actions sont menées, elles visent seulement le Hezbollah et non le régime syrien", a déclaré le député israélien Tzacho Hanegbi, proche du Premier ministre Benjamin Netanyahu. Selon le journal Yedioth Ahronot, premier quotidien israélien, le gouvernement Netanyahu a informé les autorités syriennes via des voies diplomatiques de son intention de ne pas s'ingérer dans le conflit.

 

 

Risques de propagation
Raids, menaces et éventuelles représailles risquent de marquer un tournant dans le conflit syrien qui a déjà débordé avec des affrontements aux frontières et des centaines de milliers de Syriens ayant trouvé refuge dans les pays voisins.


Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon, "très préoccupé", a appelé "toutes les parties à faire preuve du maximum de retenue et à agir de manière responsable pour éviter une escalade de ce qui est déjà un conflit dévastateur".
L'Arabie saoudite a pour sa part demandé lundi aux Nations unies d'agir pour mettre fin aux attaques israéliennes contre la Syrie, a rapporté l'agence officielle Spa, qualifiant ces raids de "violations graves de la souveraineté d'un pays membre de la Ligue arabe".

 

(Lire aussi : Face au conflit syrien, Brahimi "a le sentiment d'être devenu inutile")

 

 

Selon le Kremlin, le président Vladimir Poutine s'est, lui, entretenu au téléphone avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, actuellement en visite en Chine. Il doit avoir mardi des entretiens avec le chef de la diplomatie américaine. Le ministre des Affaires Étrangères russe Sergueï Lavrov a de son côté parlé au téléphone avec son homologue syrien Walid Mouallem et lui a fait part de sa crainte qu'il se produise des "événements incontrôlés", selon l'agence officielle syrienne Sana.


Un peu plus tôt lundi, le ministère russe des Affaires étrangères s'est dit "très préoccupé" par les raids israéliens menés près de Damas, estimant qu'ils pourraient provoquer une escalade des tensions dans la région.
"Un renforcement de la confrontation armée augmente considérablement le risque d'apparition de foyers de tension" dans les pays voisins de Syrie, notamment au Liban, a déclaré la diplomatie russe dans un communiqué.

L'Union européenne a aussi dit redouter la propagation du conflit "au-delà du territoire actuel", appelant "toutes les parties" à "ne pas mettre à mal la stabilité déjà très très précaire de la région".

 

 

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