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Entre Assad et les rebelles, Israël à la recherche du moindre mal

Les experts ne sont d’accord que sur un seul point : empêcher coûte que coûte le transfert d’armes chimiques et de systèmes de défense antiaériens au Hezbollah.

Au moment où les pressions en faveur d’une intervention internationale en Syrie se multiplient, Israël a du mal à déterminer le moindre mal entre un maintien au pouvoir de Bachar el-Assad et une victoire des insurgés, parmi lesquels figurent des jihadistes.


Certains analystes israéliens redoutent un saut dans l’inconnu en cas de chute du régime Assad, qui a maintenu le calme pendant près de 40 ans sur le plateau du Golan occupé par Israël. Les partisans de cette thèse craignent que des groupes jihadistes ne profitent de la confusion pour tenter de s’infiltrer en Israël, tirer des roquettes ou, plus grave, de mettre la main sur l’arsenal d’armes chimiques du régime, ce qui constituerait un casus belli, comme l’a souligné à maintes reprises le Premier ministre Benjamin Netanyahu. D’autres experts estiment en revanche que malgré les risques d’instabilité liés au danger jihadiste, Israël aurait tout à gagner d’un départ de Bachar el-Assad qui porterait un coup fatal à l’alliance entre l’Iran, la Syrie et le Hezbollah, et renforcerait sa campagne contre le programme nucléaire iranien, principale priorité de M. Netanyahu.


« L’attitude à l’égard de la guerre en Syrie est complexe parce que le choix est entre l’enfer et la géhenne », constatait lundi un éditorialiste du quotidien Yediot Aharonot. « Le soutien au régime meurtrier d’Assad est impensable. Mais le soutien aux rebelles pourrait mener à la constitution d’une base du jihadisme mondial au cœur du Moyen-Orient. Ce n’est pas dans l’intérêt de l’Occident et encore moins d’Israël », soulignait-il.


Selon les médias israéliens, les chefs des différentes agences de renseignements israéliennes sont eux-mêmes divisés pour savoir qui, du régime ou des rebelles, « servirait le mieux Israël ». Moshe Arens, un ancien ministre de la Défense, considère que « les deux camps en lutte sont des ennemis entre lesquels Israël n’a pas à choisir ». En revanche, pour Jonathan Spyer, spécialiste de la Syrie au centre de recherches interdisciplinaires d’Herzliya, « les avantages liés à une chute d’Assad sont plus importants que les risques sécuritaires potentiels ». « Le régime d’Assad est une force dangereuse en raison de son alliance avec l’Iran », explique M. Spyer, tout en reconnaissant « qu’il n’est pas fanatique et n’a jamais soutenu des groupes islamistes radicaux comparables à ceux qui mènent la rébellion » en Syrie. « La présence de groupes armés à la frontière est inquiétante, mais la chute d’Assad constituerait un revers pour le Hezbollah, l’organisation paramilitaire la plus puissante », insiste-t-il.


Israël a récemment donné un coup de semonce en revendiquant une frappe aérienne en janvier contre un convoi d’armes syriennes destinées au Hezbollah. « Si le régime d’Assad s’écroule, ce sera un coup dur pour l’Iran, le Hezbollah et tout cet axe », renchérit Mike Herzog, ancien patron de la planification stratégique de l’armée israélienne. « Cela ne va pas sans risques : que des islamistes et des jihadistes ne deviennent une force dominante dans la future Syrie », tempère-t-il cependant.


À défaut de pouvoir choisir, les analystes ne sont d’accord que sur un seul point : la nécessité d’empêcher coûte que coûte, y compris par la force, le transfert d’armes chimiques et de systèmes de défense antiaériens au Hezbollah qui pourrait ainsi défier la suprématie aérienne d’Israël au Liban. « Qu’est-il préférable du point de vue israélien? Attaquer Assad ? Encourager les Américains à le faire ? Ou au contraire rester passifs en espérant que le match nul dans la guerre civile syrienne se prolonge le plus longtemps possible ? » s’interrogeait hier un commentateur du tabloïd progouvernemental Israel Hayom, en évoquant « un dilemme insoluble ».

 

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